Analyses

Liberté et indépendance: Edito du président ASAF.


La Grande Guerre de 1914-1918, dont nous allons prochainement célébrer le centième anniversaire de l’Armistice, nous rappelle que si les alliés ont contribué à la victoire finale, un pays se doit de compter d’abord sur ses propres forces et ne jamais s’en remettre, dès le temps de paix, à ceux-ci que l’on ne doit pas confondre avec des amis.


Il fallut attendre juin 1917, c'est-à-dire après pratiquement trois ans de guerre, pour que les États-Unis envoient leurs GI’s, qui ne pourront d’ailleurs être engagés dans les combats qu’un an plus tard après avoir été équipés et entraînés par la France.


Cette situation s’est reproduite lors de la Deuxième Guerre mondiale. Les Soviétiques puis les Américains ne s’engagèrent dans la guerre contre l’Allemagne nazie que le 22 juin 1941 pour les premiers, après le déclenchement de l’invasion de la Russie, et le 11 décembre pour les seconds après la déclaration de guerre d’Hitler aux États-Unis.


C’est en parfait connaisseur de notre Histoire et pour avoir vécu physiquement ces deux terribles guerres que le général de Gaulle, élu président de la République, avait décidé que la Défense de la France se devait d’être d’abord française. Cela l’avait conduit logiquement à développer un armement nucléaire national indépendant malgré l’opposition de ses alliés du moment. En effet, les États-Unis comprenaient parfaitement que cet armement nucléaire limiterait leur capacité d’influence sur la France et y firent obstacle autant qu’ils le purent.


Ce choix politique cohérent a eu un coût. Dans les années 60, la France a dépensé entre 4 et 5 % de son PIB pour sa Défense (1, 7 % aujourd’hui). Mais cet effort n’a pas été vain puisque six décennies plus tard, cet armement nous permet encore de dissuader toute puissance d’envahir notre pays ou d’exercer un chantage militaire sur lui.


Cependant, aujourd’hui, d’autres menaces pèsent sur notre indépendance. Des pressions s’exercent sur la France pour la contraindre à suivre telle politique ou à rejeter tel pays. Peut-on accepter cette forme d’asservissement et rester sans réagir ?


Les États sont des monstres froids ; ils n’ont pas d’amis. Les alliés d’hier peuvent se révéler des adversaires coriaces demain. L’Histoire nous l’a montré maintes fois.


Notre sécurité, mais aussi notre liberté et notre indépendance ont un prix. Accepterons-nous de le payer pour pouvoir nous « tenir droits » ou fléchirons-nous comme tant de pays ? Nous coucherons- nous devant ceux qui veulent dicter leurs lois, imposer leurs vues et diriger le monde ?

« Osons être ce que nous sommes » : un peuple libre et fier.


Henri PINARD LEGRY
Président de l’ASAF
(Edito du dernier numéro de la revue ENGAGEMENT)

 

 

La Grande Guerre de 1914-1918, dont nous allons prochainement célébrer le centième anniversaire de l’Armistice, nous rappelle que si les alliés ont contribué à la victoire finale, un pays se doit de compter d’abord sur ses propres forces et ne jamais s’en remettre, dès le temps de paix, à ceux-ci que l’on ne doit pas confondre avec des amis.


Il fallut attendre juin 1917, c'est-à-dire après pratiquement trois ans de guerre, pour que les États-Unis envoient leurs GI’s, qui ne pourront d’ailleurs être engagés dans les combats qu’un an plus tard après avoir été équipés et entraînés par la France.


Cette situation s’est reproduite lors de la Deuxième Guerre mondiale. Les Soviétiques puis les Américains ne s’engagèrent dans la guerre contre l’Allemagne nazie que le 22 juin 1941 pour les premiers, après le déclenchement de l’invasion de la Russie, et le 11 décembre pour les seconds après la déclaration de guerre d’Hitler aux États-Unis.


C’est en parfait connaisseur de notre Histoire et pour avoir vécu physiquement ces deux terribles guerres que le général de Gaulle, élu président de la République, avait décidé que la Défense de la France se devait d’être d’abord française. Cela l’avait conduit logiquement à développer un armement nucléaire national indépendant malgré l’opposition de ses alliés du moment. En effet, les États-Unis comprenaient parfaitement que cet armement nucléaire limiterait leur capacité d’influence sur la France et y firent obstacle autant qu’ils le purent.


Ce choix politique cohérent a eu un coût. Dans les années 60, la France a dépensé entre 4 et 5 % de son PIB pour sa Défense (1, 7 % aujourd’hui). Mais cet effort n’a pas été vain puisque six décennies plus tard, cet armement nous permet encore de dissuader toute puissance d’envahir notre pays ou d’exercer un chantage militaire sur lui.


Cependant, aujourd’hui, d’autres menaces pèsent sur notre indépendance. Des pressions s’exercent sur la France pour la contraindre à suivre telle politique ou à rejeter tel pays. Peut-on accepter cette forme d’asservissement et rester sans réagir ?


Les États sont des monstres froids ; ils n’ont pas d’amis. Les alliés d’hier peuvent se révéler des adversaires coriaces demain. L’Histoire nous l’a montré maintes fois.


Notre sécurité, mais aussi notre liberté et notre indépendance ont un prix. Accepterons-nous de le payer pour pouvoir nous « tenir droits » ou fléchirons-nous comme tant de pays ? Nous coucherons- nous devant ceux qui veulent dicter leurs lois, imposer leurs vues et diriger le monde ?

« Osons être ce que nous sommes » : un peuple libre et fier.


Henri PINARD LEGRY
Président de l’ASAF
(Edito du dernier numéro de la revue ENGAGEMENT)