COMMANDEMENT DES OPÉRATIONS SPÉCIALES. Réussir la transformation : Comment le COS fait-il face dans la durée ?

Posté le mercredi 29 mars 2017
COMMANDEMENT DES OPÉRATIONS SPÉCIALES. Réussir la transformation : Comment le COS fait-il face dans la durée ?

Du 28 au 30 mars 2017, la 3e édition du Special Operations Forces Innovations Network Seminar (SOFINS) est organisée en Gironde sur le camp de Souge. Ce séminaire biennal a pour objectif de favoriser les échanges entre utilisateurs et concepteurs de matériels, de scruter des solutions innovantes et de développer des équipements qui répondent au mieux aux besoins opérationnels particuliers des forces spéciales.  Entre tensions opérationnelles et évolutions des menaces, comment le commandement des opérations spéciales (COS) parvient-il à faire face dans la durée ?

Longtemps, le COS a été considéré comme un outil stratégique, capable d’exécuter des actions « coup de poing » à haute valeur ajoutée mais limitées dans le temps. Face à l’évolution de la situation internationale, ses modes opératoires ont évolué vers la conduite de campagnes longues, centrées sur la lutte contre les organisations terroristes. « Faire face dans la durée » devient dès lors une aptitude centrale du COS.

 

Un effort collectif 

Constituant un des axes prioritaires de la loi de programmation militaire (LPM) en cours, la consolidation des effectifs du COS représente un élément clé pour faire face à des engagements toujours exigeants. En parallèle, l’aptitude à durer nécessite d’adapter le rythme des projections aux normes de « régénération » des unités. Les engagements actuels étant amenés à se poursuivre, le COS s’efforce de maintenir un équilibre entre le niveau d’engagement des FS et la préservation de leurs cycles de formation et de préparation opérationnelle.

Les campagnes de temps long requièrent l’emploi de capacités variées. Ne possédant pas tous les moyens en propre, le COS a donc développé une véritable culture de « l’intégration des capacités ». En effet, une opération spéciale nécessite plus que des FS. Elle fait appel à de multiples outils tels que les drones, les unités NRBC, la lutte contre-IED... Le « système de forces spéciales » repose donc sur un effort collectif  de la défense dans la durée.

Une supériorité technique et technologique

Les engagements dans des conditions abrasives et au contact d’adversaires furtifs et imaginatifs imposent d’accélérer le rythme de remplacement des équipements et de développer des solutions innovantes pour maintenir la supériorité technique et technologique dans la durée. Les plans d’équipements spécifiques (notamment des véhicules) permettent de doter le COS de matériels adaptés à ses opérations. Mais en amont des plans d’équipement, il doit agir comme catalyseur de l’innovation. Il a ainsi favorisé l’émergence d’un « éco-système innovant » fondé sur la réalisation d’un Salon, le SOFINS, et l’établissement de relations avec des centres experts. Conserver une longueur d’avance technologique est bien l’une des conditions permettant au COS de durer dans le contexte stratégique actuel et à venir.

 Une anticipation permanente

L’anticipation opérationnelle concourt à faire face dans la durée. Cette anticipation permanente obtenue grâce à un dispositif complet d’officiers de liaison auprès d’Alliés et de l’OTAN, mais aussi par une présence régulière du COS sur l’arc de crise, permet de préparer les engagements futurs. Les partenariats d’assistance et de préparation opérationnelle donnent à nos partenaires les moyens de lutter eux-mêmes contre nos adversaires communs. Ceci devrait éviter la nécessité d’un engagement massif des FS françaises dans l’avenir et préserver ainsi leur aptitude à durer.

Au bilan, « faire face dans la durée » relève bien d’un ensemble de facteurs dont la maîtrise est indispensable aux opérations spéciales et au rôle stratégique du COS.


État-major des armées 

Source : État-major des armées

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