LIBRE OPINION de Marwan Lahoud :Défense : une année à haut risque pour les crédits militaires

Posté le mardi 13 janvier 2015
LIBRE OPINION de Marwan Lahoud :Défense : une année à haut risque pour les crédits militaires

Le Figaro - Date 9 janvier 2015.

Marwan Lahoud, président du syndicat patronal Gifas, s'inquiète de l'exécution du budget de la Défense.

«Pour 2015, les perspectives sont bonnes pour le civil qui va continuer à se développer au même rythme qu'en 2014. En revanche, le risque est dans le militaire.»

Marwan Lahoud, président du Gifas, le syndicat patronal des industries aérospatiales et de défense, n'a pas caché, jeudi 8 janvier, que la mise en œuvre de la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 était «un sujet de préoccupation». «Son“costume est taillé au plus juste” pour paraphraser le général de Villiers (chef d'état-major des armées, NDLR) pour les militaires et nos capacités industrielles. Or, si le costume devait rétrécir, il arrivera un moment où les priorités des grands groupes qui ont des activités duales changeront. Et cela sera très dur pour les PME», a expliqué Marwan Lahoud, également directeur général délégué d'Airbus Group, un des deux premiers fournisseurs du ministère de la Défense, avec Thales.

De facto, un an après avoir été adoptée par les députés, la LPM a connu en 2014 «des vicissitudes d'exécution, des reports de livraisons et un fort impact lié aux surcoûts des opérations extérieures (Opex)», souligne le président du Gifas. Dès lors, l'exécution du budget 2015, fixé à 31,4 milliards, à l'euro près «paraît difficile». D'autant que sur les 2,3 milliards de recettes exceptionnelles escomptées, 2,1 milliards ne seront pas au rendez-vous. La vente des fréquences 700 MHz aux opérateurs de télécoms ne débutera en effet qu'en décembre 2015 et ne pourra donc pas abonder les caisses du ministère de la Défense cette année.

«Un stade très préliminaire»

Quant aux 200 millions attendus de la vente d'actifs immobiliers, ils ne sont pas sécurisés. «Nous sommes donc extrêmement mobilisés, derrière Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, pour que soit exécutée la LPM et rien que la LPM», a insisté le président du Gifas.

Afin de compenser ce «manque à financer», les industriels discutent avec l'Hôtel de Brienne et Bercy de la mise en œuvre de sociétés de projet (SDP) qui permettraient de poursuivre la modernisation et l'équipement des armées. Ces SDP doivent être capitalisées tout ou partie avec le produit de cession de participations détenues par l'État dans des entreprises mais aussi avec l'argent injecté par des industriels de l'armement ou d'activités civiles. Elles pourraient fonctionner sur le modèle des loueurs d'avions à la notable différence que ce sont des sous-marins, frégates, avions ravitailleurs et hélicoptères de combat qui seraient loués à un client militaire, en échange d'un loyer.

Mais, après plus d'un an de discussions, ce projet de SDP en est encore à «un stade très préliminaire», souligne le Gifas. Les industriels qui devront mettre la main à la poche - solution sans doute moins douloureuse que de subir de nouveaux reports de livraisons et annulations de commandes - se déclarent favorables si ces sociétés de leasing «sont bien un moyen d'exécuter la LPM telle que prévue». À cet égard, il faut que ce dossier «aboutisse courant mars», a estimé Marwan Lahoud. Une clause de revoyure - révision parlementaire de la LPM à la réalité de la situation notamment à l'export - est en effet prévue cette année. «Nous sommes prêts à y travailler dans un esprit constructif. Nous tirerons toutes les conséquences de cette révision», conclut Marwan Lahoud.

Propos de Marwan Lahoud
Directeur du GIFAS
Source: Le Figaro

Source : Le Figaro
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