INNOVATION : La France crée son Agence de l’innovation de défense. LIBRE OPINION d'Alain Henry de FRAHAN

Posté le vendredi 14 septembre 2018
INNOVATION : La France crée son Agence de l’innovation de défense. LIBRE OPINION d'Alain Henry de FRAHAN

L’Agence de l’innovation de défense, rattachée au Délégué général pour l’armement, a été officiellement créée le 1er septembre 2018. Cette agence est l’acteur central de la nouvelle stratégie d’innovation du ministère des Armées : « Elle va rassembler tous les acteurs du ministère et tous les programmes qui concourent à l’innovation de défense. Elle sera le phare de l’innovation du ministère, ouverte sur l’extérieur. Elle sera tournée vers l’Europe, visible à l’international. Elle permettra l’expérimentation, en boucle courte avec les utilisateurs opérationnels. » a déclaré Florence Parly, ministre des Armées, le 28 août à l’université d’été du MEDEF.

Florence Parly, en concertation avec Joël Barre, Délégué général pour l’armement, a nommé Emmanuel Chiva au poste de directeur de l’Agence de l’innovation de défense à compter du 1er septembre 2018.

 Biographie

Agé de 49 ans, Emmanuel Chiva est qualifié d’« entrepreneur multirécidiviste à succès ». Cet homme n’est pas issu du sérail de la Direction générale de l’Armement (DGA). Il travaille depuis plus de vingt ans dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la simulation militaire. Il était jusqu’alors directeur général adjoint en charge de la stratégie et du développement de la société Agueris, spécialisée dans la simulation opérationnelle et l’entraînement pour les systèmes d’armes. Il est de surcroît président du comité innovation du Gicat (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) où il s’est occupé du programme « Generate » pour aider des start-up à intégrer le monde de la défense.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Emmanuel Chiva est docteur en biomathématiques avec une spécialisation en intelligence artificielle et dans le domaine des systèmes complexes et du biomimétisme. Auditeur de la 49e session nationale « Armement & Economie de Défense » de l’IHEDN, il est également officier de réserve de la Marine nationale.

Florence Parly a salué cette nomination en déclarant : « C’est l’homme de la situation : il connaît la défense, il connaît l’entreprise, il connaît l’innovation et possède une inépuisable envie d’entreprendre. Sa nomination illustre parfaitement ma vision de l’innovation de défense : ouverte sur la recherche et l’économie civile, pour qui l’entreprenariat n’est pas un concept mais une réalité.»

Dans Les Echos, Anne Bauer a qualifié la nouvelle agence de pilier maître pour faire secouer la belle endormie – la DGA – dont la ministre exige une profonde réforme. La ministre reproche à la DGA de travailler en silo sur des programmes de très long terme, sans prêter suffisamment attention aux innovations venues du monde civil. Elle mise beaucoup sur la réunion sous un seul toit de tous les acteurs et programmes de soutien à l’innovation : études amont de la DGA, fonds d’investissement Def’Invest, crédits pour les thèses, aides Rapid pour les PME, Defense Lab, pour donner un coup de fouet à l’innovation.

Au total, rapporte encore Anne Bauer, ce guichet unique devrait avoir une puissance de frappe d’un milliard d’euros. « L’agence sera le phare de l’innovation du ministère, ouverte sur l’extérieur. Elle sera tournée vers l’Europe, visible à l’international. Elle permettra l’expérimentation, le soutien. Elle laissera toute sa chance à nos entrepreneurs. Elle entretiendra la soif de l’audace plutôt que la peur de l’échec », a-t-elle promis dans son discours au Medef.

Seul bémol, ajoute encore Anne Bauer : la technostructure a eu raison des souhaits de l’entourage de Florence Parly de sortir complètement la nouvelle agence du giron de la DGA. Emmanuel Chiva reste sous la tutelle du Délégué général pour l’armement, Joël Barre. L’agence sera essentiellement constituée des équipes de la DGA, une petite centaine de personnes. Le nouveau directeur s’est toutefois ménagé la possibilité de pouvoir recruter hors du système de la DGA et des armées s’il en a besoin. Une ouverture assurément précieuse.

Le texte de la Loi de Programmation Militaire 2019-2025 consacre dix pages à l’innovation et la modernisation. L’enjeu consiste à « garantir l’autonomie stratégique de la France et la supériorité opérationnelle de nos forces ». Elle prévoit d’allouer 1 milliard d’euros par an d’ici À 2022, contre 730 millions aujourd’hui. Notons que le projet de la LPM mentionnait 1,8 milliard. Et il y est question d’augmentation progressive du budget. Et la coopération étroite avec le secteur civil y est promue avec beaucoup d’insistance. Donc, c’est un job taillé sur mesure pour Emmanuel Chiva. Alors, bon travail, Monsieur Chiva… et bonne chance !

 

Alain Henry de FRAHAN
FOB
5 septembre, 2018

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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