AUDITION du général d’armée Pierre de Villiers, Chef d’état-major des armées le 6 mai 2014

Extrait........ « …Toute entorse à la LPM remettrait en cause ces équilibres qui ont été calculés au plus juste, et donc l’économie de la LPM tout entière.

Posté le vendredi 16 mai 2014
AUDITION du général d’armée Pierre de Villiers, Chef d’état-major des armées le 6 mai 2014

Sur les rémunérations, nos seules marges de manœuvre sont le recrutement, le vieillissement des combattants, ou l’avancement, ce qui ne serait pas bon pour le moral des troupes.

Sur les infrastructures, tout a été fait pour réduire les dépenses alors que les besoins sont grands ; les travaux dans les ports ont été retardés, par exemple. Vous connaissez la situation des matériels : en matière de maintien en condition opérationnelle (MCO), nous avons fait tout ce qui était possible, notamment en prolongeant la durée de vie de vieux équipements.

Quant au fonctionnement, l’an dernier, nous avions tellement réduit les dépenses que le ministre a dû dégager 30 millions d’euros en catastrophe, au mois d’octobre, pour chauffer les bâtiments ! Je ne crois donc pas que l’on puisse gagner encore sur le fonctionnement. Je n’ai rien contre les gains de productivité, mais à un moment, la corde casse ! Ainsi, le ministre a décidé d’accroître les crédits consacrés à l’activité opérationnelle sur la période, en considérant que nous étions arrivés à des seuils où la capacité opérationnelle était mise en cause.

Vous connaissez nos choix budgétaires en matière d’équipement, et vous savez combien ils ont été douloureux. Les hélicoptères interarmées légers (HIL) ont été repoussés à 2027 ! Les quelques programmes nouveaux qui doivent être lancés sont la seule marge de manœuvre. Je ne vois donc pas comment aller au-delà de ce qui a été fait.

Je demeure optimiste, positif, parce que la LPM a été élaborée par des gens responsables et compétents ; mais elle ne peut pas être aménagée : si on la retouche, alors ce sera une autre LPM. Voilà le discours que nous tenons, que tient le ministre de la Défense, que tiennent les chefs d’état-major. C’est pourquoi je compte sur votre soutien.

La Défense a déjà beaucoup contribué à la réduction des dépenses publiques : nous aurons perdu 80 000 postes entre 2008 et 2018, et 40 milliards d’une LPM à l’autre ! C’est déjà un effort absolument considérable. N’oublions pas qu’aujourd’hui, notre armée combat sur des théâtres dangereux : nous avons 9 000 hommes engagés dans des opérations extérieures.

Si l’on devait aller plus loin dans la réduction des dépenses, les conséquences seraient nécessairement importantes : les capacités opérationnelles seraient touchées, ainsi que nos capacités industrielles, ce qui entraînerait des pertes d’emplois ; enfin, la conséquence la plus inquiétante serait sociale, car les personnels auraient du mal à l’accepter. »

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Source : Assemblée nationale
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