LIBRE OPINION de Maxime de La DEVEZE : Antimilitarisme, quand tu nous tiens.

Posté le jeudi 11 février 2016
LIBRE OPINION de Maxime de La DEVEZE : Antimilitarisme, quand tu nous tiens.

Dans certains milieux de droite comme de gauche, il est de bon ton de cultiver un antimilitarisme chic ou mondain, populo ou prolo, véhiculant mille contre-vérités, rumeurs et petits mensonges.

Les hauts gradés seraient politiques, voire carrément francs-maçons. L’armée serait noyautée par les socialistes, par les gaullistes, par les putschistes, par les royalistes. Les soldats seraient inutiles et trop nombreux. Les policiers seraient plus opérationnels et les mercenaires des causes perdues plus efficaces.

Mais depuis 40 ans, bien peu nombreux sont les Français qui ont servi les armes, rares sont ceux qui ont connu le feu, et encore plus rares sont les officiers qui ont commandé au feu. La quasi-unanimité des Français devrait, en conséquence, faire preuve de la plus grande humilité à l’égard de la chose militaire, surtout devant le poids du sacrifice de leurs ancêtres dont les noms ornent les monuments de nos villages.

Hélas, ce que confirme la piteuse affaire de samedi 6 février, c’est une ignorance crasse et un manque de respect abyssal.

Celui qui éprouve un peu de camaraderie imagine le tressaillement qui a parcouru l’épine dorsale de l’armée de voir l’ancien père Légion, l’ancien patron de l’entraide para, le vieux soldat bousculé par une grossière escouade de la piétaille du commissariat du coin, comme on n’oserait le faire d’un voleur de poules. L’humiliante et brutale interpellation, sans aucun égard pour son rang, son ancienneté et ses états de service, restera dans la mémoire des soldats comme une sorte d’insulte et signe l’aveu d’un système aux abois. N’en jetez plus.

Mais de l’autre côté, voici que s’embrasent les cœurs tendres. Quoi, l’armée ne descend pas dans la rue pour faire libérer son camarade syndiqué ? Comment, un quarteron de généraux ne se forme-t-il pas pour envoyer la Légion et les paras sauter sur Calais ? Sans plus aucun égard que ceux qui ont interpellé le vieux général, les colères se déchaînent. Avec l’élégance du policier calaisien, une bande de braillards insulte d’autres généraux. Ces généraux qui n’auraient pas manifesté assez bruyamment leur soutien ou qui se seraient calmement tenus à l’écart de l’agitation.

La brutalité des uns comme des autres à l’égard de la chose militaire est répugnante. Non, braves gens, l’armée n’est pas une bande de voyous, elle n’ira pas enflammer des pneus sur l’autoroute pour faire libérer l’un des siens. Non, sympathiques militants, un général ne se rangera pas sous une bannière partisane. Inutile de brûler l’effigie que vous aviez cru élire. Le soldat met son épée au service de tous, pas au sien propre.

L’armée se préserve fort intelligemment des passions de la politique intérieure, car si des désordres venaient à se développer, elle en serait l’arbitre ultime.”

 

Maxime de La DEVEZE
Saint Cyrien et éditorialiste

 

Source : Boulevard Voltaire
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