Analyses

 

A LIRE : Le traitement des brûlés à l'hôpital Percy, une capacité stratégique pour le service de santé des armées.

Mis à jour le 11 décembre 2017
A LIRE : Le traitement des brûlés à l'hôpital Percy, une capacité stratégique pour le service de santé des armées.
 

Le Service de Santé des Armées 
inaugure le nouveau
Centre de Traitement des Brûlés 
de l’Hôpital d’Instruction des Armées Percy

 

 

Depuis 1961, le Centre de traitement des brûlés (CTB) de l’Hôpital d’instruction des armées (HIA) Percy a su acquérir une réputation mondiale pour les soins apportés aux grands brûlés.

 

 

Le CTB : un pôle d’excellence indispensable pour les Armées

Les brûlures de guerre sont fréquentes (1 blessé sur 10), plus graves qu’en contexte civil et s’accompagnent d’autres blessures une fois sur deux. Les victimes en sont souvent multiples. Cette prise en charge impose donc un plateau technique adapté aux brûlures graves et à la traumatologie, et des équipes médicales et paramédicales spécialisées, rompues à ces situations complexes.

Afin de rester en pointe dans le traitement des grands brûlés et d’assurer les nouveaux défis de demain, le Service de Santé des Armées (SSA) a décidé, en 2014, de moderniser le CTB de l’HIA Percy pour un coût de 30 millions d’euros. Le nouveau centre a été inauguré le 6 décembre dernier.

 

Un outil unique intégré au sein d’un hôpital militaire de référence : HIA Percy.

Unique de par sa polyvalence, son expertise et son niveau d’excellence, le CTB s’inscrit pleinement dans la vocation traumatologique de l’HIA Percy, hôpital de référence pour la prise en charge des militaires français traumatisés graves et évacués des théâtres d’opérations extérieures, et qui est également l’un des six « trauma centers » d’Île-de-France.

Plus précisément, ce nouveau CTB dispose d’un étage technique complet qui garantit la continuité des soins et limite le risque d’introduction de micro-organismes dangereux dans le secteur protégé. Il comprend un bloc opératoire polyvalent avec trois salles opératoires et une salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI), une zone de déchoquage et d’urgence, 18 chambres d’hospitalisation adaptées à la réanimation la plus lourde ainsi qu’un secteur de crise à 4 chambres permettant la prise en charge de blessés avec contamination interne radiologique ou chimique (menace terroriste), ou porteurs de bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe).

 

Ce plateau technique ultra-moderne permet :

  • d’une part, de répondre aux standards de soins les plus exigeants : cloisonnement et asepsie, contrôle de l’air et de l’eau, équipements de balnéothérapie, sécurité des patients et des personnels, ergonomie, systèmes d’information et de communications ;
  • et, d’autre part, de faire face aux situations d‘exception: une SSPI attenant à la zone de déchoquage permettant l’accueil simultané de 6 blessés, à proximité immédiate du bloc opératoire et du secteur de crise.

 

Le CTB de l’hôpital Percy a été le premier centre français à proposer la couverture par épiderme de culture pour soigner les brûlures massives (plus de 70 % de la surface corporelle). Il reste aujourd’hui l’un des deux seuls centres français à pratiquer cette technique d’exception.

 

Une expérience unique dont bénéficient les militaires et de nombreux civils

Sur le plan opérationnel, le CTB de l’hôpital Percy possède une expérience unique des afflux de brûlés et de blessés complexes, en contexte civil comme lors de l’attentat d’Orly en 1983, de l’explosion de Bondy en 2007, ou enfin des attentats du 13 novembre 2015 ; mais aussi et surtout en contexte militaire avec l’admission répétée de brûlés multiples évacués de tous les théâtres d’opérations extérieures et des autres cadres d’engagement des Armées. C’est notamment lui qui a pris en charge les aviateurs gravement blessés lors de l’accident d’Albacete (Espagne), en janvier 2015. Ainsi, plus de 100 militaires gravement brûlés ont été hospitalisés depuis 2001 dans ce service dont 61 militaires des trois armées et de la gendarmerie brûlés lors  d’engagements opérationnels, et 24 sapeurs-pompiers ou militaires de la Sécurité Civile brûlés en intervention.

Enfin, même si sa mission première reste la prise en charge des militaires brûlés, le CTB de l’hôpital Percy participe bien au-delà de la région Île-de-France au service public hospitalier en accueillant chaque année plus de 90 % de patients civils. Son rôle pour la population est d’autant plus essentiel qu’il est le seul des 3 centres d’Île-de-France capable de traiter des brûlés traumatisés et disposant d’une hélistation.

 

La RÉDACTION de l’ASAF

 

 

Avis du président de l’ASAF

Il est impératif que ce centre d’excellence de notre armée qui vient d’être modernisé ne soit pas amputé prochainement et de manière irréversible, d’une partie de ses capacités, pour des raisons de réduction budgétaire. Ceci serait d’autant plus dommageable  que les conflits à venir sont susceptibles d’accroitre fortement le nombre de blessés brûlés à traiter.

Si une telle décision était prise, cela signifierait « un renoncement définitif de la capacité stratégique de prise en charge des brûlés par le SSA ». En effet , la réduction capacitaire entraînerait l'impossibilité d'entretenir les compétences des personnels (turn-over de brûlés graves insuffisants) et donc une perte du savoir-faire notamment dans le domaine des techniques d'exception (couverture par épiderme de cultures) pour les brûlés les plus graves, ce qui signifierait à moyen terme la perte d'autonomie de nos armées dans ce domaine avec l'impossibilité de soigner des militaires gravement brûlés dans notre hôpital militaire de référence.

Les armées perdraient alors en quelques années, une expertise indispensable qui lui est mondialement reconnue, acquise par l’engagement sans faille de ses médecins militaires pendant des décennies. 
Ce serait un immense gâchis ; c’est inacceptable.

 

Henri PINARD LEGRY
Président ASAF

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