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* LIBRE OPINION : La départementalisation de Mayotte et ses conséquences. PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 18 Décembre 2011 17:02

altCe texte de l'Amiral (2S) François JOURDIER est largement repris d'un article paru en décembre 2011 dans l'Afrique Réelle de Bernard Lugan

Mayotte, île de l'archipel des Comores au large de Madagascar est devenue le 101° département français le 1er avril dernier.  Ceux qui connaissent cette île ne pouvaient se faire d'illusion sur les conséquences de cette décision irresponsable.......

 

......Après ces quelques mois on ne peut que constater qu'elle n'a amené que malentendus et discordes. C'était bien prévisible étant donné l'écart entre l' « île aux parfums », qui d'ailleurs n'en produit plus, entièrement islamisée et non francophone, et ce que nous connaissons, encore, en Métropole.

Pendant un mois et demi Mayotte a été le lieu d'affrontements atteignant l'émeute, sous couleur de lutter contre la vie chère mais en fait, ayant sous jacentes de profondes désillusions, conséquences du poker menteur auquel se sont livrés aussi bien les élus mahorais que les dirigeants et les élus métropolitains.

 

Une demande plus que trentenaire

 

La demande de départementalisation remonte à 1973, soutenue particulièrement par Marcel Henry, un créole mahorais, qui voulait aussi le maintien du mode de vie mahorais régi par la loi musulmane.

Il y avait alors 40 000 Mahorais, menant une vie très tranquille dans une île où, il faut bien le dire, la France dont elle relevait depuis 130 ans, n'avait rien fait, comme dans le reste de l'archipel d'ailleurs. Il n'y avait pas de routes, pas d'hôpitaux, pas d'écoles, hormis les écoles coraniques, pas d'administration - c'était les cadis qui s'occupaient de l'état civil et de la justice suivant le droit coranique - l'Islam réglait la vie mahoraise.

L'affaire sembla mineure au départ et plutôt sympathique, si bien que, lors du référendum des Comores sur l'indépendance en 1974, la France sépara Mayotte du reste de l'archipel qui avait voté pour l'indépendance, Mayotte votant à 64% pour le maintien dans l'ensemble français.

Consciente quand même du problème, la France lui accorda un statut de « collectivité territoriale de la République », n'envisageant pas la départementalisation. Puis l'île se développa rapidement, la France construisant écoles, port, routes, hôpitaux, centrale électrique. Sous l'impulsion d'une forte démographie, les femmes, souvent polygames et ayant généralement 5 ou 6 enfants, de l'amélioration de la situation sanitaire et de l'immigration venant des autres îles, la population se mit à croître au rythme de quelques 5% par an pour atteindre de nos jours 200 000 habitants, soit une densité de 500 au km2 ; cette croissance se poursuit,  54 % de la population a moins de 20 ans.

Le revenu par habitant reste faible mais dix fois supérieur à celui des autres Comores, d'où une immigration incontrôlable d'autant qu'il existe de nombreux liens familiaux entre les îles de l'archipel.

 

Et c'est là que commencent les malentendus. D'abord les élus mahorais veulent faire croire à un attachement indéfectible à la France, alors qu'en fait Mayotte fuyait le reste de l'archipel se souvenant des exactions que les Mahorais subissaient de la part des autres Comoriens avant la prise de possession française. D'autre part les Mahorais voyaient avec envie la richesse réunionnaise, fruit d'une manne métropolitaine dont ils voudraient bien aussi profiter.

 

Pendant 30 ans la France multiplie les manœuvres dilatoires, référendum, changements de statuts, avec l'idée de « noyer le poisson » repoussant aux calendes grecques une départementalisation dont on se rend compte qu'elle serait lourde de conséquences dommageables.

Malencontreusement le dernier statut s'appelle « communauté départementale » bien que l'île reste une Communauté d'Outremer.

Arrivent les élections présidentielles de 2007 ; Mayotte avec ses 70 000 électeurs attire les convoitises, et le candidat Sarkozy promet la départementalisation de Mayotte s'il est élu.

 

La départementalisation

 

Et cette promesse électorale sera tenue. Seulement nos dirigeants et nos élus, qui font semblant de croire que les Mahorais vont devenir d'excellents Gaulois, sont conscients qu'un référendum auprès des Français risque ne pas passer : les Français vont découvrir cette île dont la plupart ignorent l'existence, vont apprendre qu'elle est musulmane à 95%, qu'on y parle surtout shimahore, un dialecte proche du swahili, qu'on y est polygame et qu'on y vit selon la charia, et qu'en fait Mayotte n'a rien de français. Il y a toute chance pour que le « non » l'emporte. Alors on va largement interpréter la Constitution qui prévoit pour une adjonction de territoire « le consentement des populations intéressées » et admettre que les Français ne le sont pas, ce qui est faux à l'évidence. En France on se contente de rajouter un article dans une loi concernant la Nouvelle Calédonie et de voter à l'unanimité des deux assemblées deux lois organisant le département de Mayotte, les média complices observant un silence assourdissant. Par contre en 2009 on organise un référendum à Mayotte qui recueille 92% de « oui ».

 

Mais ce que les élus mahorais qui sont montés à Paris pour signer le « Pacte pour la départementalisation de Mayotte », une sorte de contrat entre Mayotte et l'Etat français, se sont bien gardés de dire à leurs électeurs c'est que ce rattachement sera progressif, étalé sur 20 à 25 ans, qu'ils vont relever du droit français, payer des impôts, que les terres qu'ils occupent depuis des décennies ne leur appartiennent pas et qu'il va falloir les racheter quand le cadastre sera établi. La manne attendue sera au départ fort limitée, le RSA ne sera versé pendant 5 ans qu'à 25% et le rattachement à l'Europe n'est pas assuré.

C'est de là que proviennent le malaise et l'incompréhension qui conduiront aux troubles actuels.

 

Une société déstabilisée

 

Depuis la sécession de Mayotte en 1975, la population est passée de 40 000 à 200 000 habitants, dont 60 000 clandestins. Il n'y avait que l'école coranique, maintenant on scolarise l'ensemble des enfants. On a dépensé, en 2010, 262 millions d'euros pour instruire 81 500 élèves, nombre qui ne cesse d'augmenter pour un résultat, il faut le dire, médiocre, les enfants parlant peu le français au départ. L'éducation nationale emploie 5 500 agents, les enseignants des collèges et lycées étant  pour la plupart venus de métropole. C'est un effort considérable mais on comprendra que, s'il n'y a pas de débouchés, on forme des aigris. Or 5 000 jeunes arrivent tous les ans sur le marché du travail pour 2 000 emplois.

Il y a 33 000 emplois salariés pour 200 000 habitants, et un chômage considérable : près de 18%, et plus de 30% chez les jeunes de moins de 25 ans. Mais on dit aux Mahorais qu'ils sont des Français comme les autres et quand ils regardent la télévision - ils reçoivent les programmes de métropole - ils voient bien que ce n'est pas vrai.

Le PIB par tête y est de 6600 euros, contre 17 000 à la Réunion. Mais il est supérieur à ceux de Maurice et de l'Afrique du Sud.

Ils ont changé de mode de vie, on leur a créé de toutes pièces un état civil et ils ont dû changer de noms, ce n'est d'ailleurs pas fini au bout de dix ans, leurs problèmes sont maintenant réglés par le juge et le notaire et plus par le cadi.

 

La réforme du foncier s'avère nettement plus risquée. Comment faire comprendre à quelqu'un qui occupe un terrain en bord de mer depuis des décennies, voire des générations, que ce terrain ne lui appartient plus, mais fait partie du domaine de l'Etat ?

La société mahoraise a changé : d'une société communautaire, on est entré dans une société individualiste. On a isolé Mayotte des autres Comores, mais la plupart des Mahorais ont dans les autres îles des parents voire des épouses. Maintenant il faut un visa pour venir à Mayotte ou payer un passeur pour venir clandestinement à bord d'un kwassa kwassa au risque de se noyer - entre 100 et 150 victimes chaque année - puis d'être expulsé sans ménagement, 26 000 expulsions par an. D'ailleurs depuis peu, le tribunal administratif condamne régulièrement la préfecture pour des expulsions illégales.

Les habitudes alimentaires ont changé ; les Mahorais ne se nourrissent plus de sorgho et de bananes, et les produits de première nécessité sont maintenant les poulets, le riz, le lait, les sardines, les tomates, la viande et les bouteilles de gaz. Et on peut s'étonner d'entendre un Mahorais déclarer : « on en a marre de payer une portion de brie 7 euros ! » mais maintenant c'est ça.

Il y a 20 000 métropolitains blancs, enseignants, cadres, fonctionnaires, gendarmes ; ils gagnent bien leur vie, du coup les Mahorais estiment vivre sous un régime colonial et au cours des manifestations s'est révélé un violent racisme anti blancs au point que certains sont rentrés en métropole ou à la Réunion ; 25 professeurs, généralement victimes de caillassage ou d'agressions directes, ont choisi de rompre leur contrat immédiatement.

 

Une économie sous perfusion

 

Et Mayotte ne produit plus rien d'exportable ; la production de ylang ylang est devenue quasi nulle - Guerlain se fournit maintenant à Anjouan -, celle de vanille a disparu à cause du coût de la main d'œuvre, la pisciculture périclite, le tourisme ne se développe pas faute d'infrastructures, de personnel formé et des coûts élevés : une chambre d'hôtel se payant 120 euros la nuit, comment concurrencer Maurice ? D'autant que la délinquance ne fait que croître, des touristes se font agresser et dépouiller. La crise a fait perdre 1,5 million d'euros.

En 2009 les exportations de biens et services s'élevaient à 31 M€ dont 26 dus au tourisme, les importations à 532 M€ dont 428 de biens. Mayotte n'exporte pour ainsi dire rien.

Les seules activités sont le bâtiment, les travaux publics et le commerce pour le plus gros aux mains de métropolitains et de Réunionnais. Les Mahorais préfèrent investir dans la construction de logements que créer des entreprises,

Le secteur public représente 49% du PIB local. Le Conseil général et les communes, gérés par des Mahorais, ont recruté quantité d'agents par clientélisme ou raisons sociales. Le Conseil général salarie 3 000 personnes. Incompétence, gabegie, népotisme, la plupart des collectivités locales sont en cessation de payement ou sous tutelle. Le budget du Conseil général est en déficit de 80 millions d'euros.

 

Sur 200 000 Mahorais, seuls 33 000 travaillent, la moitié dans le secteur public, 44% de la population en âge de travailler est inactive, et seuls 4 "revenus sociaux" sur 22 sont en place, avec le RSA prévu à 25 % seulement à partir du 1er janvier 2012. Un salaire fait vivre six personnes et le SMIC est à 85% du niveau national. Aujourd'hui le Mahorais ne consomme pratiquement que des produits importés ; avant il y avait les coopératives agricoles maintenant il doit se rendre dans les grandes surfaces.

L'agriculture mahoraise n'est absolument pas développée, la moyenne des exploitations est de 0,45 ha ; elle n'occupe que le tiers des 20 700 ha exploitables. 92 % des surfaces cultivées sont occupées par des cultures vivrières surtout à usage familial ; on compte seulement 17 000 bovins, 12 600 caprins et ovins, et les poulets sont élevés de manière traditionnelle pour les besoins de la famille. Il faudrait créer une agriculture moderne, des serres pour les tomates et les légumes, des élevages de poulets. Qui le fera au prix de la main d'œuvre ?

 

Bien sûr la vie est chère, bien plus chère qu'en métropole d'où tout vient ou par où tout transite. La viande surgelée et les mabawas congelés (ailes de poulets) viennent du Brésil ou d'Afrique du Sud. On n'importe pas de viande de Madagascar où elle ne coûte presque rien faute d'un abattoir et d'une filière de contrôle phytosanitaire aux normes européennes.

En fait toute l'économie repose sur les transferts de la métropole, subventions et salaires des fonctionnaires. Le coût de Mayotte, en année pleine, est estimé à un milliard d'euros par an.

 

Manifestations contre la vie chère

 

Pendant près de deux mois les Mahorais ont manifesté contre la vie chère : grève générale prolongée, barrages des routes, manifestations violentes avec caillassage des forces de l'ordre, même de la voiture du préfet, blocage et pillage des commerces, la vie économique a été interrompue pendant un mois et demi, 50 entreprises sont touchées et 2 300 emplois sont en péril et il y a eu un mort parmi les manifestants.

La vie est chère à Mayotte, où tout est importé et qui constitue un micromarché où les frais de transport et de commercialisation sont élevés, mais la cause profonde du conflit s'appelle « frustration » : frustration devant une départementalisation qui ne répond pas à l'attente des Mahorais, à leur rêve en fait après des dizaines d'années d'espérance. Ils pensaient vivre du jour au lendemain comme les Français de la métropole et ce n'est pas du tout ce qui se produit. Ils vivent mieux, bien sûr, que dans le reste de l'archipel mais beaucoup moins bien qu'à la Réunion et ils découvrent soudain qu'il faudra 25 ans pour la rejoindre.

En plus on leur demande de changer de mode de vie, de faire des études pour lesquelles il n'y a pas de débouchés. Ils constatent que tous les emplois de responsabilité sont tenus par les Mzungus (les blancs) et crient au régime colonial. On aura constaté que c'était surtout les jeunes même les enfants qui manifestaient.

 

En plus derrière la « vie chère » se cachent de nombreux non-dits, en particulier les revendications d' « indexation » des salaires des fonctionnaires et surtout des instituteurs, sur le coût de la vie dont bénéficient déjà les gendarmes et les militaires, et l'intégration dans les corps de la fonction publique, sans oublier les visées électorales de certains syndicalistes. Ces manifestations furent le révélateur des espoirs déçus - bien sûr ils étaient insensés -, des tensions raciales, d'une économie d'assistance sans avenir. Ce sera long pour recoller les morceaux. Il faudrait pour cela que Mayotte s'assume, cherche à vivre par elle même. Actuellement Mayotte n'exporte pratiquement rien et vit de subventions, des salaires de la fonction publique et des prestations sociales. Quand on compare Mayotte à Maurice dont le PIB par habitant est maintenant inférieur mais qui, indépendant, vit de son tourisme et de ses activités, production de sucre, industrie textile, installation de nombreuses entreprises, sans aide extérieure, avec un chômage très faible, on ne peut que constater l'inefficacité du statut de DOM. Il faudrait que Mayotte rejoigne son environnement, les autres Comores, Madagascar, l'Afrique de l'Est, sorte de son splendide lagon transformé en bastion bardé de radars. Il est hélas difficile de croire le Guadeloupéen Roger Valy-Plaisant qui prophétisait; « Même si, comme un pied de nez fait à l'Histoire, Mayotte semble à reculons en devenant département français, les mêmes causes produisant les mêmes effets, elle sera amenée bien vite à dénoncer son statut, du fait de l'impossibilité de l'assimilation et du non respect de ses spécificités par l'Etat colonial français. »

 

En attendant, aujourd'hui, le calme est revenu, mais les syndicats ne veulent pas signer le protocole de sortie de crise. L'intersyndicale demande la mise en place d'une «nouvelle société plus égalitaire », vaste programme. La ministre de l'Outremer, Marie-Luce Penchard, a convié à Paris le 22 novembre des élus mahorais (parlementaires, président du Conseil général...) pour réfléchir à des mesures concrètes afin de relancer l'économie locale ; voyageant aux frais de la princesse ils auront pu faire leurs achats pour Noël. La ministre leur a annoncé un plan de relance de l'économie : l'Etat financera à 100% pour 50 millions d'euros des investissements publics utiles à la population : routes, écoles, alimentation en eau, aides à l'agriculture, aides aux entreprises en difficultés. Rien pour développer le secteur productif. Les représentants syndicaux  n'avaient pas été conviées par la ministre ; l'un d'eux sceptique a immédiatement déclaré : "les propositions de la ministre favorisent les nantis". Le 9 décembre ce sont les élus du Conseil général que Madame Penchard rencontrait à Paris pour faire le point sur le conflit social.

 

Que peut-on faire ?

 

Apparemment rien, on ne peut pas revenir sur la départementalisation à moins que ce soit Mayotte qui le demande. En réalité deux possibilités existent :

1) Obtenir que le Conseil constitutionnel reconnaisse l'inconstitutionnalité de la départementalisation faute de consultation du peuple français, mais il a validé la loi de départementalisation.

2)  S'appuyer sur :

- la résolution n° 3385 du 12 novembre 1975 qui admet les Comores aux Nations Unies comme pays composé de 4 îles dont Mayotte ;

- la résolution 31/4 adoptée le 21 octobre 1976 qui rejette :

a) toute autre forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France;

b) toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte.

Mais la France est membre du Conseil de sécurité et a un droit de veto.

 

Une autre question va se poser : l'admission en 2014 de Mayotte comme Région Ultrapériphérique de l'Europe. Une demande en ce sens a été officiellement adressée au Président du Conseil européen. Cette « rupéisation » apporterait à Mayotte d'importants crédits mais elle exige l'unanimité des 27 pays de l'Union Européenne, dont plusieurs ont condamné l'annexion de Mayotte par la France. Peut-on penser d'autre part que l'Europe supportera qu'on expulse sans procédure aucune, 26 000 clandestins par an et, si on ne les expulse plus, ne va-t-on pas voir se déverser sur l'île des foules de Comoriens, de Malgaches voire d'Africains  qui ne feront qu‘y transiter avant de gagner la métropole et la Réunion ? Pour la Réunion ça a d'ailleurs déjà commencé.

 

La France a commis, sciemment, une erreur dont elle se mordra les doigts mais qu'on ne voit guère comment réparer.

A moins que, devant l'échec patent de cette départementalisation, le gouvernement ait le courage de revenir en arrière et que, moyennant un développement économique de l'ensemble de l'archipel, il s'entende avec l'Union Africaine sur un statut respectant les particularités de la culture mahoraise.

 

Mais ce qui va probablement se passer, c'est une accélération du processus d'alignement sur les autres DOM, l'Etat achetant à grand frais la paix civile. On vient de décider d'aligner en trois ans le SMIC sur celui de métropole ce qui augmentera encore le coût du travail. Et cette île autrefois tranquille, à la culture très particulière, une fois que son âme aura été détruite, deviendra une communauté d'assistés se sentant incompris.

François JOURDIER

François JOURDIER est Contre Amiral (2 S)

Publications : Les Luc Binh, Indochine 1952-1954, souvenirs d'un marin du fleuve (L'Esprit du Livre 2009) - La désinformation et le journal Le Monde (Editions du Rocher 2004) - De Judas à Tartuffe - Lettres au journal Le Monde (L'Age d'homme 2009)

Des articles dans Revue Défense Nationale, l'Afrique Réelle, Politique Magazine, Marine..

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