PARTENARIAT (projet POSÉIDON) entre Naval Group et Fincantieri : Des annonces attendues la semaine prochaine.

Posté le dimanche 21 octobre 2018
PARTENARIAT (projet POSÉIDON) entre Naval Group et Fincantieri : Des annonces attendues la semaine prochaine.

Des annonces devraient intervenir la semaine prochaine, à l’occasion du salon Euronaval, sur le projet Poseidon de rapprochement entre Naval Group et Fincantieri. Pour mémoire, les discussions se sont inscrites dans le cadre d’un accord conclu en septembre 2017 entre les gouvernements français et italiens. Depuis, les élections générales de l'autre côté des Alpes, qui ont porté la Ligue et le Mouvement 5 étoiles au pouvoir, ont vu les relations se dégrader sensiblement entre les deux pays. L’évolution de cet environnement politique ne se prête clairement plus à un grand mariage d’industries aussi stratégiques.

Pour autant, les industriels ont continué de travailler et, en juillet, ont remis à leur gouvernement respectif une feuille de route comprenant différentes propositions visant à tendre vers une alliance progressive. Dans le contexte actuel entre Paris et Rome, les pistes les plus ambitieuses, comme des participations croisées, ne devrait pas voir le jour immédiatement.

Mais cela ne va apparemment pas empêcher Fincantieri et Naval Group, dont les patrons Giuseppe Bono et Hervé Guillou sont moteurs sur ce projet, de poser les bases d’une nouvelle coopération franco-italienne. Celle-ci sera plutôt fondée sur des aspects très industriels, technologiques et commerciaux, avec un premier grand projet autour des futurs bâtiments logistiques français, qui vont adopter un design dérivé du ravitailleur italien Vulcano. « Les Etats instruisent le dossier que nous leur avons remis cet été, côtés programmes et politique. On ne lâche pas le morceau ! Nous avons bien avancé dans nos discussions, il y a beaucoup de synergies possibles, plein de sujets sur la table et cela se passe bien entre nous », assure Hervé Guillou.

Interrogé par Mer et Marine sur les pistes de coopération possibles, le président de Naval Group évoque « la R&D et des investissements dans les outils du futur, en particulier au niveau de la conception ». Selon lui, il faut également « se positionner sur de futurs programmes bilatéraux, mieux exporter ensemble grâce à la complémentarité de nos lignes de produits et de nos implantations internationales, Fincantieri comptant par exemple 21 sites hors d’Italie. Nous devons aussi mieux acheter, en faisant par exemple des acquisitions communes pour réduire les coûts, et mieux utiliser nos propres ressources, qu’il s’agisse de compétences ou d’équipements ».

Pour Hervé Guillou, l’annonce il y a quelques jours du rapprochement de Fincantieri et Leonardo dans le domaine des systèmes de combat est, par ailleurs, une excellente nouvelle : « C’est quelque chose que nous avons voulu et je pense que Poseidon a eu un effet déterminant pour que ce dossier aboutisse. Pour nous il est stratégique et fondamental de rapatrier en Italie la partie système de combat sous le contrôle de Fincantieri. Nous sommes en effet des systémiers navals, pas simplement des coquiers. Imaginez une alliance avec Fincantieri où celui-ci ne maîtriserait pas tout, nous ne pourrions pas être ensemble maîtres d’œuvre de systèmes navals et nous aurions pris le risque de voir Leonardo jouer à part ».

Même si le grand mariage initialement espéré n’aura probablement pas lieu, en raison de relations politiques trop tendues actuellement entre la France et l’Italie, Naval Group et Fincantieri devraient donc parvenir à franchir une première étape, dans l’espoir d’une intégration plus poussée à l’avenir. Et dans l’espoir aussi que cette initiative incite d’autres acteurs européens à s’engager dans la voie de la consolidation. « Cela avance à la vitesse à laquelle cela peut avancer, mais je pense que comme EADS et MBDA, le mouvement entrainera le mouvement. Et nous avons dans cette perspective intérêt à être dans l’équipe qui conduit et impulse, plutôt que d’attendre et d’être finalement contraints et forcés par les lois du marché à se regrouper ou mourir ».

Selon le patron de Naval Group, la consolidation de la navale européenne est en tous cas une impérieuse nécessité face à la concurrence internationale. « Les Chinois seront numéro un du marché à la fin de l’année et les Russes seront seconds en 2020. Si l’on veut tenir tête à ces géants, nous devons nous allier et trouver des synergies ». Dans cette perspective, l’axe franco-italien se veut ouvert à d’autres acteurs. « Quand je suis allé à Berlin avec le ministre de l’Economie, j’ai clairement dit que l’alliance était ouverte. C’est maintenant aux Allemands de dire s’ils souhaitent entamer des discussions, ce qui n’a pas l’air d’être le cas pour l’instant. Mais nous devons aussi regarder vers d’autres pays, comme la Suède, les Pays-Bas et l’Espagne ».

Vincent GROISELEAU
Mer et Marine


Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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