PATROUILLEURS : Les avisos français sur tous les fronts.

Posté le jeudi 26 janvier 2017
PATROUILLEURS : Les avisos français sur tous les fronts.

Les avisos français sur tous les fronts

Reclassés patrouilleurs de haute mer (PHM) par la Marine nationale, les 9 derniers avisos du type A69 connaissent, à l’image de l’ensemble de la flotte, une activité particulièrement soutenue. Moins « médiatiques » que le porte-avions Charles de Gaulle, les bâtiments de projection et de commandement (BPC), les sous-marins ou encore les frégates, sur lesquels les caméras sont souvent braquées, ces bâtiments rendent pourtant d’indispensables services. Qu’il s’agisse de défense maritime du territoire (DMT) ou d’opérations extérieures, ils remplissent un très large éventail de missions, allant de la chasse aux pirates et aux trafiquants (drogue, armes, migrants…) à la police des pêches, en passant par la protection du commerce maritime, le sauvetage en mer, l'escorte des BPC quand ceux-ci sont déployés notamment en Afrique de l'ouest, la lutte anti-sous-marine et même les engagements armés, comme ce fut le cas lors de l’opération Harmattan en 2011, où leur artillerie a été employée contre des objectifs côtiers en Libye. Par ailleurs, ils contribuent activement au recueil de renseignements dans toutes les zones où ils sont amenés à évoluer et peuvent servir de support au déploiement de forces spéciales. 

 

Cinq à Brest, quatre à Toulon

Aujourd’hui, cinq unités du type A69 sont basées à Brest (Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff, Lieutenant de Vaisseau Lavallée, Commandant L’Herminier, Premier-maître L’Her et Commandant Blaison), les quatre autres étant positionnés à Toulon (Enseigne de Vaisseau Jacoubet, Commandant Ducuing, Commandant Birot et Commandant Bouan).

Alors que les zones de crises et de tensions sont toujours aussi nombreuses, l’intense activité connue par les avisos depuis un bon moment ne va pas faiblir cette année. La Marine nationale, qui a un réel besoin en patrouilleurs, se félicite d’ailleurs du bon état des A69, qui permet de les employer sur de multiples théâtres. « 2017 affiche une très bonne disponibilité pour les patrouilleurs de haute mer de la force d’action navale. Très sollicités, ils poursuivent leur engagement dans les opérations permanentes et les missions de défense maritime du territoire », explique-t-on à la FAN.  

 

Triton, Sophia et défense maritime du territoire

En Méditerranée, le Commandant Bouan est actuellement déployé au sein de l’opération Triton, coordonnée par l'agence européenne pour la surveillance des frontières (Frontex). Il opère dans le domaine des contrôles aux frontières, de la surveillance et des activités de recherche et de sauvetage de migrants en Méditerranée centrale. Dans la même zone d’opération, au large de la Sicile, il prendra la relève du Commandant Ducuing, actuellement engagé au sein de l’EUNAVFOR MED, force aéromaritime européenne déployée dans le cadre de l’opération européenne Sophia de lutte contre les trafics de migrants en Libye. Le Cdt Ducuing participe en particulier aux efforts de l’UE pour faire respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye décidé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Une fois relevé par le Cdt Bouan, il contribuera ensuite au dispositif de défense maritime du territoire, patrouillant entre Toulon et la Corse, une mission dans laquelle l’Enseigne de vaisseau Jacoubet est actuellement engagé. Le Commandant Birot doit également prendre part à la DMT ce mois-ci en Méditerranée.

 

De la Norvège à l'Afrique pour les Brestois

Côté Atlantique, le Commandant l’Herminier est en ce moment déployé dans le golfe de Guinée dans le cadre l’opération Corymbe, mission permanente de la Marine nationale en Afrique de l’ouest. Il y sera relevé dans quelques semaines par le Commandant Birot. De son côté, Le lieutenant de vaisseau Lavallée prendra part en février à un exercice de l’OTAN aux côtés de marines alliées entre la mer du Nord et la Norvège. Plus proche de Brest, le Lieutenant de vaisseau Le Hénaff participe à la protection des approches maritimes, tandis que le commandant Blaison poursuit sa remontée en puissance à la mer à l’issue de sa période d’entretien.

 

Bientôt la quarantaine

Tous les avisos seront donc ce mois-ci à la mer, ce qui est exceptionnel et remarquable vu l’âge des bâtiments, mais démontre aussi clairement le besoin accru en patrouilleurs hauturiers. « Plus que jamais, les A69 s’imposent comme d’indispensables sentinelles maritimes », souligne-t-on au sein de la Marine nationale. Avec sous-jacent l’inquiétude de plus en plus vive face à une rupture capacitaire liée au désarmement prochain des A69, mis en service entre 1980 et 1984. Les échéances se rapprochent en effet puisque le Cdt L’Herminier et le LV Lavallée doivent prendre leur retraite en 2018, alors que le désarmement du LV Le Hénaff est prévu en 2020. Les autres devraient tenir jusqu’en 2024 mais, s’ils parviennent techniquement à atteindre ce cap, ils auront alors un âge canonique, entre 40 et 43 ans de service !
Or, les A69 représentent actuellement la moitié de la flotte de patrouille hauturière de la marine française, le reste de cette composante commençant elle aussi à vieillir sérieusement, en particulier les derniers P400, qui datent de 1987 et l’Arago, opérationnel depuis 1991.

 

Dans l'attente des BATSIMAR

Le problème est que le programme des bâtiments d’intervention et de surveillance maritime (BATSIMAR), qui doit assurer en métropole et outre-mer le renouvellement de l’ensemble des patrouilleurs hauturiers, ainsi que des six frégates de surveillance du type Floréal, est très en retard. Aujourd’hui, l’arrivée de la première unité n’est pas prévue avant 2024, c’est-à-dire à la fin de la prochaine loi de programmation militaire. Une situation potentiellement intenable pour la marine et qui risque de fragiliser fortement le dispositif français de surveillance et de protection maritimes. C’est pourquoi l’état-major espère que le programme BATSIMAR sera accéléré, ce dont l’actuel gouvernement a convenu en novembre lors du dernier Comité interministériel de la mer mais que la prochaine législature, issue des élections de 2017, devra confirmer.

 

Une série de 20

Pour mémoire, 17 avisos ont été initialement réalisés pour la Marine nationale (et trois autres pour l'Argentine), 8 français ayant retiré du service entre 1997 et 2002 (vendus pour 6 d’entre eux à la Turquie). Longs de 80.5 mètres pour une largeur de 10.3 mètres et un déplacement de 1250 à plus de 1400 tonnes, ces bâtiments avaient été initialement conçus pour la lutte anti-sous-marine côtière et étaient particulièrement armés pour des unités de cette taille, ce qui leur a parfois valu le surnom de « cuirassés de poche ». Et aussi celui de « sous-marin de surface », en référence aux missions dans des mers très formées... 

Pour la lutte ASM, ils disposaient de quatre tubes lance-torpilles et un lance-roquettes sextuple de 375mm, la détection étant assurée par un sonar de coque. En plus de la tourelle de 100mm, des canons de 20mm et des affuts de 12.7mm, une bonne partie des avisos avait été dotée de missiles antinavire Exocet (2 MM38 ou 4 MM40). Ceux-ci, ainsi que les torpilles et le lance-roquettes (pour ceux qui en disposaient encore), mais aussi les lance-leurres Dagaie, ont été débarqués en 2009, date à laquelle les bâtiments ont été reclassés patrouilleurs de haute mer. Le sonar, qui devait lui aussi être enlevé, a finalement été conservé compte tenu des besoins en moyens de détection sous-marine. Un poste pour 9 commandos a été installé dans la soute du LR, lle lanceur faisant place à un système de liaison par satellite Syracuse. En cas de besoin, les PHM peuvent embarquer un système surface-air Simbad.

Armés par plus de 80 marins, les A69 peuvent atteindre la vitesse de 24 nœuds et franchir 4500 milles à 15 nœuds, leur autonomie étant de 15 jours.

 

Mer et Marine

 

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Source : Mer et Marine

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