Aux racines du poison intellectuel français. LIBRE OPINION de François TORRES

Posté le jeudi 04 avril 2019
Aux racines du poison intellectuel français. LIBRE OPINION de François TORRES

Les récentes attaques contre l’armée française font « système » par la variété et la persistance renouvelée des agressions à propos de l’Algérie, du Rwanda, contre les Lycées militaires et récemment contre les Saint-Patrons des armes.

Leurs racines sont historiques et idéologiques.

Elles s’inscrivent dans le mouvement « déconstructeur » des armatures de la civilisation occidentale initié après 1945 par le philosophe allemand Heidegger un moment impressionné par le nazisme et dont l’influence se retrouve, entre autres, chez Sartre, Simone de Beauvoir, Derrrida et Bourdieu, pape de la théorie de la « violence symbolique » des modèles sociaux dominants, à l’origine, entre autres, de la théorie du « genre », dilatée aujourd’hui par porosité et amalgame en racisme anti-blanc, les populations noires, s’estimant, comme les femmes, victimes du symbolisme répressif exercé par le « mâle blanc ».

La philosophie « déconstructrice » est un dangereux poison. Sans trop savoir ce qu’on mettra à la place, elle confine de manière suicidaire, à détruire notre barque occidentale et française objet d’une haine indéfectible après le traumatisme de la Shoah - Heidegger, pape des « déconstructreurs », sait de quoi il parle, ayant lui-même flirté avec le Nazisme dont il a dit de manière ambiguë, que « son essence barbare était sa possible grandeur - Der Nationalsozialismus ist ein barbarisches Prinzip. Das ist sein Wesentliches und seine mögliche Größe. » -.

La pensée toxique, nihiliste et proche du suicide, s’est attaquée en vrac aux philosophes occidentaux de Platon à Descartes en passant par Aristote, Rousseau et Levi Strauss. Son œuvre dévastatrice a démantelé l’autorité à l’école, l'enseignement, ses programmes et ses méthodes, affaibli la justice et introduit le doute dans les armées (souvenons-nous des comités de soldats). Sa théorie fut perpétuée chez nous par le mimétisme de sociologues comme Derrida dont la puissance d’influence est considérable dans le monde universitaire.

Elle se diffuse à partir des éminentes structures académiques que cependant Derrida critique, comme l'Académie des Sciences Sociales et l’École Normale Supérieure rue d’Ulm, où il était professeur.  

Rue d'Ulm, temple intellectuel de la France, précisément là où eut lieu récemment le dernier colloque agressif contre la France et son armée au Rwanda dont une des caractéristiques fut qu’il n’eut aucun des ingrédients d’un débat contradictoire académique, mais tout d’un procès à charge, ayant le parfum maladif et toxique d’un tribunal révolutionnaire, principale référence historique d’une grande partie de nos enseignants.

Patrice De Beer, anticolonial primaire, admirateur des assassins Khmers Rouges dont, en avril 1975, il pensait aveuglément et par système, qu’ils avaient « libéré Phnom-Penh » et Serge July, fondateur du journal Libération, un des creusets alchimiques du poison intellectuel qui voyait dans les Ayatollahs iraniens des « porteurs de joie », sont les enfants de cette pensée, toujours à l’œuvre aujourd’hui.

Son successeur au journal, Laurent Joffrin perpétue la tradition déconstructrice.

De manière insistance et répétitive, au nom de la vérité, cependant uniquement examinée à charge, trempant sa plume dans le venin destructeur, il attaque avec d’autres l’armée française au Rwanda, remet en cause ses vieilles traditions de parrainage des armes par des Saints du calendrier ; par un très suspect anachronisme historique, il récuse un parrain de promotion de Saint-Cyr accusé d’être d’extrême droite et antisémite ; enfin, il alimente sans nuance de manière répétitive une polémique faites d’insinuations calomnieuses et de fausses controverses (*), injuriant sans le moindre recul, ni mise en perspective, les membres de la  corniche militaire de Saint-Cyr, accusés d’être des misogynes antiféministes brutaux et sectaires.

 

*

Alors que nombre d’observateurs croient que nos modes empruntent aux États-Unis c’est en réalité l’inverse. Les idées de Derrida, héritées de Heidegger, eurent une grande influence en Amérique où elles sont connues et relayées sous le vocable générique de « French Theory ».  

En dépit des critiques cinglantes de Noam Chomsky linguiste d’origine juive au MIT, qui fut, contrairement à Heidegger, ennemi déclaré du Nazisme à ses débuts et flirta un temps avec l’anarchisme : « On va d'une absurdité à l'autre - stalinisme, existentialisme, structuralisme, Lacan, Derrida - les unes obscènes (le stalinisme) et d'autres simplement infantiles ou ridicules (Lacan et Derrida) », la « French Théorie » eut aux États-Unis un impact qui surprit Derrida lui-même.

Elle fut en partie une des racines de la « Beat Generation », (Jones Irwin, Docteur en Philosophie « Derrida and the writing of the body »,  2010) dont le nom emprunte à « beat » (foutu, à bout de souffle exténué- sous-entendu par les dérapages de l’Occident).

Mouvement littéraire non conformiste, horrifié par Nagasaki et Hiroshima, à tendance nihiliste et anarchiste, opposé à la guerre du Vietnam, il revint en Europe comme un boomerang avec les « Beatniks » et chez nous en mai 1968, sous le masque d’une révolte des étudiants. Certains disent même qu’il fut à l’origine de la révolution culturelle chinoise ce qui entièrement est faux.

Quant aux « déconstructeurs » de l’armée qui par antimilitarisme primaire, critiquent la tradition des Saint Patrons des armes, ils ne se rendent pas compte que, dans leur haine sectaire des militaires et faisant feu de tout bois pour discréditer les armées,, ils donnent du grain à moudre à la théorie du « grand remplacement » que pourtant, ils vouent aux gémonies.

Quoi de plus inquiétant en effet pour les adeptes des racines culturelles françaises effrayés par le brassage culturel à trop forte dose, qu’au milieu des angoisses de la bascule démographique provoquée par une immigration de populations en majorité musulmanes, ces diatribes répétées par des soldats héritiers d'un radicalisme inquisiteur, attaquent en vrac et au nom de la laïcité mal comprise, les crèches, les processions, les vêtements traditionnels des prêtres et maintenant, Saint-Georges, Sainte-Barbe, Saint-Gabriel ou Saint-Luc. 

Dans leur obsession antimilitariste, travaillés par le projet de mettre les armées aux normes d’une société sans références historiques ni traditions, dépouillées de leur esprit de corps et de cette saveur particulière enracinée dans l’histoire, sources du panache et de l’identité, les radicaux de la neutralité dans les armées, propagent la pire des angoisses existentielles qui soit pour une population inquiète de la disparition de sa culture.  

Que ce débat surréaliste par ces temps de pré-guerre civile ait occupé les députés de la Commission de la Défense Nationale, sollicités par la République en Marche et la France Insoumise, montre à quel point le poison est encore actif. Lire à ce sujet : l’article de Laurent Lagneau-, paru sur le site de l’ASAF. https://www.asafrance.fr/item/quand-des-deputes-decouvrent-les-saints-patrons-dans-les-armees.html

Aux intellectuels français « déconstructeurs » par idéologie de la France et de son armée, le moment est venu de rappeler que la recherche de la vérité dont ils se targuent, ne peut se satisfaire d’un angle de vue à viseur unique et sans nuance.

Récemment, en Chine, au milieu d’une mise au pas normative frappant notamment la recherche académique sommée de « penser juste » et de « limiter ses échanges avec l’Occident », eut lieu à Pékin une incidence contrastée dont la dissonance politique avec la fermeture académique du régime ne manquera pas de susciter l’agacement du pouvoir en même temps que des débats politiques internes dans la sphère des intellectuels chinois.

Le 20 mars, Larry Bacow, Président de l’Université de Harvard prononçait à l’Université de Pékin juste avant d’être reçu par Xi Jinping, le n°1 chinois adepte de la fermeture académique pour se protéger des idées universitaires occidentales, un long discours sur la fraternité académique des chercheurs et l’intérêt pour les meilleures universités de la planète d’échanger des idées et d’accepter d’écouter les opinions contraires.

 

Plusieurs de ces remarques méritent attention :

1.- « Prendre le contrepied de la sagesse conventionnelle et accepter d’accueillir des opinions contraires au risque de se tromper, demande beaucoup de courage et de détermination » (…) « Les grandes universités développent ces qualités. Ce sont des lieux où les individus sont encouragés à écouter et à parler, où la valeur d’une idée est discutée et débattue - et non supprimée ou réduite au silence. (…) ».

2.- « Si voulons êtres les apôtres de la vérité, nous devons apprécier la diversité dans toutes ses dimensions possibles, inviter dans nos communautés les personnes qui défient notre pensée et les écouter. Surtout, nous devons accepter la tâche difficile d’être rapide à comprendre et lent à juger. ».

 

François TORRES
avril 2019

 

Note :

(* ) Selon les termes de la lettre ouverte adressée à Laurent Joffrin par le CEMAT, en date du 21 juin 2018. https://www.officierunjour.net/editoriaux/lettre-du-cemat-%C3%A0-lib%C3%A9ration/

 Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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