DÉFENSE EUROPÉENNE : L'avenir de la Défense Européenne. LIBRE OPINION de Justine BOQUET.

Posté le lundi 12 juin 2017
DÉFENSE EUROPÉENNE : L'avenir de la Défense Européenne. LIBRE OPINION de Justine BOQUET.

La Commission Européenne a publié un document de réflexion donnant des pistes d'évolution pour la Défense européenne. Il envisage trois scenarii possibles, avec des niveaux d'intégration plus ou moins approfondis.

Cette réflexion de la Commission part d'un constat simple : « la paix et la sécurité chez nous ne peuvent plus être considérées comme acquises, dans un monde où les puissances mondiales et régionales réarment, les terroristes frappent en plein cœur des villes d'Europe et du monde entier et les cyberattaques se multiplient ». Afin de faire face à ces défis multiples, impactant directement la sécurité des citoyens européens, la meilleure réponse nécessite une coopération.

Le degré de cette coopération définira la crédibilité de l'UE sur la scène internationale et la capacité des Etats Membres à faire face aux menaces. « Une coopération plus systématique et le développement conjoint des technologies et capacités sont nécessaires pour préserver la sécurité de l'Europe », peut-on lire dans ce document. De plus, les Etats-Membres pris individuellement « sont tout simplement trop petits pour s'en sortir seuls ». Afin d'apporter une réponse efficace aux menaces qui pèsent sur la sécurité européenne, la mutualisation des moyens de défense et l'adoption d'une réponse commune apparaissent nécessaires.

La concurrence économique exacerbée par la mondialisation et l'émergence de nouveaux acteurs poussent également à une meilleure coopération. « Si l'Europe veut pouvoir faire face à la concurrence mondiale, elle devra regrouper et intégrer ses meilleures capacités industrielles et technologiques », estime le rapport de la Commission. Des investissements devront être fait en matière de R&D afin de soutenir l'industrie européenne.

Afin d'harmoniser les politiques de Défense et de permettre l’émergence d'une Défense européenne efficiente, la Commission Européenne identifie cinq axes d'effort.
- Tout d'abord « une plus grande coopération au sein de l'Union européenne, y compris en matière de Défense ».
- Autre objectif, et non des moindres, définir les menaces communes et les stratégies à mener afin d'y répondre. Pendant de nombreuses années, et c'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui, la Défense européenne a peiné à émerger car les Etats n'avaient pas les mêmes priorités et zones d'intérêts. La France, et d'autres pays de l'Europe occidentale, reste attachée à l'Afrique et souhaite renforcer ses moyens de défense. Le flanc Est n'exprime pas les mêmes préoccupations et ces disparités s'expliquent par des histoires parfois très différentes.
- Le troisième volet correspond à la relation transatlantique. Elle ne doit pas être négligée mais l'OTAN ne doit pas assurer à elle seule la sécurité de l'Union Européenne. Si l'attitude de D Trump, demandant aux européens d'assurer leur sécurité à parfois été critiquée, elle représente toutefois une réalité. De plus, il s'agit d'une opportunité afin d'engager une dynamique progressive pour la constitution d'une Europe de la Défense.
- Par ailleurs, il est nécessaire de revoir à la hausse les dépenses de Défense. Il faudra « accroître le périmètre et l'efficacité des dépenses consacrées à la Défense ».
- Enfin, « un marché unique de la défense faciliterait également la recherche critique et l'émergence de jeunes pousses dans le but de développer les technologies essentielles dont l'Europe a besoin ».

Le premier scénario envisage une coopération en matière de Sécurité et de Défense. Il s'agit du modèle le plus proche du fonctionnement actuel : « L'UE apporte un complément aux efforts déployés par les Etats membres ; la solidarité conserve un caractère ad hoc et est interprétée individuellement par les Etats ». Autrement dit, chaque Etat reste maître de sa participation dans les missions de Défense.

Le deuxième scénario définit une sécurité et défense partagées. « L'UE vient renforcer les efforts déployés par les Etats-Membres ; la solidarité opérationnelle et financière entre les Etats-Membres devient la norme ». Cela tend à harmoniser la perception des menaces et la façon d'y répondre à l'échelle européenne.

Enfin, le troisième scénario table sur une défense et sécurité communes. L'enjeu est de permettre une « solidarité et assistance mutuelle, une défense commune telle que prévue par le traité ». Cela serait le cas le plus aboutit de coopération pour la Défense commune.

Quoiqu'il en soit, la réflexion de la Commission Européenne tend vers une plus grande coopération. La progression dépend toutefois du conseil européen, composé des chefs d'Etats et de gouvernements de pays membres. Jusqu'à maintenant, plusieurs ont freiné l'intégration européenne sur le plan de la Défense, craignant une perte de souveraineté. « Nous devons mener au sein du conseil et du parlement européen un débat efficace et constructif afin de permettre à ces projets de voir le jour », a déclaré la ministre des armées.

Sylvie Goulard s'est montrée favorable au renforcement de la coopération européenne et parle d'une « prise de conscience bienvenue ». Elle salue particulièrement l'ambition de créer un fonds européen de défense qui permettrait « un meilleur partage des coûts, mais aussi des capacités de défense ».

 

Justine BOQUET


 

Source : Air et Cosmos

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