CONFLITS. GAZA : un été à risque.

Posté le vendredi 27 juillet 2018
CONFLITS. GAZA : un été à risque.

De profondes divergences sont apparues entre des ministres israéliens et l’état-major de Tsahal sur la tactique à adopter contre les cerfs-volants et les ballons enflammés lancés de la bande de Gaza. En une centaine de jours, plus de 3 000 hectares ont été incendiés du côté israélien.


Pour une partie des ministres, les islamistes du Hamas doivent payer le prix fort, y compris sous forme d’une opération de grande envergure, comprenant des éliminations ciblées de ceux qui lancent des cerfs-volants même s’il s’agit d’enfants ou d’adolescents. Voire une opération terrestre dans la bande de Gaza avec tous les risques qu’une telle tactique suppose.
En revanche, pour le général Gadi Eizenkot, le chef d’état-major, on ne fait pas une guerre pour des cerfs-volants qui provoquent, certes, des dégâts, mais qui n’ont fait jusqu’à présent aucune victime ni provoqué d’incendies de bâtiments.

L’état-major veut continuer à tirer à l’aide de drones à proximité des lanceurs de cerfs-volants et envisage, en guise de représailles, d’incendier les propriétés agricoles de responsables du Hamas soupçonnés d’encourager le recours à ces torches volantes. Les militaires ne manquent pas de souligner qu’une centaine de cerfs-volants et ballons sont lâchés chaque jour. La moitié d’entre eux sont interceptés et détruits en vol par des drones, et la plus grande partie de ceux qui passent la frontière ne provoquent aucun dommage. Au total, une demi-douzaine de sinistres ont lieu chaque jour. Les renforts de pompiers, aidés des habitants et de volontaires parviennent à éteindre les incendies en l’espace d’un quart d’heure. «C’est grave mais il n’y a pas de quoi parler de catastrophe ou de menace stratégique, comme certains médias ou politiciens ont tendance à le faire», affirme un officier. Selon lui, le recours à cette arme primitive constitue plutôt un signe de faiblesse du Hamas, qui n’ose pas tirer systématiquement des roquettes ou des obus de mortier vers le sud d’Israël de crainte de représailles massives.

Les durs du gouvernement israélien sont, en revanche, favorables à une escalade immédiate, afin de «préserver le pouvoir de dissuasion d’Israël qui ne cesse d’être mis en cause par notre politique de retenue, nos hésitations ce qui pousse le Hamas à faire preuve de toujours plus d’audace, mieux vaut nous jeter à l’eau dès maintenant». Dans un premier temps, le gouvernement a imposé la fermeture de Kerem Shalom, le seul point de passage des marchandises, des carburants en provenance d’Israël destinés à la bande de Gaza, en vue d’exercer des pressions économiques dans une enclave déjà asphyxiée par un blocus terrestre et maritime. Les zones maritimes autorisées pour la pêche ont été ramenées de 9 à 5 milles et pourraient être totalement interdites, privant ainsi des milliers de familles de leur gagne-pain.

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, avait tendance à pencher pour le moment du côté de l’armée. Selon lui, il faut frapper plus fort le Hamas, mais mieux vaut éviter d’avoir affaire à un double front au sud face à la bande de Gaza et au nord, où se trouve la menace qu’il faut gérer en priorité face à l’Iran, au Hezbollah et aux milices chiites en Syrie. Toute la question est de savoir si Benjamin Netanyahu, très sensible aux sondages, ne va pas céder à l’opinion publique, qui, chaque jour, a droit à des images d’incendies provoqués par des cerfs-volants et se demande ce que fait l’armée pour mettre un terme à ces sinistres.

TTU / Stratégie et politique du 23 juillet 2018

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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