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Apropos du budget de la Défense PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 10 Janvier 2011 15:27

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Source, journal ou site Internet : les Echos du 7 janvier 2011

Auteur : Alain Ruello - Adressé par : François Jouannet

 

En dehors de l'Afghanistan et de la poursuite de la réforme des armées, Alain Juppé a plusieurs dossiers importants à mener à bien, dont celui du budget.

Moins de deux mois après avoir pris ses fonctions, Alain Juppé a une vision claire des priorités qu'il entend imposer au ministère de la Défense. En tête de liste, évidemment, figure l'Afghanistan ; en témoigne sa récente visite sur place et son attention apportée aux familles des victimes et aux blessés.

Le suivi de la réforme des armées suit en deuxième position, sachant que 22.000 postes ont déjà été supprimés sur les 54.000 visés d'ici à 2015. Mais d'autres dossiers importants appellent des décisions qui devront être prises dans les quatorze mois maximum dont dispose le maire de Bordeaux.


Budget tendu pour 2011

Pour l'instant ça tient, même si c'est tendu.

Le budget 2011-2013 de la Défense n'a que peu souffert de l'effort imposé par Matignon pour réduire les déficits publics. Les crédits prévus par la loi de programmation militaire sur ces trois années ne seront amputés que de 1,5 milliard d'euros, à près de 92 milliards.

Mais tout cela repose sur l'hypothèse que les recettes exceptionnelles prévues seront au rendez-vous.

Le ministère en attend 1 milliard d'euros cette année : 150 millions tirés de la vente d'immeubles et le solde de la cession de fréquences hertziennes.

Côté immobilier, le pari semble jouable. Il est beaucoup plus risqué pour les fréquences. « C'est un sujet d'inquiétude », reconnaît-on au sein du ministère. Sans cette manne, des décalages douloureux de programmes devront être décidés.


Quelles orientations pour Thales ?

Alain Juppé a commencé à recevoir les grands patrons de l'industrie française de la défense pour y voir plus clair. D'autant que l'Elysée souhaite se pencher sur ce secteur dans les prochaines semaines.

Après les dirigeants de Safran, DCNS, EADS ou encore Nexter, le nouveau ministre devait voir celui de Thales hier après-midi, de même que Christine Lagarde. Sur la table figure, notamment, un certain nombre d'orientations stratégiques concernant Thales : passage de 25 % à 35 % dans DCNS, consolidation de la filière missiles ou encore des munitions. Comme tous ses prédécesseurs, Alain Juppé va aussi essayer de réveiller les velléités de consolidation entre industriels européens, restées lettre morte jusque-là.


Mettre le traité franco-britannique en musique

Conclu début novembre, le traité de coopération militaire franco-britannique est lourd de promesses.

Contraints de faire des économies, les deux pays, qui ont les premiers budgets de la défense européens, ont affiché une volonté de coopérer comme jamais, sur le plan opérationnel et industriel. « Nous irons beaucoup plus loin que l'accord de Saint-Malo d'il y a douze ans, qui tenait plus de la déclaration politique.

Là, nous avons un programme de travail déjà engagé », rappelle-t-on dans l'entourage du ministre, qui doit recevoir son homologue britannique sous peu. Il faudra en particulier enclencher rapidement le projet franco-britannique de drone de future génération.

Et, au passage, décider ou non d'acheter des Predator américains pour faire la soudure.

EADS : qui, après Louis Gallois ?


EADS

Les cicatrices des conflits franco-allemands sur la gouvernance à peine refermées, le fleuron de l'aéronautique européenne fait face à une échéance cruciale en 2012 : le renouvellement des postes de président du conseil d'administration et de directeur général exécutif, fin de mandat oblige.

Le premier est occupé par Bodo Uebber, par ailleurs directeur financier de Daimler, et le second par Louis Gallois. Enprincipe, un Allemand doit prendre la place de Louis Gallois et un Français celle de Bodo Uebber.

Sauf si l'ancien patron de la SNCF jouait finalement les prolongations, comme il se le murmure.

« La question de la succession se prépare », dit-on du côté de l'hôtel de Brienne, sans plus.

 

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