LIBRE OPINION du Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris : Les fragilités de notre société révélées par les attentats de Paris (Extraits).

Posté le mercredi 09 mars 2016
LIBRE OPINION du Cardinal André VINGT-TROIS,  Archevêque de Paris :  Les fragilités de notre société révélées par les attentats de Paris  (Extraits).

« Le sujet de notre réflexion concerne le «vivre ensemble» dans la société contemporaine et je voudrais vous partager quelques réflexions inspirées par les attentats terroristes que nous avons vécus en France au cours de l’année écoulée. Ces événements dramatiques concernent directement le « vivre ensemble » dans la mesure où le but affiché par leurs organisateurs qui se réclament de l’état islamique, est de provoquer une fragmentation de la société civile et une méfiance des communautés les unes envers les autres qui devraient conduire, selon leur vœu, à une sorte de guerre civile leur ouvrant les portes d’une domination du soi-disant « califat » sur les démocraties occidentales incapables de préserver leur unité nationale.

(…) Ils ont d’abord manifesté la précarité et la fragilité de notre sentiment de sécurité collective. Epargné par les guerres depuis plusieurs décennies, notre territoire national se forgeait une mentalité de sécurité absolue que seuls les accidents de la route, les épidémies ou les comportements inciviques pouvaient troubler. Les responsables politiques accentuaient ce sentiment en posant la responsabilité gouvernementale au niveau de la garantie de la sécurité des individus face aux dangers de la vie, y compris dans le domaine de la vie économique. De plus en plus, les gouvernants se laissent assimiler à un rôle de protecteur.
D’autre part, les attentats ont jeté une lumière crue sur les faiblesses de notre système éducatif. Les jeunes acteurs de ces attentats étaient presque tous des français, passés par nos écoles de la République. Ils n’étaient pas spécialement des déclassés économiques ou sociaux. Comment un jour ont-ils pu basculer dans le fanatisme islamique ? A quel vide idéologique ont-ils été abandonnés ? Quelle absence de projet humanitaire a laissé leur générosité en jachère ? Comment leur entourage, familial et social, a-t-il pu rester inconscient de leur désarroi ?
Enfin les attentats ont fait apparaître la pauvreté du patrimoine réellement partagé par les Français. Après l’attentat contre Charlie-Hebdo, on a invoqué la défense des « valeurs de la République ». Mais il n’y a eu que peu d’énoncés sur la substance de ces valeurs.

(…) Nous mesurons donc le double défi auquel nous confronte la société actuelle. Premièrement, comment reconstituer un tissu social qui n’abandonne pas les individus à leurs seules ressources face aux risques de la vie ? Deuxièmement, comment formuler et exprimer les objectifs collectifs d’une société qui légitiment de renoncer à certains de nos intérêts particuliers pour le bien commun ou même qui l’exigent ? Et l’on pourrait ajouter un troisième défi : comment nourrir ces deux objectifs l’un par l’autre ?

(…) Cependant, je signale aussi comme un fait réconfortant et encourageant que les attentats ont été un révélateur du sens de la solidarité et du bien commun pour un nombre important de jeunes hommes et de jeunes femmes qui se présentent actuellement comme candidats pour entrer dans la police ou l’armée ou les services de secours en expliquant qu’il ont compris qu’ils devaient pouvoir faire quelque chose pour les autres. Ceux-là ont pris conscience que la réaction positive aux événements n’était pas seulement de chercher le maximum de protection individuelle.

 

Cardinal André VINGT-TROIS,
Archevêque de Paris

 

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Source : ZENIT Le monde vu de Rome
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