LIBRE OPINION : La Défense inquiète pour son budget avant l'arbitrage de Hollande

Posté le mardi 28 avril 2015
LIBRE OPINION : La Défense inquiète pour son budget avant l'arbitrage de Hollande

Par Alain BARLUET  - Le Figaro. 

Un conseil de Défense se réunira mercredi à l'Élysée autour du chef de l'État qui devra trancher entre Jean-Yves Le Drian qui réclame des effectifs et des moyens supplémentaires et Michel Sapin qui rechigne à les financer.

La tension monte à la veille d'un conseil de Défense, mercredi à l'Élysée, qui examinera l'adaptation des moyens pour les armées, en effectifs et en matériels, compte tenu de leur très forte sollicitation, à la fois en opération extérieure (opex) mais désormais aussi sur le territoire national face au terrorisme. « Il y a une grande inquiétude au sein de la communauté de Défense et particulièrement parmi les militaires», souligne une source proche du dossier, pointant un fort risque que soit «remise en cause la cohérence entre les missions et les moyens des armées».

De 3 à 9 milliards supplémentaires, selon les évaluations, seraient nécessaires sur la période de la Loi de programmation militaire (LPM) 2015-2019 pour prendre en compte la nouvelle donne géopolitique et sécuritaire apparue ces derniers mois: besoins accrus en effectifs -François Hollande veut mobiliser 7 000 hommes sur la durée pour protéger les sites sensibles en France-, coût de l'usure des matériels, commande de nouveaux équipements (drones, hélicoptères...).

18 500 sur les 25 000 suppressions de poste programmées.

Par ailleurs, 2,3 milliards d'euros, correspondant à des «recettes exceptionnelles» manquantes doivent être trouvés dans l'urgence, avant l'été, sous peine de voir la Défense se retrouver en cessation de paiement. Les sociétés de projet, formule engagée en guise d'expédient par Jean-Yves Le Drian, avec l'aval de François Hollande, est contestée, notamment par Michel Sapin, le ministre des Finances. L'alternative, de nouveaux crédits budgétaires, serait une solution mais elle suscite des doutes du côté de la Défense où l'on craint un subterfuge de Bercy.

Pour permettre aux armées d'assurer leur «mission de protection» sur le territoire, des non-déflation d'effectifs sont prévues - on parle de 18 500 sur les 25 000 suppressions de poste programmées entre 2015 et 2019 - mais, là encore, la Défense redoute une manœuvre du ministère des Finances, en clair des effectifs augmentés sur le papier mais sans budget correspondant. «Dans ce cas, on changerait de modèle», prévient en s'alarmant une source à la Défense en dénonçant le risque d'un «déni d'exécution» de la LPM.

«On ne peut pas reconnaître l'existence d'un lien évident entre menace extérieure et sécurité intérieure, on ne peut pas demander aux armées de s'engager dans des opérations de plus en plus difficiles et ne pas en tirer les conséquences», assure une bonne source. «Tout est question de cohérence (entre besoins et ressources) et le conseil de mercredi doit être fondateur de cette cohérence», ajoute-t-on à la Défense.

Alain BARLUET 

 

Source : Le Figaro
Poster un commentaire

Vous êtes indentifié en tant qu'invité.