Analyses

Lettre ASAF 11/07 - Armée française : des paroles aux actes


« Honneur et Patrie » Il y avait bien longtemps que nous n'avions pas entendu cette devise de la bouche d'un homme politique.

Lettre ASAF 11/07 - Armée française : des paroles aux actes

Armée française : des paroles aux actes

« Honneur et Patrie »

Il y avait bien longtemps que nous n'avions pas entendu cette devise de la bouche d'un homme politique.

Qu'elle ait été prononcée à l'issue de l'éloge funèbre le 19 juillet par le Président de la République, chef des armées,  est un signe auquel les soldats et plus généralement les innombrables Français qui aiment leur pays ont été sensibles.

Des paroles pour les soldats...

Ils auront apprécié ces propos directs et tellement vrais de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, sur le soldat : 
« ... Notre admiration pour leur courage se transforme en fierté d'appartenir à ce peuple, à ce grand corps aux mille visages dont les membres sont capables de donner leur vie pour ceux qu'ils aiment...Cette noblesse du soldat nous invite à redire ce que signifie être militaire: être militaire, ce n'est pas d'abord être disponible ou même porter les armes.


Etre militaire, c'est avant tout ne plus s'appartenir, ni même appartenir à sa propre famille : j'ai conscience de la dureté de ces propos tenus en présence de nos familles éprouvées par le deuil. 
Etre militaire, c'est appartenir à la Nation. Exister et agir pour elle. Vivre et mourir pour elle... »

Ils auront apprécié ces paroles fortes du chef de l'Etat sur le rôle pérenne de l'armée française:

« ... L'armée française, c'est l'affirmation par le peuple français de sa volonté de demeurer libre et de ne jamais devenir l'esclave de quiconque. 
L'armée française, ce n'est pas seulement un instrument parmi d'autres d'une politique. L'armée française, c'est l'expression la plus achevée de la continuité de la Nation française dans l'Histoire


L'armée française, c'est l'expression de la détermination constamment renouvelée de la France à défendre l'idée qu'elle se fait d'elle-même, de sa vocation dans le monde et d'une certaine idée de l'Homme profondément ancrée en elle. 
Si la France a passé avec la liberté du monde « un pacte multiséculaire » elle le doit d'abord à son armée.


L'armée française n'est pas séparée du reste de la Nation française car l'armée française fait corps avec la Nation française... »

...Et des actes pour les armées

Mais ces paroles prononcées un jour de deuil se traduiront-elles par des actes ?

Cela concerne d'abord le budget de la défense. 
Il est aujourd'hui historiquement bas puisqu'il atteint seulement 1,6% du PIB. Il était le double en 1989 et s'élevait à 4% en 1975 alors que le budget de l'Etat était en équilibre et la dette inexistante.

Comment la France peut-elle garantir effectivement son indépendance et sa sécurité en réduisant à ce point ses capacités militaires, sachant que les effets catastrophiques inévitables ne se feront sentir que dans 10 ans ?
Les coupes budgétaires des décennies précédentes se traduisent aujourd'hui par l'absence de drones stratégiques, le nombre limité de nos avions de transport et de nos hélicoptères dans les engagements que nous conduisons.
Le déficit budgétaire endémique en France depuis 30 ans n'a fait que croître alors que le budget de la Défense n'a cessé de diminuer. 

Cela concerne également la politique étrangère.
Il semble que la France envisage d'inviter officiellement à Paris en septembre Paul Kagame, président du Rwanda et accusateur de l'armée française !
Les conseillers de l'Elysée et du quai d'Orsay mesurent-ils l'effet dévastateur d'une telle démarche, sans geste préalable fort vis-à-vis de nos armées ?
Cette invitation signifierait que la France reconnaît et accepte les accusations de génocide portées contre ses soldats par un dictateur lui-même impliqué dans la mort de plusieurs millions de Congolais depuis 1996.

Une telle visite pourrait éventuellement se dérouler sans susciter la réprobation voire la colère de l'armée si le Président de la République, chef des armées, déclarait aux soldats de l'opération Turquoise au Rwanda comme il l'a fait le 19 juillet dernier  dans la cour d'honneur des Invalides :

« ...Vous avez accompli votre devoir selon la haute idée que vous vous en faisiez... 
Vous avez fait vôtres les vertus militaires de discipline, de fidélité, de courage et d'honneur...
C'était une noble mission. Vous l'avez accomplie noblement... Vous avez mis votre vie en danger pour sauver d'autres vies, des vies innocentes... Honneur et Patrie... »

L'ASAF, dont la première mission est de défendre l'honneur de l'armée, n'acceptera pas l'humiliation de l'armée et à travers elle, celle de la France.

Elle n'admettra jamais que l'on privilégie les intérêts politiques du moment par rapport à l'honneur du pays et de ses soldats.

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