INDUSTRIE DE DÉFENSE : Manurhin, ancien fleuron de l’industrie française, passe sous contrôle émirien.

Posté le jeudi 09 août 2018
INDUSTRIE DE DÉFENSE : Manurhin, ancien fleuron de l’industrie française,  passe sous contrôle émirien.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse a entériné la reprise du fabricant de machines à produire des munitions Manurhin par un groupe des Émirats arabes unis.

Manurhin, leader français dans le domaine des machines à produire des munitions, a été racheté le 1er août par l’industriel de défense émirien EDIC (Emirates Defense Industries Company). Ainsi en a décidé la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse.

Placée en redressement judiciaire depuis le 13 juin, après une procédure de sauvegarde d’un an, l’usine alsacienne va pouvoir maintenir son activité.

Le ministre de l’économie Bruno le Maire s’est d’ailleurs félicité cette issue dans un communiqué, soulignant que cela va permettre de préserver 104 des 145 salariés et de « pérenniser un savoir-faire industriel exceptionnel ».

 

Fabriquant des revolvers de la police

« Edic reprend l’intégralité de notre carnet de commandes » a souligné dans un communiqué le président du directoire de Manurhin Remy Thannberger, se réjouissant que « plus de deux tiers des effectifs soient conservés ».

Manurhin est en difficulté depuis plusieurs années et peine à se relancer, ne parvenant pas à obtenir un crédit bancaire. L’entreprise dispose pourtant d’un carnet de commandes de plus de 100 millions d’euros, mais accumule les pertes, au point d’être déficitaire de 16,7 millions d’euros en 2017. Elle avait besoin de trouver un repreneur.

Fondé en 1919, Manurhin dispose d’un nom prestigieux. L’entreprise alsacienne a marqué l’imaginaire français des années 1970 en fabriquant les revolvers de la police, dont le modèle MR73, aussi bien porté par les hommes du Raid et du GIGN que par Jean-Paul Belmondo dans le film Peur sur la Ville d’Henri Verneuil. Elle dispose de client dans une soixantaine de pays.

 

Rachats en série

À la fin des années 1990, Manurhin avait vendu son activité revolvers et s’était recentrée sur la conception et la fabrication de machines et de lignes de production de munitions. Les années 2000 ont marqué une période instable pour l’industriel français, successivement repris par les groupes Matra puis Nexter, avant d’être finalement racheté en 2010 par un enfant de la région, Rémy Thannberger, lui-même petit-fils d’un ancien salarié de Manurhin.

Le PDG de Manurhin Rémy Thannberger a estimé que « le tribunal de Mulhouse s’est prononcé avec pragmatisme, en faveur du projet financier le plus solide pour Manurhin ».

Ce n’est pas la première fois que l’industriel alsacien fait appel à des investisseurs étrangers. Manurhin avait en effet déjà décroché en 2015 un prêt de 17 millions d’euros auprès d’un établissement financier du Moyen-Orient.

Axel PERRU
La Croix

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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