La France et le conflit au Yémen. EXTRAIT d’audition du chef d’état-major des Armées.

Posté le mardi 11 septembre 2018
La France et le conflit au Yémen. EXTRAIT d’audition du chef d’état-major des Armées.

1. Alexis Corbière, député membre de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale

J’aimerais poser une question sur un sujet que vous n’avez pas abordé, à savoir l’implication de la France dans le conflit au Yémen. Ce dernier oppose les rebelles houthis et les forces pro-gouvernementales menées par une coalition comprenant l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui, comme vous le savez, a fait l’objet de très vives controverses dernièrement. Les exportations d’armes françaises vers ces deux pays sont susceptibles de constituer de graves violations du droit humanitaire et international. Mais au-delà l’engagement de la France dans le déminage du port d’Hodeïda et sans même supposer la présence de forces spéciales françaises sur le terrain, je vous pose la question du niveau réel de soutien logistique et humain apporté par la France à la coalition saoudienne. Mon général, est-il possible de nous éclairer sur ce point et, nous l’espérons, de nous rassurer sur ce sujet éminemment important ?

 

2. Général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des Armées

Concernant le conflit au Yémen, soyez-en certains : la France n’y intervient absolument pas. Les armées françaises ne sont pas engagées au Yémen, pas même pour des opérations spéciales. La France n’y interviendrait que si le président de la République le décidait très expressément et, comme pour toute opération extérieure de nos armées, vous en seriez informés.
S’agissant des risques humanitaires qui résulteraient de ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite, pour avoir participé dans mes précédentes fonctions à de nombreuses réunions de préparation des décisions du Premier ministre après les travaux de la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre, je peux en témoigner : nos ventes d’armes reposent sur une procédure robuste et très encadrée. Les demandes de licences d’exportation d’armes à l’Arabie saoudite sont examinées avec une grande vigilance et sont octroyées de façon très mesurée, grâce à une procédure de contrôle renforcée.

En toute franchise, je crois que beaucoup de ce qui se dit autour du rôle de la France dans le conflit yéménite relève du fantasme, que ce soit en matière d’engagement militaire ou de vente d’armes. Ni l’histoire ni la géographie ne font de ce pays une de nos zones d’intérêt prioritaire. Dans la région, ceux-ci portent principalement sur la liberté de circulation et d’action dans le détroit de Bab-el-Mandeb et en mer Rouge, et pas au-delà.

 

 EXTRAIT d’audition du chef d’état-major des Armées le 17 juillet 2018

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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