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6/6 – L'armée, élément premier et central de la résistance,par le Colonel (ER) Henri ORTHOLAN, Docteur en Histoire PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 03 Août 2010 17:05

Après la défaite de juin 1940, la France panse ses plaies et cherche d'abord à survivre.

Après la défaite de juin 1940, la France panse ses plaies et cherche d'abord à survivre.

Faute de moyens et de structures, la résistance à l'occupant ne peut que s'organiser lentement, mais le refus de la défaite se manifeste déjà par la résistance extérieure.

Elle trouve sa source dans l'appel du général de Gaulle du 18 juin d'où naît la France libre qui deviendra la France combattante au printemps 1942.

Elle rallie d'abord de premières unités françaises présentes en Angleterre, puis en Afrique noire.

Si, en France même, des mouvements isolés se manifestent dès juin 1940, il faudra attendre 1941 pour que la résistance intérieure commence à prendre forme pour se développer ensuite courant 1942.

Dans ses Mémoires de Guerre, le général de Gaulle fait observer que les premiers actes de cette résistance intérieure viennent des militaires.

Des officiers appartenant aux états-majors de l'Armée et des régions soustraient du matériel aux commissions d'armistice, les services de renseignements continuent d'appliquer dans l'ombre des mesures de contre-espionnage et transmettent ainsi des informations aux Britanniques.

Par ailleurs, les premiers mouvements qui s'organisent comptent des officiers à leur tête ou dans leurs rangs.

En zone libre par exemple, les mouvements Combat, du capitaine Henri Frenay, à partir de 1941,  et Franc-Tireur, animé par le lieutenant de réserve Jean-Pierre Lévy, déploient une importante activité de propagande et recrutent des formations paramilitaires.

En zone occupée, de nombreux groupes clandestins voient peu à peu le jour, Organisation civile et militaire du colonel Touny, Ceux de la libération de Maurice Ripoche, lui-même sous-lieutenant d'aviation à la fin de la Grande Guerre...

Parmi ces nombreux officiers qui cherchent à reprendre les armes, il faut retenir la très haute figure du capitaine de frégate Honoré d'Estienne d'Orves qui entre en résistance en décembre 1940. Trahi et arrêté un mois plus tard, il est fusillé par les Allemands en août 1941.

Le général de Gaulle le fera compagnon de la Libération à titre posthume.

Le premier réseau de renseignements en France est organisé par l'armée polonaise.

Mais courant 1941, des réseaux français de renseignements ou d'action se constituent autour de personnalités comme le colonel Rémy, qui crée le réseau Confrérie Notre-Dame. Premier réseau à entrer en activité, très rapidement efficace, ses informations ont contribué notamment à couler le cuirassé allemand Bismarck fin mai 1941.

Bénéficiant, dès avril 1941, du concours des services secrets britanniques, le commandant Loustanau-Lacau crée le réseau Alliance. Arrêté en juillet suivant, Marie-Madeleine Fourcade lui succède.

De son côté, le général Weygand, délégué général du gouvernement de Vichy en Afrique à partir de septembre 1940, insuffle à l'armée d'Afrique l'esprit de revanche.

Il s'oppose à la politique de collaboration de Vichy, notamment en faisant échouer des accords prévoyant d'accorder des facilités à l'Allemagne au Levant et en Afrique du Nord. Rappelé sur ordre des Allemands en novembre 1941, il sera interné en Allemagne un an plus tard.

Durant ces débuts difficiles et incertains, il faut noter l'attitude ambiguë des communistes, qui prennent leurs ordres à Moscou ; en septembre 1939, le gouvernement Daladier avait interdit leur parti et sa presse en raison des liens unissant l'Allemagne nazie à l'URSS (pacte germano-soviétique).

Les communistes ne basculeront franchement dans la résistance que lors de l'invasion allemande de l'URSS le 22 juin 1941.

La participation des militaires à la résistance intérieure ira en s'amplifiant.

La dissolution de l'armée d'armistice, fin novembre 1942, débouchera sur la constitution de l'Organisation de la résistance de l'armée (ORA) sous les ordres du général Frère.

Au printemps précédent, Henri Fresnay avait créé l'Armée secrète (AS) dont le général Delestraint prendra la direction lorsque de Gaulle donnera un chef à la Résistance en la personne de Jean Moulin. Celui-ci créera alors, en février 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui devait fédérer les différents mouvements existants.

Malgré son arrestation, en juin, par les Allemands, le CNR parvient à survivre, et l'unité de ces mouvements, certes toute relative, permettra à la Résistance d'être prête à jouer son rôle au moment des débarquements de Normandie le 6 juin 1944 et de Provence le 15 août 1944, après avoir fourni aux Alliés des renseignements précieux sur l'occupant.

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