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Le Service de Santé des troupes aéroprtées pendant la Guerre d’Indochine (2éme partie) PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 06 Octobre 2010 14:52

2-Le service de santé du Corps Léger d'Intervention.


Première unité constituée engagée en 1945 dans l'Indochine d'après guerre, le CLI n'était pas à proprement parler une unité parachutiste, mais en raison de sa vocation opérationnelle, la plupart de ses personnels étaient brevetés.


Créé en Algérie le 4/11/1943, le CLI est ensuite formé et instruit en Inde. A la mi-mai 45, à Ceylan, il compte 948 personnels dont 455 officiers et sous-officiers recrutés par le Lt-colonel Huard parmi « les volontaires de toutes armes ayant de préférence servi en Indochine ou connu la vie de brousse ».

 

Les 12 médecins du CLI recrutés sur les mêmes critères ont d'abord œuvré à la préparation de l'unité en sélectionnant les personnels avec un volant prévu d'inaptes et d'«inadaptés» de 15%.


Pour dispenser l'éducation sanitaire et la formation secouriste des hommes du CLI, les médecins bénéficiaient de l'aide précieuse des Britanniques qui, riches de leur expérience de la guerre de jungle avec les commandos Wingate, avaient déjà instruit et entraîné les Gaurs de la Force 136.

 

A propos de l'importance qu'il attachait aux mesures sanitaires (vaccinations ; hygiène ; lutte contre le paludisme et l'amibiase ; secourisme et survie), Lord Mountbatten avait dit : « Les médecins ne peuvent gagner la guerre à ma place, mais ils peuvent me la faire perdre ».


En septembre et octobre 1945, le CLI intégré au CEFEO sous les ordres du Gal Leclerc, a été engagé dans la reconquête de Saigon, de la Cochinchine, puis du Siam et du Laos.

 

Pendant ces opérations, le CLI a perdu deux de ses 12 médecins, tués au feu : le Médecin-Cdt Nouaille-Degorce et le Médecin-Cne Villate.


Au cours de cette campagne, la seule formation parachutée a été la Compagnie B. larguée au Siam fin septembre 45 avec ses 60 personnels, sans médecin, ni infirmier.

Isolée pendant 4 mois en zone hostile avec de nombreux malades et blessés, cette unité, ravitaillée par air, a attendu jusqu'à janvier 46 d'être secourue par le parachutage du Dr Niger qui a sauvé plusieurs vies grâce à sa dextérité de chirurgien tombé du ciel.


Le 3 avril 46, engagé sur la pointe de Camau à l'extrême sud de la Cochinchine, un Régiment d'Infanterie Coloniale annonçait deux blessés graves à opérer d'urgence. Faute d'aviation sanitaire et les routes n'étant pas sécurisées, l'évacuation sur Saigon était impossible.

Le salut ne pouvait donc venir que du ciel.

 

C'est ainsi que trois médecins du CLI, brevetés para en Angleterre et détachés à l'hôpital 415 de Saigon ont été largués sur une rizière, porteurs de leur matériel d'anesthésie et de leurs instruments chirurgicaux.

Malgré des conditions opératoires improvisées sur un étal de boucher transformé en « billard », les deux blessés ont été sauvés à la grande joie de leurs camarades.


Avec ce premier saut d'une équipe chirurgicale parachutiste, le service de santé du CLI a montré l'intérêt et l'efficacité de la 3ème dimension pour assurer le soutien médical d'une unité isolée en zone ennemie et coupée de ses arrières.


Ainsi, au prix de la mort de deux de ses médecins, le CLI avait ouvert la voie aux futures réalisations du SSM en Indochine : les médecins des bataillons parachutistes et les antennes chirurgicales parachutistes.

 


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