Technologies et esprit guerrier dans l’armée de Terre

Posté le lundi 01 juillet 2019
Technologies et esprit guerrier dans l’armée de Terre

Extrait de l’audition du général Jean-Pierre Bosser
chef d’état-major de l’armée de Terre
devant la Commission de la Défense nationale et des forces armées
(5 juin 2019)

 

Nouvelles menaces et nouvelles technologies
«  Nous devons également relever les défis des nouvelles menaces et des nouveaux moyens qu’offre la technologie. Je pense, par exemple, aux robots, à l’intelligence artificielle (IA), mais aussi aux drones. L’armée de terre disposera à terme de 1 300 drones, allant du nano drone de quelques grammes au drone tactique dont les performances permettront d’appuyer l’engagement d’une unité au combat dans la durée et sur de fortes distances.

Mais les défis technologiques les plus médiatisés ne doivent pas nous faire oublier des capacités structurantes, tout autant nécessaires mais parfois moins connues. Si la réalité de la menace cyber est bien réelle et si l’armée de Terre doit y prendre toute sa part, il est essentiel que nous restions à la pointe de l’innovation dans le domaine des systèmes de commandement et de renseignement tactiques qui nous permettent, en opérations, de garder l’ascendant sur l’adversaire. Je rappelle d’ailleurs que SCORPION, que l’on résume maintenant un peu rapidement au Griffon, est avant tout une bulle opérationnelle aéroterrestre, c’est-à-dire un système d’armes complet et intégré, avec hommes et matériels, et qui dispose de moyens d’information et de communications particulièrement aboutis.

Garder un temps d’avance
L’armée de Terre cherche aussi à garder un temps d’avance sur ses adversaires grâce à sa capacité d’appropriation rapide des innovations. L’état-major de l’armée de terre se réorganise en créant un pilier « Numérique et Innovation » aux ordres d’un officier général directement subordonné au major général de l’armée de terre. La meilleure illustration est probablement la création du Battle Lab Terre qui viendra concrétiser les efforts de structuration du Pôle Innovation Terre et dont j’ai souhaité planter le drapeau sur le plateau de Satory. Pourquoi le plateau de Satory ? Parce que c’est l’endroit où est établie la section technique de l’armée de terre (STAT), qui est un peu le noyau historique des travaux de haute technologie, mais aussi les bureaux de recherche de Nexter, d’Arquus, le cluster de Saclay ou le laboratoire de l’école Polytechnique.

Cultiver l’esprit guerrier combinant aguerrissement, haute technologie et traditions
Toutefois, même si l’armée de terre a besoin de compétences techniques de pointe dans ses rangs, il lui faut toujours cultiver certains fondamentaux. Vous le savez, l’armée de Terre suit depuis 2019 un fil directeur autour de « l’esprit guerrier », combinaison d’aguerrissement, de haute technologie et de traditions militaires. Cette idée d’esprit guerrier peut sembler datée. Mais c’est tout l’inverse : je suis persuadé qu’elle est pleinement actuelle. L’issue d’un engagement armé ne dépend pas que du nombre de combattants, de la qualité des matériels, ou même de la stratégie des chefs. La victoire est intimement liée aux forces morales qui permettent au soldat de faire la différence sur le terrain. En cette année du Centenaire, nous pouvons évoquer nos « Poilus » de 14. Entretenir l’aguerrissement et cultiver les traditions cimentent la cohésion d’une unité.

Cet esprit guerrier, cette mobilisation de ressources physiques, mentales et psychologiques pour surmonter l’adversité, ne vient pas seul. Il est sans cesse à forger, à entretenir et à transmettre. C’est l’une de nos missions majeures.


Rediffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
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