LIBRE OPINION du Général d’armée Pierre de VILLIERS, Chef d'Etat Major des Armées. «Lettres à un jeune engagé» - Détermination.

Posté le dimanche 21 mai 2017
 LIBRE OPINION du Général d’armée Pierre de VILLIERS, Chef d'Etat Major des Armées. «Lettres à un jeune engagé» - Détermination.

Mon cher camarade,

La détermination est la reine des batailles. Seule l’expression d’une volonté inébranlable dans l’épreuve peut rendre la victoire possible, à défaut de la rendre certaine.

L’absence de détermination laisse, à l’inverse, le champ libre aux ferments de la défaite les plus sournois, qui se cachent, bien souvent, derrière des mots improbables : frilosité, inconstance, versatilité, lâcheté...

Or, croyez-moi, rien de grand ne pourra jamais se construire sur l’hésitation permanente, le commentaire facile ou les petits accommodements. Ce qui est présenté comme une fatalité, n’est bien souvent que l’excuse de ceux qui ont abandonné !

La détermination se reconnait, avant tout, aux actes, qui, tous, tendent vers l’objectif qu’on a choisi d’atteindre. Elle n’a pas de sens, en elle-même. On n’est pas déterminé pour être déterminé. Elle est, en quelque sorte la « ligne de vie » entre la décision et le but. Ce que traduit l’expression bien connue : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ».

Suivre ce chemin exige de ne jamais perdre la finalité de vue. Cette précision est primordiale. On peut être, assez naturellement, tenté d’accorder davantage d’importance au « comment » qu’au « quoi ». Dans pareil cas, la détermination se dénature rapidement et sombre dans le piège fatal de l’obstination et de l’entêtement !

Pour éviter ce piège, vous devez veiller à conserver votre lucidité. L’engagement, pesé et réfléchi, est d’ailleurs ce qui distingue la détermination éclairée du fanatisme obscur. Dans chaque combat que vous mènerez, nombreuses seront les raisons qui vous inciteront à renoncer. Seule une réflexion dépassionnée vous permettra de distinguer celles qui ne sont pas valables – les plus nombreuses – de celles qui appellent, de votre part, une inflexion.

N’oubliez jamais que le plus sûr chemin vers la victoire n’est pas toujours la ligne la plus directe, ni la plus évidente. Il faut, parfois, revenir sur ses pas. Vous serez, peut-être, amenés à « renoncer sous le sommet », comme disent les Alpins. Cette décision exige bien plus de détermination que la simple poursuite dans l’erreur.

La détermination est le courage du temps long ; celui des heures de doute. Pour garder suffisamment d’énergie sur la distance, il faut veiller à ne pas se disperser ; prendre les obstacles les uns derrière les autres, et les prendre pour ce qu’ils sont : un moyen d’éprouver et de renforcer notre volonté. Il faut surtout garder confiance, car la détermination saura toujours trouver les moyens de surmonter la fatigue, comme les obstacles !

« Rien ne résiste à un acharnement de fourmi. » disait Victor Hugo. Ajoutez-y la cohésion qui rend fort et la sincérité qui convainc, et la victoire est au bout du chemin. La sincérité, dont j’ai choisi de faire le thème de ma prochaine lettre.

 

Fraternellement,

Général d’armée Pierre de Villiers

 

Source : https://www.facebook.com/cema.armeefrancaise
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