MALI : la France reporte la fin de l'opération Serval

Posté le mercredi 21 mai 2014
MALI : la France reporte la fin de l'opération Serval

Le dispositif militaire français devait basculer vers le Sahel. Les affrontements de Kidal poussent à retarder l'opération de quelques semaines.

Le regain de tension dans le nord du Mali, où des affrontements ont fait une quarantaine de morts samedi, a contraint Paris à repousser de plusieurs semaines le basculement de son dispositif militaire de l'opération Serval vers le déploiement de 3 000 soldats dans la zone sahélienne. "Compte tenu des circonstances de ces dernières 48 heures, l'opération de bascule du dispositif Serval vers le dispositif des forces françaises en bande sahélo-saharienne doit être décalée de quelques semaines", a indiqué mardi l'entourage du ministre de la Défense.

La visite de Jean-Yves Le Drian au Mali et au Tchad prévue le week-end prochain a du même coup été annulée. Le ministre de la Défense devait présenter à cette occasion le nouveau dispositif français dans la région. Soit un effectif d'environ 3 000 hommes qui seront répartis notamment au Mali, au Tchad et au Niger. Outre la détérioration de la situation au Mali, la Défense à justifié cette annulation par l'adoption, lors du sommet sur le Nigeria qui s'est tenu samedi à Paris, "de mesures visant à renforcer la coopération internationale contre le groupe islamiste Boko Haram" et "l'engagement de la France à apporter son soutien à ces mesures, notamment à partir de son dispositif régional en cours de mise en place au Tchad".

Le contingent français à Kidal, théâtre des affrontements meurtriers de samedi entre l'armée malienne et les rebelles touareg du MNLA, devait être légèrement renforcé dans la journée. Selon l'état-major des armées, une trentaine de soldats supplémentaires rejoindront le détachement en place, portant leur effectif total à "un peu moins d'une centaine d'hommes". "On envoie du monde pour avoir plus de souplesse", a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron. "Il s'agit d'"avoir des capacités qui permettent de réagir" en cas de besoin dans cette période de tension.

 

Rôle "déterminant" de l'Algérie

Paris discute depuis plusieurs mois avec les pays de la région et ses principaux alliés de la réorganisation de son dispositif militaire au Sahel pour renforcer l'efficacité de ses forces dans la lutte contre les groupes djihadistes qui opèrent dans cette zone immense. Il s'agit de rapprocher les forces de la zone où elles sont le plus susceptibles d'intervenir et d'éviter la reconstitution de groupes jihadistes dont les combattants chassés du Mali se sont dispersés dans la région.

À terme, le nombre de soldats français au Mali doit être ramené de 1 600 actuellement à un millier, mais aucune date n'a été fixée. Paris compte par ailleurs déjà un millier d'hommes au Tchad. Un poste de commandement du dispositif au Sahel a été mis en place à N'Djamena, où, selon l'état-major, quelques spécialistes sont arrivés récemment. Deux drones Reaper, destinés à la surveillance de la bande sahélo-saharienne, ont également été installés fin décembre par l'armée française à Niamey avec leurs équipes de maintenance. À ces forces conventionnelles s'ajoutent plusieurs centaines d'hommes des Forces spéciales déployés dans la région, les premières à intervenir en cas de coup dur, sur lesquelles la Défense ne communique pas.

L'annonce du report du basculement du dispositif français, qui doit marquer la fin de Serval, est intervenue le jour même de la visite de Jean-Yves Le Drian en Algérie. Un pays dont la coopération dans le cadre de la "lutte contre le terrorisme dans le nord du Mali" est qualifiée par le ministre français de "déterminante pour la stabilisation de cette région". "L'Algérie et la France ont des défis communs à relever pour leur sécurité et pour la stabilité de l'Afrique du Nord et de l'Ouest", déclare-t-il mardi dans une interview au quotidien algérien Al Watan. Les enjeux sécuritaires au Sahel et le redéploiement militaire français figurent en tête des entretiens que le ministre doit avoir pendant deux jours à Alger.

Source : « Le Point.fr » - le 20/05/2014. Source AFP
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