| * L’Armée dans la Nation : réflexions |
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| Mardi, 15 Mars 2011 15:12 | |||
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Il est aujourd'hui incontestable qu'il existe un fossé entre l'armée et la société et il est également certain que ce fossé continuera à se creuser si rien n'est fait pour rétablir les liens.
par le Général Jean-Paul FAVREAU
Les raisons de cet état de choses sont connues et ressortissent à plusieurs domaines. Il faut tout d'abord constater que les élites ne notre pays ne s'intéressent guère aux questions de défense et l'on peut arriver aux plus hautes responsabilités politiques en ignorant tout des affaires militaires. Il en va de même du citoyen moyen et cela découle de l'évolution objective de notre monde : disparition de la menace directe, mise au ban de la guerre, refus de la mort, affaiblissement de la cohésion nationale, perte de l'esprit civique, négation du principe d'autorité, naïveté pacifiste, glorification des principes mercantiles etc. Cet état d'esprit contribue à nourrir des opinions diverses. L'idée la plus courante est que le militaire est un fonctionnaire comme les autres. Certains pensent qu'il est une victime tandis que d'autres, moins nombreux, le considèrent comme un héros, d'autres encore le voient comme inutile voire encombrant. L'utopie pacifiste est, en vérité, facile à réfuter car d'une part elle est régulièrement démentie par les faits et d'autre part il est bien évident qu'il ne saurait exister de paix universelle que s'il y avait un état de droit universel. Dans ces conditions le soldat demeure encore et toujours nécessaire à toute société organisée. Il n'est, dans des circonstances normales ni héros ni victime et ne peut être classé dans la même catégorie que les autres serviteurs de l'Etat. Même les métiers dits très justement « à risques » comme celui de policier ou de pompier ne peuvent être assimilés à celui du soldat. Celui-ci est, en effet, le seul fonctionnaire dont le métier comporte la possibilité d'être tué autrement que de façon accidentelle en ce sens qu'il est confronté sur le terrain avec un adversaire dont le but est de le détruire. La fonction du militaire est donc impossible à banaliser. Il parait urgent que les armées retrouvent leur place au sein de la nation. Le remède n'est pas dans la main des chefs militaires mais dans celle des politiques. L'effort est à marquer en premier lieu dans les débats nationaux en amont des élections ainsi que dans les arbitrages budgétaires. Mais le cœur du problème se situe sans aucun doute dans une nouvelle approche de notre système éducatif. Les études sur le système de sécurité et de défense doivent être intégrées dans tous les cursus et constituer un ensemble cohérent débutant à l'école primaire avec l'instruction civique et se poursuivant dans le secondaire et le supérieur avec des cours et des ouvertures obligatoires sur les questions de défense et les problématiques stratégiques.
La tâche est vaste, elle est difficile et suppose de la part du politique un volontarisme sans faille mais la survie des valeurs de notre pays est à ce prix. Général Jean-Paul FAVREAU
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