ARMÉE FRANÇAISE : Le prix des dividendes de la paix aux Antilles

Posté le lundi 11 septembre 2017
ARMÉE FRANÇAISE : Le prix des dividendes de la paix aux Antilles

A propos du drame vécu par nos concitoyens antillais.

 

Le drame qui se déroule actuellement aux Antilles françaises et plus précisément à Saint Martin et à Saint Barthélémy, mais qui pourrait aussi bien intervenir demain en Martinique ou en Guadeloupe, était-il prévisible?  La réponse est OUI, mais le gouvernement actuel ne fait que pâtir des erreurs commises dans le passé par ses prédécesseurs.

Il est clair en effet qu’un contresens majeur sur ce que sont les îles françaises ultramarines et notamment celles de la zone antillaise, a été fait à la fin des années 90, au lendemain de la fin de la guerre froide et au début d'une période d'économies budgétaires faites sur les armées.

 

Les responsables de l'époque  ont oublié notamment que nos îles ultramarines sont en effet d'abord des terres sur lesquelles vivent des citoyens français, que l'État se doit de protéger prioritairement contre les risques les plus probables: Or les cyclones et les éruptions volcaniques couplées à d'éventuels tremblements de terre sont des réalités antillaises, vécues au quotidien par nos compatriotes.

 

Nos anciens avaient eu l'intelligence et la sagesse de pré-positionner des moyens militaires permanents, notamment terrestres, pour assurer la sécurité des biens et des personnes et concourir au rétablissement d'une vie normale en cas de catastrophes naturelles. Martinique et Guadeloupe disposaient chacune d'une formation de l'armée de Terre autre que celle du Service Militaire Adapté et composée de permanents.

 

Puis est venu le temps des "dividendes de la Paix" et des économies budgétaires concomitantes, qui se sont traduites par la dissolution des formations de l'armée de Terre, la réduction des moyens aériens permanents et plus près de nous par le désarmement en cours du dernier BATRAL (bâtiment amphibie de transport léger - note ASAF) en service, le Dumont Durville, bâtiment qui permettait de s'affranchir des sites portuaires et de mettre à terre par beaching des moyens de secours, si le besoin s'en faisait sentir.  

 

L'argument avancé à l'époque a consisté à dire qu'en cas de risques majeurs, les renforcements nécessaires viendraient immédiatement de la métropole par moyens aériens, tandis que la priorité dans la zone consistait à lutter contre le trafic de drogue en mer.

 

Or que voit-on aujourd'hui et que verra-t-on demain? : des aérodromes et des sites portuaires inutilisables, des pillages généralisés, des moyens en attente en Guadeloupe, mais simultanément des moyens militaires hollandais sur place à St Martin et la mise en application d'un couvre-feu rendu possible par la présence de forces significatives.

 

Ainsi est -il donc prouvé, une fois de plus, qu'il est des économies qui n'en sont pas,  qu' il est des jugements hâtifs "d'experts" de Bercy et d'hommes politiques ignorants des réalités des ultramarins insulaires et français. Le gouvernement actuel, mais surtout nos compatriotes antillais, auraient sûrement apprécié qu'un Batral, indépendant des sites portuaires, ait pu mettre à terre les soldats en nombre significatifs, qu'il eut fallu avoir sans tarder sur place, pour rétablir l'ordre et redonner confiance à nos concitoyens.

 

Daniel ROUDEILLLAC
(Source : www.asafrance.fr)

Source : www.asafrance.fr

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