LIBRE OPINION du Général de brigade (2S) Joël GRANSON : Hommage au Mdl-Chef Fabien JACQ.

Posté le mardi 08 novembre 2016
LIBRE OPINION du Général de brigade (2S) Joël GRANSON : Hommage au Mdl-Chef Fabien JACQ.

Pour la deuxième fois au Mali un véhicule de l’avant blindé (VAB) d’un régiment du Train a sauté sur une mine et son occupant en est mort.

 

Ce qu’il faut savoir c’est que dans les années 2000, suite à la recrudescence d’attaques sournoises par mine la faiblesse du VAB face à cette menace avait été prise en compte par l’Etat-major. Pour mémoire le VAB est entré en service dans les années 1976.

La Direction centrale du matériel avait été chargée avec l’industriel de proposer des améliorations. J’étais alors chef du bureau Mêlée Mobilité Génie à la sous-direction technique et donc en charge du dossier.

 

Pour protéger un véhicule face à ce genre de menace, il n’y a pas de miracle, il faut blinder.

Qui dit blinder dit ajouter du poids.

Quand on ajoute deux tonnes de blindage sur un véhicule en ordre de combat de plus de dix tonnes cela a des conséquences.

Si on ne veut pas pousser dans les côtes, il faut aussi augmenter la puissance du moteur, donc moteur plus lourd, plus volumineux. Si on veut pouvoir arrêter le véhicule dans les descentes, il faut accroître la capacité de freinage. C’est pourquoi la version T3 « surblindage » a fait perdre la capacité amphibie au VAB.

 

La volonté de départ de l’Etat-major était  donc de surblinder la quasi-totalité des VAB.

Seulement voilà, le Premier ministre de l’époque monsieur Lionel Jospin a décidé une réduction drastique des crédits militaires sans que cela n’amène le chef des armées monsieur Jacques Chirac à réagir.

Résultat : les coupes sombres dans le budget général des armées de ces années-là ont eu des répercussions catastrophiques sur les programmes d’armement et sur la disponibilité des parcs dont on mesure les conséquences au fil du temps.

Il a fallu faire des choix et les unités du train notamment n’ont pas eu leurs VAB surblindés. 

Voici un bel exemple dramatique des conséquences des réductions budgétaires.

Et ce n’est pas fini !

 


 GB (2S) Joël GRANSON

 


 

Source : Général de brigade (2S) Joël GRANSON
Commentaires (2)
  • ZAMMIT Pierre
    09 novembre 2016 à 13:02 |
    Et celà fait plus de 25 ans que, tous gouvernements confondus, la défense est la principale variable d'ajustement des budgets. Et pendant ce temps la dette de la France n'a jamais cessé de croître (2.200 milliards aujourd'hui). Les presque 2% du PIB pour 2022 ou 2025 annoncés par tous ne sont pas à la hauteur du retard accumulé.
  • MICHON JLuc
    09 décembre 2016 à 12:17 |
    Tout à fait d'accord avec ce commentaire de ZAMMIT Pierre relatant cette terrible et systématique "variable d'ajustement des budgets". Comparaison n'est pas raison mais l'Histoire et en particulier la nôtre aurait dû apprendre à nos Politiques à ne pas jouer avec la politique de la tête dans le sable, la sécurité de la Nation en dépend.
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