LIBRE OPINION : industrie d’armement terrestre : face aux nouvelles concurrences

Posté le mercredi 11 mars 2015
LIBRE OPINION : industrie d’armement terrestre : face aux nouvelles concurrences

Les grands systémiers du secteur terrestre font, aujourd’hui, face à une concurrence accrue, conséquence de l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs profitant d’un ticket d’entrée relativement bas.

Lors du Salon Idex, sur les 4 milliards d’euros de commandes enregistrées lors du Salon, un tiers seulement concerne des achats directs de matériels militaires à l’étranger. Exemple : la société émiratie Nimr Automotive (Tawazun) a ainsi vendu 500 véhicules 8×8 Nimr à l’armée des EAU pour un montant avoisinant les 300 millions d’euros. La stratégie des Emirats consiste, dans le domaine terrestre, à démarcher directement les équipementiers (blocs moteurs, boîtes de vitesses…) puis à faire assembler les véhicules par son industrie nationale qui, par ailleurs, remporte de beaux succès à l’export en matière terrestre, notamment en Algérie, Libye et Jordanie. A travers une holding récemment restructurée, EDIC, qui regroupe désormais seize entreprises, dont Tawazun, AMMROC, ADASI… Cette industrie nationale a bénéficié, depuis plusieurs années, de la présence d’ingénieurs sud-africains dans des bureaux d’études, les rendant ainsi toujours plus performants.

Pour les grands systémiers étrangers, il est, aujourd’hui, devenu impératif de s’allier avec un partenaire local pour pouvoir décrocher des contrats. Dans ce contexte, quelle stratégie adopter pour les systémiers historiques du secteur face à ces nouvelles concurrences qui affichent souvent des prix très compétitifs ?

Les atouts des systémiers historiques

D’abord celle des standards Otan, référence pour se distinguer des émergents du secteur, spécialement en matière de protection des blindés. Nexter, qui mise pleinement sur ce critère, a pu constater son importance croissante vis-à-vis de prospects, comme le Danemark, l’Australie ou le Qatar.
L’autre argument majeur tient au fait qu’un véhicule blindé n’est pas simplement une plate-forme mais d’abord un système de combat. Ce qui implique de maintenir une avance technologique vis-à-vis de la concurrence et de maîtriser des technologies de pointe, comme la vétronique, ou celles assurant la puissance de feu.
L’autre avantage comparatif : la qualité du maintien en condition opérationnelle (MCO) et du service, qui fait, par exemple, défaut aux plates-formes d’origine russe. Ou encore la capacité à diversifier ses activités, notamment dans le secteur des munitions ou de l’artillerie.

La place de Nexter

Ainsi, même si le ticket d’entrée sur le marché est bas, avec 86 industriels, dont un nombre croissant originaires de pays émergents, seuls cinq ou six font figure de référence, car combinant l’ensemble de ces avantages avec une légitimité liée à leur histoire (250 ans d’existence pour Nexter). De quoi expliquer le fait que le groupe français affiche aujourd’hui 50 % de ses ventes à l’export et avait déjà réalisé, au mois de février, 20 % de ses prévisions pour 2015. Autre chiffre significatif : depuis 2010, Nexter a doublé le nombre de CIEEMG. Et les perspectives semblent bonnes, notamment au Vietnam, qui, malgré les pressions russes, aurait finalement choisi le Caesar. Il s’agirait d’une première commande de 18 systèmes avec une cible totale de 108. Au Qatar, des négociations auraient lieu pour l’achat d’un nombre indéterminé de Caesar et ce malgré l’achat préalable de PzH2000 allemands. Un système d’artillerie déjà choisi par le Liban et l’Indonésie, qui aurait commandé 36 systèmes supplémentaires.
Pour ce qui est du VBCI, la décision du Danemark est attendue au mois de mai. Nexter devra, en revanche, combler sa principale faiblesse : son déficit de taille critique, face à des géants comme Rheinmetall ou General Dynamics. Ce sera chose faite si les négociations pour KANT aboutissent avec KMW. Un impératif, donc, qui ne devrait, cependant, pas aboutir avant septembre prochain. 

 

Source : TTU
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