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5/6-Bilan de la bataille et conséquences pour la France et l'Allemagne, par le Colonel (ER) Henri ORTHOLAN, Docteur en Histoire PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 24 Juillet 2010 15:52

La terrible défaite des armées françaises entraîne la chute du gouvernement, le 16 juin ...

Au moment de l'offensive allemande, la France a pour président de la République Albert Lebrun et pour président du Conseil Paul Reynaud.

C'est lui qui relève le général Gamelin de son commandement, le 19 mai, et le remplace par le général Weygand.

Deux jours avant, il avait rappelé l'ambassadeur de France à Madrid, le maréchal Pétain, qu'il nomme vice-président du Conseil.

Il cherche ainsi à rassurer l'opinion publique en en appelant des grandes figures du conflit précédent : l'ancien chef d'état-major du maréchal Foch et le vainqueur de Verdun.

Le 6 juin, Paul Reynaud appelle au gouvernement le général de Gaulle, récemment promu et qui vient de faire ses preuves à la tête de la 4e DCR ; il le nomme sous-secrétaire d'État à la Défense nationale.

Le décor est en place pour la suite des événements.

L'armistice

La terrible défaite des armées françaises entraîne la chute du gouvernement, le 16 juin ; le maréchal Pétain devient alors le président du Conseil.

Le lendemain, prenant acte de la situation, il s'adresse au pays pour lui faire savoir qu'il faut cesser le combat.

Ce message a pour effet d'affaiblir l'esprit de résistance des unités qui se battaient encore et près d'un million de soldats sont alors faits prisonniers par les Allemands.

Pétain obtient de l'ennemi un armistice, signé à Rethondes, le 22 juin, dans le wagon où le maréchal Foch avait signé celui de la Grande Guerre.

Les conditions sont dures : partage de la France en deux zones, une au nord de la Loire avec notamment l'Alsace et la Lorraine à nouveau annexées à l'Allemagne et les départements du Pas-de-Calais et du Nord rattachés au commandement allemand de Bruxelles, et une zone dite libre au sud dont la capitale est Vichy qui est autorisée à conserver une armée réduite à 100 000 hommes sans matériel lourd.

L'empire colonial et les troupes stationnées à l'extérieur, dont l'armée d'Afrique et celle du Levant, restent sous autorité du gouvernement de Vichy ainsi que la flotte, qui est intacte, mais qui doit être désarmée.

La signature rapide de cet armistice s'explique par la volonté d'Hitler d'avoir les coudées franches à l'Ouest pour se retourner à l'Est.

Surpris par sa victoire sur la France et persuadé que la Grande Bretagne se retirera du conflit, il attend quelques semaines un geste de sa part.

Or, contre toute attente, Winston Churchill, Premier ministre depuis le 10 mai, impose la guerre au peuple britannique, convaincu que la paix ne sera jamais possible tant qu'Hitler sera au pouvoir.

Las d'attendre, mais faute de disposer d'un plan de débarquement, celui-ci déclenchera, en juillet, une vaste offensive aérienne contre l'Angleterre dans l'espoir de la faire céder rapidement.

Or, constatant la ténacité britannique, il l'explique par un accord secret avec l'URSS ; paradoxalement, plus que pour en faire une terre d'expansion du Reich, c'est dans l'espoir de battre l'Angleterre qu'Hitler attaquera la Russie, le 22 juin 1941.

La Résistance

Le général de Gaulle, qui avait refusé toute perspective d'armistice avec l'Allemagne, quitte Bordeaux en avion le 17 juin pour l'Angleterre. Le lendemain, il obtient de parler à la radio.

Si « l'appel du 18 juin » est peu entendu en raison des circonstances, il est déjà une réponse au message de Pétain de la veille en tenant un discours tout à fait inverse, et il prend date pour l'avenir.

En cherchant à réunir autour de lui les Français qui peuvent le rejoindre, il en appelle au refus de la défaite et à la poursuite de la lutte contre l'Allemagne hitlérienne, dans l'attente de forces immenses qui n'ont pas encore donnée.

Il pense bien sûr aux États-Unis qui, pour l'instant, restent neutres et n'entreront en guerre contre l'Allemagne que le 11 décembre 1941, peu après Pearl Harbour, quand Hitler leur déclarera la guerre.

Se retrouvant seule et aux abois, l'Angleterre craint que la flotte française ne soit saisie par l'Allemagne et l'Italie.

Aussi, sur ordre de Churchill, La Royal Navy canonne, le 3 juillet, l'escadre de Mers el Kébir et tente un coup de force, le 8, contre le port de Dakar.

En outre, les navires français sont saisis dans les ports britanniques

L'effet est désastreux en France.

Fin juin 1940, jamais la France ne s'est trouvée aussi bas.

Écrasée autant moralement que militairement, elle vit une épreuve dont elle ne voit pas l'issue dans une Europe que, bientôt, l'Allemagne hitlérienne contrôlera presque totalement.

Le gouvernement Pétain, qui s'installe à Vichy, veut tirer les leçons de la débâcle en prônant une révolution nationale de nature à redresser le pays et se lancera dans la collaboration avec le vainqueur.

Quelques Français regroupés autour de de Gaulle ou engagés dans l'armée britanniques attendent le moment où ils pourront reprendre les armes.

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