La Défense française et ses défis. INTERVIEW du général (2s) Vincent DESPORTES

Posté le dimanche 29 avril 2018
La Défense française et ses défis. INTERVIEW du général (2s) Vincent DESPORTES

Quel est votre regard sur la puissance militaire française en 2018 ? Comment se positionne-t-elle par rapport aux puissances militaires étrangères ?

  1. V. Desportes : Je dirais que c’est une puissance militaire en demi-teinte, c’est-à-dire que si on la compare aux autres puissances européennes, en particulier, elle se situe plusieurs coudées au-dessus. Les autres armées européennes sont en général des armées ne disposant pas du spectre complet des capacités militaires – ce que la France offre à peu près –, des armées peu entraînées et qui ne sont aptes ni à jouer le rôle de « nation-cadre », ni à « rentrer en premier » dans une opération. Compte tenu de l’altération actuelle des armées britanniques, l’armée française est sans conteste aujourd’hui l’armée la plus opérationnelle d’Europe. Cependant, c’est une puissance militaire « en demi-teinte » parce que l’armée française est profondément dégradée, après 20 années de diminution régulière des budgets, puis une chute brutale sous la présidence Sarkozy et à nouveau sous la présidence Hollande, à peine aménagée à sa fin. Cette puissance militaire française est donc relative, parce que jamais un exécutif n’avait laissé les armées dans un état aussi déplorable que le quinquennat Hollande. Si cette puissance militaire est encore réelle et permet à la France d’être écoutée sur la scène internationale, elle est néanmoins relative parce que fortement amoindrie.

Serpent de mer de la construction européenne, l’Europe de la défense peine à séduire et à se concrétiser. Pour certains observateurs, la seule armée européenne est l’armée française et la solution serait que les Européens financent l’effort militaire français. Que pensez-vous d’une telle proposition et quel est selon vous l’avenir de l’Europe de la défense ? Certes, ce que disait le président de la Commission européenne M. Juncker est vrai, à savoir : « La défense de l’Europe, c’est l’armée française ». L’image est caricaturale, mais elle est juste. Sur la question du financement de l’armée française par les puissances européennes en revanche, cela n’a évidemment pas de sens. D’abord, la France n’est pas un pays mercenaire et deuxièmement, ce qui fait la force de la France, c’est la capacité à engager ses forces très rapidement sur la seule décision du président de la République. À partir du moment où vous mutualisez les fonds, les pourvoyeurs de fonds ont nécessairement un regard sur l’emploi des forces. Dès lors, les capacités des armées françaises se dégraderaient encore de cette subordination à une décision multinationale qui évidemment ne déboucherait jamais dans des délais suffisamment courts pour assurer le succès d’une opération.   (…)

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 (Les Grands Dossiers de Diplomatie n° 44 Avril - Mai 2018
Entretien réalisé par Thomas Delage le 9/03 2018

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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