Analyses

Lettre ASAF 15/06 de juin 2015 : Leçons d’histoire pour aujourd’hui.


Les Français viennent de célébrer, le 8 mai, le 70e de l’anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie en attendant celle du Japon, le 2 septembre...

Lettre ASAF 15/06 de juin 2015 : Leçons d’histoire pour aujourd’hui.

Les Français viennent de célébrer, le 8 mai, le 70e de l’anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie en attendant celle du Japon, le 2 septembre. Mais leurs dirigeants se souviennent-ils de ce qui leur en a coûté :

- de ne pas avoir conçu et préparé un outil militaire moderne et entraîné, capable de vaincre un ennemi pourtant bien identifié?

- de ne pas avoir conduit une politique de Défense en cohérence avec la politique étrangère ?

- d’avoir abusivement lié notre politique étrangère à celle de leur allié britannique, dont la situation géographique, pourtant, n’avait rien de comparable ?

- d’avoir refusé de voir la montée en puissance inexorable d’une idéologie conquérante et d’une armée de 3 millions d’hommes ?

- d’avoir cru, après la terrible saignée de la Première Guerre mondiale, que celle-ci était effectivement la « der des der » et d’avoir tiré, comme on le dirait aujourd’hui, les «dividendes de la paix »?

Il y a là matière à réflexion pour notre époque !


De l’effondrement au redressement

Alors que l’Allemagne nazie mobilisait toutes ses ressources et organisait méthodiquement le travail de son peuple et la montée en puissance de son armée, la France, après avoir privilégié l’acquisition de nouveaux droits et réduit le temps de travail, n’a entendu les bruits de bottes qui résonnaient au-delà du Rhin que trop tardivement.

Pourtant, qui ne sait que la paix se défend en préparant la guerre, avec rigueur et constance ? Faute de clairvoyance et de vision politique courageuse à long terme dans les années 1930, notre pays a subi, pendant cinq ans, une guerre entraînant la mort de plus de 560 000 Français, militaires et civils, et faisant des millions de blessés. La France en est sortie exsangue et divisée, marquée à jamais par le poids de l’humiliation.


La France s’est finalement redressée grâce à l’héroïsme, d’abord, de quelques Françaises et Français, et d’étrangers pour lesquels notre pays était devenu leur patrie d’accueil. Puis la Résistance n’a cessé de croître, pour compter à la fin de la guerre, plusieurs centaines de milliers de combattants.

Ces hommes et ces femmes qui venaient d’horizons différents et de toutes les couches de la société n’étaient ni de droite ni de gauche, mais avant tout des patriotes.

C’est aussi grâce à Koenig, qui, tenant Bir Hakeim, a donné aux Anglais les délais supplémentaires pour arrêter l’Afrika Korps avant qu’elle n’atteignît Suez.

C’est Juin, qui a ouvert la route de Rome aux Alliés en contournant les troupes allemandes par un itinéraire impossible.
C’est Leclerc, qui, après une épopée incroyable, a libéré Paris et Strasbourg comme il en avait fait le serment à Koufra.
C’est enfin de Lattre, qui, avec une armée de 350 000 hommes composée de vétérans de l’Armée d’Afrique et d’évadés venus de Métropole puis, après son débarquement en Provence, de jeunes résistants « amalgamés », a pénétré en Allemagne, conquis Stuttgart et eu l’honneur de signer, au nom de la France, la capitulation allemande. Leclerc signera à son tour la capitulation japonaise, quatre mois plus tard, aux côtés de Mac Arthur.

Cette histoire est celle du redressement extraordinaire de la France initié le 18 juin 1940. C’est à des chefs militaires exemplaires, à des soldats français ou servant la France avec amour, à des maquisards courageux prêts au sacrifice, aux agents des réseaux de renseignement trop souvent occultés et sans lesquels les Alliés n’auraient pu réussir les opérations de débarquement, notamment en Normandie, que nous devons d’être libres aujourd’hui, non à une classe politique épuisée qui s’est montrée aveugle.


Connaître l’Histoire de France : un devoir

La connaissance de l’histoire nationale est essentielle pour comprendre les faits et en tirer des enseignements. Si l’Histoire ne se répète jamais à l’identique, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Seuls l’effort, le courage, la clairvoyance et l’unité du peuple permettent de conduire un projet politique qui garantisse la sécurité et l’indépendance de la Nation. C’est d’ailleurs pour cette raison que le général de Gaulle rappelait que « la Défense est le premier devoir de l’État », car la protection des Français, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale reposent d’abord sur la force de nos armes.

Dans ces conditions, tout ce qui contribue à effacer chez les Français la connaissance et la compréhension de leur histoire, fondement de leur identité, tout ce qui gomme les héros et le patriotisme – dont la fête officielle, le 2e dimanche de mai, a été passée sous silence –, tout ce qui conduit les responsables politiques à culpabiliser systématiquement notre peuple en s’adonnant ridiculement au rite de la repentance, affaiblit la France au même titre que de ne pas attribuer aux armées des ressources financières suffisantes.

C’est pourquoi l’ASAF est engagée dans un combat contre la désinformation et les manipulations de notre histoire militaire.

Elle se bat pour que notre pays dispose aujourd’hui, et plus encore demain, comme cela n’a pas été le cas, hélas, il y a 75 ans, d’une armée forte, bien équipée et entraînée, connue et soutenue par des Français unis et fiers de leur histoire, pour faire face à ses devoirs et être capable d’assumer ses responsabilités.

LA RÉDACTION

Commentaires (4)
  • Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)
    15 juin 2015 à 23:59 |
    Notre désarmement comme pendant la période de montée du péril nazi est d'abord moral.
    Pour lutter contre la barbarie, pour accepter des dépenses pour accepter des sacrifices il faut avoir le sentiment d'appartenir à une même humanité il faut avoir le sentiment d'appartenir à une même patrie.
    * * *
    La France a apporté au monde, après le génocide Nazi qui ravagea l'Europe pendant plus de 12 ans, sa fraternité telle qu'elle est inscrite dans la déclaration universelle des droits de l'homme.
    "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."
    La barbarie (qui n'est pas la guerre) peut-être considérée comme une rupture de cette fraternité universelle.
    Car la guerre, (sauf lorsqu'elle est menée par des barbares), est régie par un principe d’universalité qui ne nie pas la commune appartenance des belligérants à une même humanité. Pour autant celui qui porte la violence des armes souffre de la rupture d'humanité que provoque le fait de tuer des hommes et la fraternité lui permet de revenir en humanité et de guérir son âme.
    * * *
    Or notre fraternité n'est plus enseignée on lui substitue actuellement un jargon de sociologue "le bien vivre ensemble" en quelque sorte un hédonisme républicain qui nous fait donc éviter le déplaisir de la guerre.
    Quant au patriotisme c'est devenu un gros mot, on oublie aujourd’hui que c'est d'abord l'amour des siens et qu'il est donc proche du respect de l’autre c’est à dire de la fraternité .

    Cette situation est dramatique car lorsque l'on ne cultive plus la fraternité on détruit le socle de valeur commune qui permet à chacun de penser de croire dans la philosophie dans la religion de son choix.
    Et si dans le même temps on multiplie les cérémonies dites patriotiques en les catégorisant par souci de clientélisme (chacun se rendant à la sienne pour entendre le discours de son choix) . On détruit devant nos morts ce qui nous reste de fraternité et de patriotisme.
    Ce qui explique le désintérêt croissant des AC pour ces cérémonies qui les éloignent et de la fraternité dont ils ont besoin pour se guérir des actes de guerre.
    En multipliant les dates mémorielles on procède de fait à la destruction du patriotisme (c’est comme le latin pour tous!!!).

    C’est ainsi que nous détruisons nos libertés individuelles. Plus l'espace de valeurs communes est étroit moins nous avons de libertés individuelles. (et même que lorsqu'il n'y en a plus nous sommes en dictature).
    Il devient de plus en plus difficile de mourir simplement pour la France.
    Le rapport KASPI n’aborde pas les effets ravageurs de la multiplicité des dates. Il propose seulement de "moderniser" . Or il ne s'agit pas de cela il s'agit de refonder nos valeurs républicaines et ce dans un espace européen pour faire accepter l'acte de guerre et les moyens qui vont avec avant, pendant et après.

    S’ils veulent vaincre la barbarie, il est urgent que nos élus parlent de l’amour de l’humanité, de la fraternité de notre république, du patriotisme des français, alors les sacrifices pourront être acceptés.
    Souhaitons donc que ces deux mots chers au cœur des français appartiennent à nouveau aux éléments de langages, et alors nos armées retrouveront leur crédits et leurs moyens pour peu qu’elles sachent bâtir « un projet d’entreprise » indépendant des contingences comptables.
    Sinon la barbarie qui s’étend du Sahel au Moyen-Orient et qui peut frapper chaque endroit de la planète associée aux migrations économiques associées nous rongera encore longtemps.
  • Stéphane J.X BEAUMONT
    16 juin 2015 à 08:19 |
    Ce billet recense parfaitement les défis auxquels notre engagement au sein de l'ASAF se doit de répondre. Donc, plus d'obligations que de droits sont à l'ordre du jour, ce qui me va bien quand il s'agit de la France.
    Merci
  • Philippe Weber
    29 juin 2015 à 21:51 |
    Plutôt que de regarder dans le rétroviseur de l'Histoire, regardons devant nous.
    Selon l'analyste canadien Michel Chossudovsky, les Etats-Unis étudieraient au sein du Congrès, la possibilité d'une guerre préventive contre la Russie, ce qui risquerait d'embarquer l'Europe "Otanisée" dans l'enfer d'une 3GM. Sachant ce que deviennent les supplétifs, la France n'a pas à être "le harki" des Etats-Unis. Parmi nos 5000 généraux, il y en a t-il un qui est assez courageux pour le dénoncer publiquement haut et fort ? ( désolé pour les fautes de frappe)
  • Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)
    19 septembre 2015 à 17:53 |
    Vous écrivez dans votre article:
    Connaître l'histoire de France , un devoir"

    Le problème n'est pas seulement celui de la connaissance, c'est d'abord et toujours celui de la "critique objective" des faits rapportés.
    Deux exemples:
    Libération de Paris; le 24 août au soir (et non pas le 25) c'est une compagnie d'anarchistes espagnols qui arrive dans Paris sous les ordres d'el capitan Dronne .
    Au sein de la 9° compagnie du RMT avec des Half tracks au nom évocateur Guadalajara, Brunete, Teruel, Ebro, Santander, Guernica. et même Pinguin.
    C'est Don Quichotte qui libère l'hôtel de ville.
    Ces noms furent gommés pendant plus de 50 ans de l'histoire officielle.
    Et aujourd'hui au gré des images qui circulent sur internet ils retrouvent leurs noms et l'histoire est enfin écrite.

    Pour le serment de Koufra c'est tout aussi étrange

    Juste un petit point d’histoire qui est encore débattu.
    Vous n’avez retenu dans le serment de KOUFRA que STRASBOURG, or Leclerc est de la promotion “METZ et STRASBOURG” et jamais un Saint-Cyrien ne renierait sa promotion.
    Je pense que c’est Metz et Strasbourg qu’il faut retenir.
    De plus l’épopée fût belle aussi belle que l’unité de la République renaissante.
    Les français libres libéraient Strasbourg pendant que les FFI/FTP parisiens du Colonel ROL-TANGUY participaient à la libération de METZ.
    (le colonel FABIEN commandant le 15-1 nouveau (relire le corbillard de jules d’Alphonse BOUDARD )qui avait été commandé par de Lattre à METZ pendant que de Gaulle commandait un régiment de char)
    La France libre sur Strasbourg la résistance sur Metz me semble plus conforme à la geste Gaullienne qui connaissait bien la littérature.

    Deux provinces écartelées ;
    Strasbourg en croix, Metz au cachot ;
    Sedan, déserteurs des mêlées,
    Marquant la France d'un fer chaud ;
    Victor Hugo 1871

    Donc la résistance vers METZ, la Croix des Français libre vers Strasbourg en croix. Cela c’est de la geste gaullienne.
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