REGARDS sur l’armée de Terre

Posté le lundi 01 juillet 2019
REGARDS sur l’armée de Terre

 

Extraits de l’audition du général Jean-Pierre Bosser
chef d’état-major de l’armée de Terre
devant la Commission de la Défense nationale et des forces armées
(5 juin 2019)

 

L’armée de Terre fait la « Guerre »

« Notre armée de terre est très engagée en opérations extérieures comme sur le territoire national. Elle fait la Guerre – avec un G majuscule – au Sahel et au Levant notamment, où nos soldats conduisent, toutes les semaines, des opérations de combat difficiles. Une des caractéristiques de notre engagement, par rapport à bon nombre de nos alliés, est que nous sommes une armée d’emploi et que, de fait, nous nous exposons. Nous combattons sur le terrain et délivrons des feux. La task force Wagram a été, par exemple, la seule force terrestre conventionnelle non américaine engagée au combat pendant l’opération Inherent Resolve et ce, pendant huit mandats depuis août 2017 (soit 18 000 coups de canon tirés en deux ans). L’armée de Terre est aussi devenue un acteur majeur de la protection du territoire national, par ses unités engagées, en alerte et en réserve. Elle use de la force, en dernier recours et toujours avec retenue, comme en témoigne l’intervention de soldats de Sentinelle du 152e régiment d’infanterie pour neutraliser un terroriste qui s’en était pris à la population française, lors du marché de Noël de Strasbourg, le 11 décembre dernier.

(…)

L’armée de Terre a gagné 11 000 hommes. Elle a besoin de stabilité

« Le deuxième point que je voudrais souligner, c’est la prise de muscle, de l’armée de Terre depuis les attentats de 2015. À travers le modèle « Au contact », l’armée de terre s’est profondément transformée, alors qu’elle arrivait à la fin du cycle de la professionnalisation. Elle a gagné 11 000 hommes par la création de 33 unités élémentaires et l’installation de la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE) sur le plateau du Larzac. L’armée de Terre est désormais « sur ses chiffres » au prix d’efforts considérables pour tenir le cap de l’attractivité, du recrutement et de la fidélisation. Cette remontée en puissance nous a confrontés à des seuils critiques en termes de formation, de taux d’encadrement, d’infrastructures, d’équipements ou encore de soutiens. Elle a également conduit à un fort rajeunissement de nos soldats. Pour ce qui concerne la partie stationnement, l’armée de Terre s’est beaucoup réformée, restructurée et a besoin d’un peu de stabilité, pour retrouver son équilibre.


L’armée de Terre incarne l’unité de la Nation et un corpus de valeurs


Troisièmement, l’armée de terre est reconnue et respectée. Elle a trouvé ce qui lui manquait pour être pleinement épanouie, c’est-à-dire une forme d’estime de soi. Elle a fait son retour dans le cœur des Français. Elle incarne l’unité de la Nation et en assure la continuité. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une popularité qui nous oblige. Elle est estimée par nos concitoyens parce qu’elle est un creuset de civisme, un symbole de méritocratie et parce qu’elle incarne un corpus de valeurs. Fort de ce constat, elle attire d’autant plus que nos jeunes concitoyens sont à la recherche de sens et de valeurs. Je suis très heureux de la courbe de recrutement de 2019 et de nos objectifs remplis dans les trois catégories de recrutement : officiers, sous-officiers et militaires du rang. L’armée de terre est aussi reconnue parce que les attentats sur le territoire national et les opérations extérieures ont rappelé à tous les Français que la guerre était une des vérités de l’Histoire. Cette guerre, l’armée de Terre la fait avec courage, détermination mais aussi retenue. Ce regard bienveillant porté sur l’armée de terre s’accompagne d’une exigence d’excellence de la part des Français et de nos dirigeants politiques. L’armée de terre est enfin reconnue par nos Alliés, pour son efficacité opérationnelle, mais également pour sa réflexion prospective et stratégique. J’ai pu constater toute l’attention portée à l’armée de Terre lors du séminaire Action terrestre future (ATF) en Grande-Bretagne les 13 et 14 mars derniers.


Une vision prospective de l’action terrestre
Dernier point : l’armée de Terre est désormais entrée dans le compartiment de terrain de l’innovation. Elle est solide car elle dispose d’une doctrine cohérente avec le contexte actuel et qui fait face aux menaces futures. C’est dans cette perspective que l’armée de Terre a refondu tout son corpus de textes fondateurs : Action terrestre future à but prospectif, le Livre bleu sur l’exercice du commandement, le Livre vert sur l’exercice du métier des armes, que je vous avais distribué en septembre 2018 et enfin, le Livre kaki sur les traditions militaires dans l’armée de terre que j’ai l’honneur de vous remettre aujourd’hui. Il me semble important de m’arrêter sur ce Livre kaki, troisième livre de la trilogie, car les traditions sont souvent mal comprises. Les traditions, comme la vie de l’unité du soldat, sont un référentiel qui lui donne le courage de surmonter les épreuves, de la fierté et de la confiance dans l’avenir.

Comme l’a montré la récente visite de la ministre et du chef d’état-major des Armées au régiment de marche du Tchad, hériter du serment de Koufra du général Leclerc, les traditions ont ce pouvoir d’enraciner les soldats dans un « plus grand que soi » et de donner du sens à son action.

 

 Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
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