ALSTOM, la guerre souterraine

Posté le vendredi 09 août 2019
ALSTOM, la guerre souterraine

Dans un entretien, qui s'écoute comme un roman d'histoire ou d'espionnage, Frédéric Pierucci, l'ancien directeur commercial d'Alstom Power, décrit tous les chantages qui permettent aux multinationales états-uniennes de faire plier les politiciens à Paris comme à Bruxelles.

Chacun se souvient que Frédéric Pierucci a été pris en otage par le gouvernement US dans le cadre d'une guerre économique impitoyable, qui ne dit pas son nom, menée par les USA contre leurs alliés (dont la France et l'Allemagne).

Il nous raconte de manière très claire comment la justice et l'extraterritorialité du droit américain sont instrumentalisées pour prendre le contrôle de nos fleurons industriels. 

Il nous raconte aussi les conditions d'incarcération dans les prisons américaines et le triste fonctionnement de la justice dans ce "modèle US de démocratie occidentale"....

Pour visionner (2h15) ce témoignage absolument passionnant et particulièrement édifiant décrivant les réalités d’une guerre souterraine qui menace notre indépendance stratégique, cliquez sur le lien ci-dessous :

 https://www.youtube.com/watch?v=dejeVuL9-7c    



Complément provenant de la Commission de la Dégfense nationale et des forces armées

Les réponses faites par le chef d’état-major de la Marine et le directeur des applications militaires du commissariat à l’énergie atomique lors de leurs auditions en juin et juillet 2019 devant la Commission de la Défense et des Armées aux questions posées  à ce sujet par deux députés  ne contribuent pas à lever les interrogations relatives à notre indépendance stratégique après la vente des turbines à General electric.


Extraits d’audition

(…)

Question de madame Natalia Pouzyreff (députée de la Commission de la Défense nationale et des forces armées)

Alstom fournissait les turbines nucléaires du Charles De Gaulle et des sous-marins nucléaires, avant son rachat par l’américain General Electric. Les turbines à vapeur étaient produites par GE via sa filiale Thermodyn. Vous avez insisté sur le fait que concevoir et entretenir des sous-marins était essentiel et au centre des préoccupations. Quel est votre sentiment sur la dépendance de notre flotte de sous-marins au regard de cette production aux mains de GE ? Je pose cette question car j’ai été membre de la commission d’enquête chargée d’examiner les décisions de l’État en matière de politique industrielle, au cours de laquelle ce sujet a été évoqué.

Réponse du CEMM (chef d’état-major de la Marine)
Vous m’avez interrogé sur notre BITD, le maintien des compétences et les risques d’obsolescence concernant les turbines. Loin de moi l’envie de me défausser mais, en l’espèce, je ne suis pas compétent pour vous répondre car c’est bien la responsabilité de la direction générale de l’armement (DGA) de s’assurer du maintien des savoir-faire. Cela recouvre deux aspects. D’abord, il s’agit de garantir le caractère national de ces savoir-faire. Ensuite, il s’agit de gérer les effets du temps et d’anticiper l’obsolescence des matériels comme des hommes.
Par exemple, un porte-avions comme le Charles de Gaulle, c’est cinquante ans de durée de vie. Puisque nous évoquions son successeur, il faut avoir conscience qu’il entrera en service vers 2038, et qu’il le sera toujours en 2090 ! Il faut donc veiller à maintenir notre capacité à le concevoir aujourd’hui, mais également à l’entretenir dans le futur. Il en va de même pour les sous-marins, qu’il faut être en mesure de maintenir durant quarante ans. Se pose donc la question, à un moment donné, de notre indépendance nationale pour la conception et la construction, mais il ne faut pas négliger notre capacité à entretenir des objets dont la durée de vie est quasiment unique dans l’industrie.
La DGA œuvre donc à l’animation de notre BITD, et identifie les domaines dans lesquels il nous est possible de partager des savoir-faire – par exemple la maintenance des tourelles de 76 millimètres des FREMM est confiée à des acteurs italiens – et ceux qu’il nous faut être en mesure de maîtriser de manière autonome – c’est le cas de l’entretien de la bibliothèque de guerre électronique des FREMM.

Mme Natalia Pouzyreff : À ce sujet, êtes-vous satisfait du service fourni par une entreprise comme General Electric ?

CEMM
En l’état actuel des choses, oui.

(…)

Question de M. Joaquim Pueyo (député de la commission de la Défense nationale et des forces armées)

« Je souhaiterais, Monsieur le directeur, connaître votre point de vue sur la production de turbines américaines, fabriquées depuis quelques années par General Electric.
À plusieurs reprises, la question de notre indépendance s’est posée ; or vos ingénieurs ont développé un nouveau type de réacteur d’essai, auquel vous avez consacré un livret au mois d’octobre dernier.
À l’avenir, nos sous-marins seront-ils équipés de turbines fabriquées par des sociétés françaises ? En effet, il y va de notre indépendance. Je rappelle les propos tenus à cet égard par Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui, devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale au mois de février 2018, au sujet de la vente en 2014 aux Américains de l’activité de fabrication des turbines des sous-marins nucléaires d’Alstom, déplorait une perte absolue de souveraineté.

Réponse de M.François Geleznikoff (directeur des applications militaires du commissariat à l’énergie atomique)
Le suivi des composants des chaufferies est effectué au niveau de l’État, composant par composant. Des industriels peuvent être rachetés par d’autres, ce qui constitue une préoccupation particulière. Il est de la responsabilité du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) de déceler les éventuelles difficultés et d’agir en conséquence. De notre côté, nous intervenons pour éviter de dépendre d’approvisionnements étrangers pour des composants cruciaux. Dans l’hypothèse où une perte d’accès irrémédiable serait constatée, nous devons toujours être en mesure de définir une source d’approvisionnement alternative auprès d’autres industriels nationaux. Je vous garantis que l’État est on ne peut plus attentif en la matière.

Le président de l’ASAF



Source photo : Tom Remick

Source : www.asafrance.fr
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