OPÉRATIONS : Forces prépositionnées et forces de présence. EXTRAIT de l'audition du général François LECOINTRE.

Posté le vendredi 14 septembre 2018
OPÉRATIONS : Forces prépositionnées et forces de présence. EXTRAIT de l'audition du général François LECOINTRE.

Jacques Marilossian, député membre de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale

Mon général, vous nous avez confirmé tout à l’heure que trente mille de nos militaires étaient actuellement déployés en opérations, de sorte que je me demande si nous avons les moyens de nous engager plus encore. À votre sens, la priorité serait-elle de renforcer nos forces de souveraineté, de développer nos forces de présence ou de participer à de nouvelles opérations extérieures, seuls, avec l’OTAN ou avec l’ONU ? Le cas échéant, quel effort cela représenterait-il pour l’armée de Terre, la Marine ou l’armée de l’Air ? Et à défaut, que convient-il de faire ? Revoir la loi de programmation militaire ? Déjà ?

Général François Lecointre, chef d’état-major des Armées

S’agissant du renforcement de nos forces de présence et de nos forces de souveraineté, je pense qu’il ne faut rien opposer. Selon les conclusions de la Revue stratégique, il convient de mettre à profit le patrimoine et la richesse considérables que constituent pour la France ces dispositifs prépositionnés de souveraineté ou de présence. C’est aussi une manière de réaffirmer qu’il n’est plus question de toucher à ces dispositifs et de continuer à les réduire, ce qui fut le choix, et selon nous l’erreur, de la loi de programmation militaire précédente. Nous réaffirmons que ces bases doivent être entretenues et pouvoir être utilisées de façon modulable. Les effectifs doivent pouvoir varier à la hausse et à la baisse, comprendre des partenaires européens désireux, avec nous, d’intervenir ou de développer des politiques de coopération dans l’objectif d’une stabilisation de l’ensemble des pays de la zone concernée.

Nous aurons, par ailleurs, vraisemblablement l’impératif d’un renforcement de notre position dans le Pacifique dans les années qui viennent. Il s’agit, comme vous le savez, d’une zone pivot de nouvelles conflictualités dans laquelle nous sommes l’acteur européen présent territorialement et nous devrons, au moins, renforcer les moyens de surveillance de notre ZEE et nos moyens d’intervention à partir de la Nouvelle-Calédonie. La prochaine LPM devrait nous permettre de concilier ces deux préoccupations sans qu’il y ait de choix à faire entre les forces prépositionnées et le renforcement de nos moyens dans le Pacifique.

Il demeure que la LPM ne nous permettra pas d’être une armée susceptible d’être engagée seule dans un conflit majeur en Europe centrale, par exemple. Ce type d’intervention ne serait possible que dans le cadre de l’OTAN et avec un soutien massif des États-Unis. Il s’agit bien de l’enjeu évoqué dans le cadre des discussions avec l’OTAN et avec le président Trump lors de ses déplacements en Europe.

Extrait de l’audition du général François LECOINTRE

Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
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