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2/6-La stratégie française en 1939 par le Colonel (ER) Henri ORTHOLAN, Docteur en Histoire PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 03 Mai 2010 14:39
Le second article ( sur 6 ) traite de la stratégie française en 1939 : adéquation avec les moyens nécessaires et cohérence avec la politique étrangère.

 

 

2- La stratégie française en 1939 :

Adéquation avec les moyens nécessaires et cohérence avec la politique étrangère.

 

Début 1939, la France a comme alliés la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie.

Mais son organisation militaire repose sur la défensive, attitude qui rend impossible toute action extérieure. De plus, déjà en retard dans la modernisation de sa propre armée, elle n'a pas les moyens d'aider ses alliés à moderniser leurs forces pour pouvoir raisonnablement compter sur eux. En outre, leurs intérêts ne sont pas forcément convergents.

 

La France croit à une guerre longue

Le haut-commandement ne conçoit donc pas autre chose qu'une guerre longue qui permettrait, après une première phase défensive, le temps de monter en puissance, de passer à la controffensive pour obtenir la victoire ; les alliances contractées à l'est, réduites en fait à la seule Pologne, devraient assurer le fractionnement des forces allemandes.

 

Aussi, lorsque, le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne, l'idée est que celle-ci retiendra suffisamment longtemps d'importantes forces ennemies, le temps d'achever la mobilisation française, pour obliger ensuite l'Allemagne à mener une guerre d'usure sur deux fronts.

La Grande-Bretagne lui déclare la guerre, suivie par la France dont l'armée n'est pas prête. Sa mobilisation se fait cependant dans l'ordre et, pendant que les unités montent aux frontières, un corps expéditionnaire britannique débarque en France.

 

En attendant, alors que les unités de couverture allemandes stationnées face à l'Ouest sont inférieures en nombre et en valeur, l'armée française se limite à une intervention en Sarre, du 4 au 12 septembre, car elle ne peut agir davantage tant que sa mobilisation n'est pas achevée.

 

Puis, contre toute attente, le sort de la Pologne est scellé à la fin du mois. Conformément au pacte signé avec l'Allemagne d'Hitler, le 23 août 1939, l'Union soviétique attaque à son tour le 17 septembre. Le jour-même, ses forces font leur jonction avec celles du Reich. Cette campagne conduit à l'établissement en territoire polonais d'une frontière commune entre les deux agresseurs.

 

Pendant la drôle de guerre

Dès lors, de septembre 1939 à mai 1940, période appelée « Drôle de Guerre », les armées françaises et britannique restent l'arme au pied retranchées derrière la ligne Maginot et acceptent de laisser l'initiative des opérations à l'Allemagne.

Simultanément, la France rattrape partiellement son retard. Elle améliore ses défenses le long de la frontière belge dans le prolongement de la ligne Maginot. Elle met sur pied trois divisions cuirassées et active la production des armements. Ceci pour dire que l'armée française de mai 1940 n'est plus tout à fait la même que celle de septembre 1939.

 

Pendant ce temps, refusant les exigences territoriales de l'Union soviétique, la Finlande est à son tour attaquée, le 30 novembre. Une guerre très dure, menée en plein hiver, voit l'armée finnoise résister, souvent avec succès, aux armées soviétiques. La France et la Grande-Bretagne envisagent d'aider la Finlande, mais celle-ci est battue et doit céder la Carélie et la région de Salla à l'URSS par le traité de Moscou du 12 mars 1940.

 

NARVIK

Le 9 avril suivant, pour s'assurer de l'approvisionnement en minerai de fer suédois et élargir ses bases de départ en vue d'une guerre navale contre la Grande-Bretagne, l'Allemagne occupe le Danemark, sans combat, et envahit la Norvège. Rapidement, les Allemands occupent Narvik, Trondheim, Bergen et Oslo. Cette fois, la France et Grande-Bretagne réagissent en faisant débarquer un corps expéditionnaire en Norvège, du 14 au 20 avril, pour couper cet approvisionnement.

Les Britanniques obtiennent un brillant succès devant Narvik, ainsi que les Français qui s'emparent le 28 mai, mettant les Allemands en situation difficile. Toutefois, la tournure inquiétante que prend l'offensive allemande du 10 mai en Belgique, puis en France, contraint les Alliés à rembarquer de Narvik entre le 3 et le 6 juin suivant.

 

A l'aube du 10 mai 1940

Au moment où l'Allemagne va déclencher son offensive, l'armée française n'est toujours pas prête malgré des progrès incontestables. Bien qu'elle aligne autant de chars que son adversaire et presqu'autant d'hommes, elle présente d'importants retards qualitatifs et surtout quantitatifs dans les domaines antichars et antiaériens et dans ceux des transmissions, de la motorisation des unités, de l'aviation.... En outre, le haut-commandement présente une organisation compliquée. Comme chef d'état-major de la défense nationale, le général Gamelin est théoriquement responsable des trois armées, avec autorité directe sur l'armée de terre ; dans la pratique, ses prérogatives se limitent à un rôle de coordination mal défini.


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