LIBRE OPINION de Michel CABIROL : Sous-marins - Pourquoi la Norvège reste en division 2

Posté le mercredi 08 février 2017
LIBRE OPINION de Michel CABIROL : Sous-marins - Pourquoi la Norvège reste en division 2

DCNS estime que son "offre était supérieure, notamment dans le domaine de la capacité de lutte anti sous-marine, essentielle pour les opérations et patrouilles dans le Grand Nord". La Norvège a-t-elle fait le bon choix de sous-marins avec les U-212 de TKMS? A Paris, on estime que l'offre française était supérieure. La Norvège a-t-elle sélectionné le meilleur sous-marin dans le contexte géopolitique actuel? A Paris, on estime que ce n'est pas vraiment le cas. Au sein de la Marine nationale, on regrette le choix des sous-marins allemands. Ils seront moins performants pour surveiller les patrouilles des sous-marins russes dans le Grand-Nord que la nouvelle version des Scorpène proposée par DCNS, estime-t-on dans la Marine nationale. D'ailleurs, DCNS reste convaincu que son "offre était supérieure, notamment dans le domaine de la capacité de lutte anti sous-marine, essentielle pour les opérations et patrouilles dans le Grand Nord". Sur le plan opérationnel, le sous-marin français aurait d'ailleurs séduit l'état-major de la marine norvégienne pourtant réputée proche de la marine allemande, explique-t-on à La Tribune. Entre un sous-marin côtier (U-212) et un sous-marin océanique (Scorpène), la marine norvégienne avait enfin envie de jouer dans la cour des grands. D'où la panique de

ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) qui a finalement proposé avec l'aide de Berlin une offre imbattable sur le plan financier à Oslo, qui ne pouvait pas la refuser. Dommage que la Première ministre Erna Solberg n'ait pas eu le tact et la classe d'en avertir Bernard Cazeneuve lors de sa visite à Paris deux jours avant l'annonce officielle.

 

Une supériorité acoustique chez les Français

A l'image des États-Unis et de la Grande-Bretagne, la France possède une vraie supériorité stratégique dans l'équation acoustique, y compris quand le sous-marin navigue à vitesse moyenne. Ce qui ne semble pas être le cas de l'Allemagne. C'est d'ailleurs en partie pour cela que DCNS a remporté son éclatante victoire en Australie... face à TKMS. Une technologie développée pour le compte de la Marine nationale, qui est une vraie marine de guerre et qui en a l'habitude. D'ailleurs, selon une information révélée par "L'Obs", un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) russe aurait été repéré par la Marine nationale dans le golfe de Gascogne en janvier 2016. Une supériorité acoustique qui aurait été bien nécessaire aux Norvégiens pour surveiller leur très vaste zone d'influence dans le Grand nord. Ce sont les sousmariniers russes qui se réjouissent de ne pas affronter la technologie française dans les eaux glacées de la Norvège. Enfin, la Norvège aurait pu s'appuyer sur la Marine nationale. Une marine de premier rang, qui a elle aussi des missions dans le cercle arctique. La coopération entre la Norvège et la France était exemplaire, autant sur le plan opérationnel, avec des escales régulières de bâtiments français en Norvège et des exercices militaires communs, que politique et stratégique, avec des positions très proches sur les grandes questions internationales.

 

Les Russes de plus en présents dans le Grand Nord

Pays membre de l'OTAN, elle partage dans l'Arctique une frontière avec la Russie qu'Oslo juge pourtant "de plus en plus imprévisible", notamment à la lumière de la crise ukrainienne. En outre, le ministère russe de la Défense veut développer des bases et des implantations militaires dans le Grand Nord. Cette région polaire a toujours été une priorité, ainsi que le montre le lancement récent de la construction de deux nouveaux brise-glace à propulsion nucléaire.


Michel CABIROL
Adressé par Jean-Claude TOURNEUR 

Source : La Tribune

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