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* LIBRE OPINION : Anciens d’Algérie : tous criminels ? PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 05 Avril 2012 14:21

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par le Général (2S) Henry-Jean FOURNIER

Ayant eu un long voyage en train à faire cette semaine, j’ai acheté, avant mon départ, les principaux magazines qui proposaient des numéros hors-série sur la guerre d’Algérie, afin de me plonger dans l’histoire de cette guerre dont on parle tant en ce moment.

 


Parvenu au terme de ma lecture (et de mon voyage), j’ai ressenti une profonde nausée et j’ai eu honte.
Honte pour les milliers d’hommes qui ont accompli leur devoir en Algérie et que l’on veut faire passer, aujourd’hui, pour des assassins et des tortionnaires.
Honte pour tous ces grands-pères qui, cinquante ans après, vont lire dans les yeux de leurs petits-enfants l’interrogation, le doute ou l’horreur.
Honte pour ces auteurs et ces journalistes qui tentent, encore une fois, de dévoyer l’histoire, en ne racontant que ce qui conforte leur discours.

Bien sûr, toutes ces publications se donnent des airs d’objectivité, en glissant, ici ou là, quelques mots sur ce que l’armée française a accompli dans ce pays. Mais pourquoi présenter ce qui était la norme comme quelque chose d’exceptionnel ?


Pourquoi vouloir généraliser ce qui n’ont été que des péripéties, certes malheureuses, mais inévitables dans un conflit de cette nature ?
Pourquoi gommer soigneusement les atrocités qui ont été commises par un adversaire qui était plus souvent un terroriste qu’un combattant ?
Pourquoi salir la mémoire de nos résistants de la seconde guerre mondiale en leur comparant des assassins de femmes et d’enfants ?
Pourquoi ?

Si ce n’est, au-delà de son échec en Algérie, pour infliger à la France une humiliation supplémentaire, à travers son armée et ses soldats.

Certes, tout n’a pas été angélique dans ce conflit de huit années. Mais tous les soldats français n’ont pas été des violeurs, des tortionnaires, des assassins.
Des viols, il y en a certainement eu, évidemment. Ne serait-ce qu’en raison des effectifs qui ont été déployés en Algérie : 1,5 million d’hommes qui se sont succédés sur huit ans, comportant des individus venus de tous les horizons. En se limitant aux seules statistiques des crimes du même genre, à la même époque, en France, on obtient certainement un chiffre sans doute trop élevé et regrettable.
XXX

Des tortures, il y en a eu, c’est certain. Sans doute brutales et violentes, parfois même sadiques, car là encore, la nature humaine est ainsi faite que les « bavures » sont difficiles à contrôler dans un tel contexte. Mais vouloir en faire un cas général est un mensonge inacceptable pour tous ceux qui n’ont jamais eu besoin d’y recourir, ni voulu la pratiquer.

Des exécutions, il y en a eu aussi, c’est vraisemblable. Les consignes des autorités, au début de la guerre, n’étaient-elles pas d’exécuter tout individu pris les armes à la main ? Mais transformer chaque soldat en exécuteur est aller un peu vite, même si beaucoup, en découvrant les sévices subis par leurs camarades tombés aux mains de l’ennemi, ont parfois pu éprouver un sentiment de vengeance.

Pourquoi s’étendre ainsi, complaisamment, sur les taches de cette histoire qui comporte tant d’aspects plus nobles et plus beaux ?
Pourquoi avilir la mémoire de ceux qui sont morts parce qu’on leur avait demandé, à vingt ans, de tout quitter pour servir leur pays ?
Pourquoi culpabiliser les survivants en faisant croire qu’ils ont tous été des criminels ?
Pourquoi ?

Si ce n’est pour donner aux dirigeants algériens les arguments leur permettant, cinquante ans après, d’excuser leur échec à simplement maintenir ce que, malgré de nombreuses imperfections, la France avait réalisé pour ce pays et ses habitants.

Si ce n’est pour entretenir, chez la jeunesse issue de l’immigration algérienne, le sentiment que la France leur doit encore plus que ce qu’elle leur offre depuis cinquante ans, malgré la sécession entre les deux pays.
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Si ce n’est, enfin, pour s’inscrire dans cette vaste entreprise de démolition de notre pays que les esprits bien pensants appellent de leurs vœux, peut-être pour que nous puissions vivre à terme, en France comme en Algérie, dans une misère explosive à laquelle nous sommes pourtant totalement étrangers.

Au terme de ma lecture, j’ai rêvé que, avant de disparaître, les anciens d’Algérie écrivent ce qu’ils ont réellement vécu de bien en Algérie et qu’ils ne laissent pas le champ libre aux seuls dénonciateurs des maux de toute guerre, surtout quand elle est passionnelle.

Général (2S) Henry-Jean FOURNIER

 

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