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4/6 Les combats de mai 1940 par le Colonel (ER) Henri ORTHOLAN, Docteur en Histoire PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 24 Mai 2010 16:59

Cette 4ème partie traite des combats à la frontière, en Belgique, sur la ligne Maginot, dans les Alpes.

 

4 - Les combats à la frontière, en Belgique, sur la ligne Maginot, dans les Alpes

 

La Wehrmacht déclenche son offensive le 10 mai au matin en envahissant les Pays-Bas et la Belgique.

Des unités aéroportées allemandes, parachutistes et planeurs, s'emparent de ponts sur le canal Albert et du fort belge d'Eben-Emael pour préparer l'arrivée des blindés.

Conformément au plan Dyle-Breda du général Gamelin, l'aile gauche des troupes franco-britanniques, composée des éléments les plus modernes de l'armée française, se porte en Belgique pour tendre la main aux armées belges et néerlandaises.

Il s'en suit des combats acharnés où, les 13 et 14 mai, les Français infligent un coup d'arrêt aux Allemands dans la trouée de Gembloux.

 

Cependant, au même moment, trois corps blindées chargés de l'effort principal traversent les Ardennes luxembourgeoise et belge et se présentent, le 13 mai, pour franchir la Meuse, dans une zone faiblement fortifiée.

 

A Dinant, le franchissement se fait sans difficultés.

À Monthermé, malgré leur incontestable supériorité tactique et bien qu'appuyés par les bombardiers en piqué Stukas, les Panzers piétinent pendant deux jours.

Au sud, le général Guderian perce à Sedan devant deux divisions françaises qui craquent, mais il se fait sévèrement bousculer à Stonne.

 

Toutefois, le passage est devenu libre aux Panzers.

La 4e Division cuirassée de réserve (DCR) du colonel de Gaulle, encore incomplète, ne peut arrêter ce flot.

Dès lors, malgré les hésitations du haut-commandement allemand, les Panzerdivisions foncent vers la Somme, puis remontent vers la Manche qu'elles atteignent le 20 mai.

Par ce coup de faux, elles isolent l'aile franco-britannique du reste de l'armée française massée derrière la ligne Maginot.

 

Après avoir pris Boulogne, puis Calais, les Allemands acculent Français et Britanniques  sur la côte, de part et d'autre de Dunkerque.

Grâce au sacrifice de troupes françaises, la Royal Navy parvient à évacuer 330 000 hommes encerclés (190 000 Britanniques, 130 000 Français et 10 000 Belges) mais tout le matériel reste sur les plages.

Redirigés sur la France, ces Français reprendront le combat. Le 4 juin, la poche de Dunkerque est liquidée.

 

La deuxième phase de la bataille de France commence. Le général Weygand, qui a succédé, le 19 mai, au général Gamelin, reconstitue un front qui s'appuie sur les cours de la Somme et de l'Aisne et sur la ligne Maginot.

Le 5 juin au matin, les armées allemandes entreprennent de percer ce front sur la Somme.

Bien que considérablement amoindrie, l'armée française, qui s'est ressaisie, se défend avec opiniâtreté. On voit la 4e DCR du colonel de Gaulle, engagée contre la tête de pont allemande d'Abbeville, faire reculer l'ennemi, sans pouvoir cependant lui faire retraverser le fleuve.

Devant la supériorité allemande, le front cède progressivement ; l'aile droite française se replie derrière la Seine.

Paris est déclarée ville ouverte le 10 juin, alors que le gouvernement s'est replié à Bordeaux.

Quatre jours plus tard, les Allemands font leur entrée dans la capitale.

 

Dès lors, la défense française s'effondre, les divisions allemandes s'enfoncent profondément en territoire français.

En fonçant vers les Vosges, elles prennent à revers la ligne Maginot, qu'elles n'ont pu percer. À Saumur, les cadets de l'École de cavalerie, avec diverses unités, défendent la Loire avec panache.

S

imultanément, une autre bataille se déroule le long des Alpes à partir du 21 juin, après que l'Italie a déclaré la guerre à la France le 10.

Partout les troupes italiennes sont tenues en échec par l'armée des Alpes du général Olry.

Lorsque les Allemands se présentent devant Grenoble, le 23, pour la prendre à revers, elle leur inflige des pertes élevées à Voreppe.

 

Il n'en demeure pas moins qu'en six semaines la défaite française est consommée ; près de 100 000 morts, près de deux millions de prisonniers, bilan d'un désastre dont l'histoire de France ne connaît pas de précédent. Un armistice est signé avec le vainqueur le 22 juin. Il entre en vigueur le 24 après sa signature la veille par l'Italie.

 

Partout où il a été commandé, le soldat français s'est remarquablement bien battu.

Loin d'être une promenade militaire, la campagne de France a en effet coûté aux armées allemandes plus de 40 000 morts et la moitié de leurs chars a été détruite ou mise hors de combat.

Par ailleurs, de septembre 1939 à juin 1940, la Luftwaffe a perdu près d'un millier d'avions. Ces pertes démontrent que l'armée de 40, bien que défaite, s'est plus qu'honorablement comportée.

 

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