Analyses

Lettre ASAF 12/06 - Sortir de l'ambiguïté et de la confusion


« Sortir de l'ambiguïté et de la confusion » 

Le 14 juin 2012, aux Invalides, au cours d'une cérémonie qu'il voulait comme il se doit d'union nationale, le président de la République a tenu des propos d'homme d'Etat qui tranchent assez radicalement avec ceux de la campagne électorale.....
Lettre ASAF 12/06 - Sortir de l'ambiguïté et de la confusion
« Sortir de l'ambiguïté et de la confusion » 

Le 14 juin 2012, aux Invalides, au cours d'une cérémonie qu'il voulait comme il se doit d'union nationale, le président de la République a tenu des propos d'homme d'Etat qui tranchent assez radicalement avec ceux de la campagne électorale.....
 
 
Mais ces propos, qui se télescopent avec ceux tenus récemment par un de ses ministres et la responsable du parti de la majorité, laissent place au doute et conduisent à  se demander  si tout ce qui est dit n'est pas finalement l'expression d'un « jeu de rôle » certes dramatique mais bien réel. Rappel des faits.

Du respect dû au drapeau et des responsabilités du garde des Sceaux
« ...Ces cercueils recouverts du drapeau tricolore nous ramènent à l'essentiel. 
« Aux raisons de vivre et de mourir. 
« A l'histoire de notre pays, construite de génération en génération par ceux qui croyaient, qui croient encore, en quelque chose de plus grand que le destin de chacun d'entre nous. » 

Le Président s'inclinait ensuite devant les corps de ces quatre soldats et leur linceul aux couleurs de la France, car ces hommes étaient morts en accomplissant leur  mission ordonnée au nom de la France par le chef de l'Etat, au seul service de notre pays symbolisé par ces trois couleurs.


Or depuis près d'un mois circule sur internet un texte selon lequel :
« Madame TAUBIRA a fait savoir que les délinquants appréhendés le 6 mai pour avoir fait brûler des drapeaux français ne seront pas poursuivis.  Il s'agit d'un geste de liesse pardonnable. »
Une lettre recommandée du président de l'ASAF lui avait été adressée pour s'assurer de la véracité de ces propos ; la réponse de son chef de cabinet datée du 14 juin ne les a pas démentis.
C'est pourquoi l'ASAF se doit de demander au président de la République de bien vouloir faire diligenter une enquête pour établir les faits et prendre le cas échéant les mesures qui s'imposent en réponse à des propos inacceptables de la part d'un ministre.

De la place de l'armée dans la Nation et de la part du budget à lui consacrer
« La France doit à son armée une part éminente de sa grandeur, de son indépendance, de son rayonnement dans le monde aussi. 
« Elle lui doit d'être restée la France, une nation libre, et de pouvoir défendre l'idée qu'elle se fait de la dignité de l'Homme. 
« Elle lui doit de pouvoir veiller sur son idéal. » 

Le Président pouvait-il être plus clair sur le rôle central et spécifique que joue l'armée dans notre pays ?


Or quelques jours auparavant Madame Aubry déclarait :
« ...Il y a des économies à faire, par exemple, dans le domaine de la Défense. » 
Elle a ajouté de manière assez ambiguë : « ...Il y a un accord avec l'armée - nous y avons beaucoup travaillé - pour réduire l'armée. »
A cet égard, aucune précision n'a encore été apportée par le ministre de la Défense sur la teneur de cet éventuel accord et sur la nature des économies envisagées.

Ces propos sont d'autant plus surprenants que les capacités militaires que la France devra  posséder dans les années à venir seront redéfinies à l'occasion de la révision du Livre Blanc prévue au cours du 2ème semestre 2012 !
Annoncer des réductions avant d'évaluer les besoins est l'expression d'une démarche  incohérente, voire trompeuse, ce qui est pour le moins inquiétant quand il s'agit d'un domaine vital pour la Nation.

Il faut des dirigeants rigoureux et tenir des propos sérieux
Ces « dérapages verbaux » ne laissent plus indifférents les Français soucieux de l'honneur de la France et de la force de leur armée.
D'ailleurs, il n'est pas certain que, dans les mois à venir, les soldats qui ont connu l'épreuve du feu et du sang, et ainsi mesuré l'importance vitale des bons équipements et d'un entraînement intense et réaliste, acceptent en silence les coupes claires annoncées.
Eux qui ont fait depuis 30 ans - avec un budget divisé par deux - des sacrifices qu'aucun autre ministère n'a consentis, ne supportent plus de continuer à payer alors que la plupart des autres ministères sont loin d'avoir fourni les mêmes efforts. 

A cet égard,  les soldats peuvent compter sur l'appui d'un nombre croissant de Français qui estiment que la réduction des capacités de notre armée est dangereuse au moment où les menaces et l'instabilité n'ont jamais été plus réelles depuis la fin de la guerre froide. 
Ces Français, conscients des déficits creusés avant tout par la démagogie de nombre de responsables politiques depuis 30 ans, ne veulent pas que dans 20 ans leurs enfants ne disposent plus d'une armée solide capable de garantir protection, indépendance et liberté.

Réduire le budget de la Défense aujourd'hui, c'est perdre très vite notre indépendance et notre crédibilité, c'est fragiliser nos PME de haute technologie et réduire nos possibilités d'exportation, c'est enfin affaiblir l'une des rares institutions encore capable d'intégrer dans la communauté nationale des Français en voie de marginalisation.


L'armée est en temps de crise un véritable atout pour la France ; il convient donc de ne pas l'affaiblir.
Il faut cesser de faire croire que son budget est un bas de laine qui permettra de régler la crise et réduire le poids de la dette ; c'est faux. Rappelons simplement que les seuls intérêts de la dette versés à fonds perdus correspondent à plus d'une fois et demie le budget de la Défense ! 
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