27 juillet 1942 mort au combat du SAS français André ZIRNEHLD, auteur de la fameuse « prière du para »

Posté le lundi 27 juillet 2020
27 juillet 1942 mort au combat du SAS français André ZIRNEHLD, auteur de la fameuse « prière du para »

Il y a 78 ans jour pour jour, le 27 juillet 1942 mort au combat du SAS français André Zirnehld, auteur de la fameuse « prière du para »


André Zirnheld est né à Paris en 1913 dans une famille juive alsacienne. Élève du pensionnat diocésain de Passy, Il est licencié et diplômé d'études supérieures de philosophie, et nommé en 1937 professeur de philosophie au lycée Carnot de Tunis.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, André Zirnheld est affecté dans une batterie de DCA au Liban. Zirnheld est volontaire pour aller combattre en métropole mais l'armistice du 22 juin 1940 est signé entre-temps. Sans réfléchir, Zirnheld est l’un des premiers militaires à rejoindre la France libre en passant en Palestine alors britannique. Il est condamné pour désertion par un tribunal militaire dit « français », qui confisque tous ses biens en Métropole aggravé du fait qu’il soit juif

Zirnheld est affecté comme simple soldat au 1er bataillon d'infanterie de marine, avec lequel il participe au premier combat d'une unité FFL à Sidi-Barani le 6 septembre 1940.
Début 1941 et en raison de ses nombreux et prestigieux diplômes, le soldat Zirnheld est retiré du front et nommé directeur-adjoint du service d'information et de propagande au Caire. Zirnheld demande rapidement à être renvoyé au front. Il veut absolument se battre pour que son pays - qu’il adore plus que tout - retrouve sa liberté. L’état major des FFL est d’accord mais à la seule condition qu’il devienne officier. Il s’inscrit alors au stage d'élève-officier à l'École des aspirants de Brazzaville en juin 1941.

De retour au Proche-Orient début 1942, Zirnheld se porte volontaire pour le french squadron du tout nouveau Special Air Service (SAS)
Lors de sa première mission, Zirnheld commande une petite équipe qui effectue un raid sur l'aérodrome Berka-3 , détruisant six avions ennemis au sol. Il reçoit alors, comme tout SAS après sa première mission, l'insigne des ailes opérationnelles SAS dites « ailes égyptiennes ». Ses missions suivantes seront le sabotage d'une ligne de chemin de fer, une attaque de véhicules ennemis et de ramener des prisonniers pilotes de la Luftwaffe. Il reçoit alors la la Military Cross anglaise et la Croix de guerre française 🎖

L’ultime mission de Zirnheld est un raid sur la grande base aérienne allemande de Sidi-Haneish, en Égypte. Ce raid est effectué une nuit de juillet 1942 par 18 jeeps armées conduites par des SAS britanniques et français. En quelques minutes, les jeeps, en formation de V inversé, parcourent la longueur de la piste en mitraillant les avions garés. Trente-sept avions ennemis sont détruits sur le coup. Hélas et au retour, une formation de quatre « Stuka » les repère et les mitraille. Zirnheld, touché, mourra quelques heures plus tard. Ses frères d’armes l’enterrent sur place avec les honneurs militaire. Une croix sommaire formée de deux planches est érigée sur sa tombe avec cette inscription : « Aspirant André Zirnheld, mort les armes à mains pour la France le 27 juillet 1942 »

Un peu avant sa mort, il dit à ses compagnons : « Je vais vous quitter. Tout est en ordre en moi. », et leur demande de s'occuper des papiers dans son barda. C'est l’aspirant Martin qui aurait découvert le carnet de Zirnheld dans lequel celui-ci a écrit la fameuse prière du para en 1938
Zirnheld sera cité à l'ordre de la Libération, avec comme commentaire : « Excellent chef, calme et audacieux. ». Une attitude qui convient parfaitement à la devise des SAS, « Who dares wins » (Qui ose gagne). Il sera également fait Compagnon de la Libération à titre posthume par le général de Gaulle.

 

 

Jean-Louis VENTURA
Le 27 juillet 2020

 

 

La prière du Para :

« « Je m’adresse à vous, mon Dieu
Car vous donnez
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité,
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse,
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement,
Que vous ne devez plus en avoir !
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi, ce que l’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude
Je veux la tourmente et la bagarre,
Et que vous me les donniez, mon Dieu,
Définitivement.
Que je sois sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas,
Mais donnez-moi aussi le courage,
Et la force et la foi.
Car vous êtes seul à donner
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi. »

 
Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr