ARMÉE DE L'AIR : Deux questions au général LAVIGNE, chef d’état-major de l’armée de l’Air.

Posté le lundi 17 décembre 2018
ARMÉE DE L'AIR : Deux questions au général LAVIGNE, chef d’état-major de l’armée de l’Air.

1.  Olivier Becht (député) sur le SCAF […]
Quel est votre avis concernant le programme qui se déroule actuellement en Chine, dévoilé peu avant l’été, dit « Épée sombre », d’avion de sixième génération.

Général Philippe Lavigne (CEMAA) […] Le cœur de la problématique est effectivement de conserver, à l’horizon 2040 et plus, cette supériorité en opérations. Nous avons listé une somme de menaces portant sur les technologies et les ruptures de technologies auxquelles nous devrons faire face. Nous avons identifié les besoins.

En avril 2018, un accord a été conclu entre les chefs d’état-major allemand et français sur les besoins militaires. Depuis, nous travaillons pour savoir comment faire face à ces menaces. Ce système de combat futur sera construit autour d’une plateforme d’avion de combat, habité ou non, polyvalent, autour duquel nous placerons un certain nombre d’effecteurs, des drones, de combat ou non, et un armement. Quoi qu’il en soit, c’est la connectivité qui sera le game changer. Il est essentiel, dans les combats de demain, de pouvoir saisir toutes les opportunités. Il faudra être plus rapide que l’adversaire. La capacité à gérer l’ensemble des données, à se voir présenter des solutions par l’intelligence artificielle et ainsi à pouvoir agir sera déterminante. La connectivité, la collaboration entre tous les acteurs, qu’il s’agisse de drones, de satellites ou de chasseurs, permettront de conserver notre supériorité opérationnelle.

2. Jean-Jacques Ferrara (député), rapporteur pour avis. (Coopération européenne) […] Je souhaiterais connaître votre point de vue sur l’état actuel sur la coopération en matière de Défense.

Général Philippe Lavigne (CEMAA) […] Le domaine des hélicoptères de transport lourd serait propice à la mise en place d’un « Évreux inversé » avec nos partenaires allemands. Quelques pilotes français pourraient être formés sur des hélicoptères de transport lourd allemands, grâce à un système de location d’heures, au profit de nos théâtres d’opérations.

Nous pouvons aussi imaginer une piste européenne dans le domaine du transport aérien très lourd et de très gros volume – nous sommes très innovants dans l’armée de l’Air ! Pensons au C-5 Galaxy et au C-17 américains, ou aux Antonov russes que nous utilisons aussi. Une place existe certainement pour un avion européen de transport lourd volumineux.
Quel serait le besoin? Malheureusement, il s’agit premièrement de catastrophes humanitaires, qui nécessitent des transports très rapides de gros volumes et de poids importants. De nombreux pays européens sont concernés. Deuxièmement, avec le développement de l’initiative européenne d’intervention, un intérêt ira croissant pour des projections de force, par exemple pour des évacuations de ressortissants. Voilà des pistes pour une coopération européenne qui méritent d’être étudiées ! Nous disposons d’une belle industrie aéronautique pour faire face à ce défi

 

Général Philippe LAVIGNE 
Chef d’état-major de l’armée de l’Air
Extraits de l’audition devant la commission de la Défense et des forces armées
(Projet de loi de finances pour 2019 le17 octobre 2018)

 
Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
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