EUROPE : L'Initiative européenne d'intervention

Posté le jeudi 12 juillet 2018
EUROPE : L'Initiative européenne d'intervention

L’Initiative européenne d’intervention (IEI) a été lancée le 25 juin 2018 par la signature d’une lettre d’intention par les ministres de la défense de 9 pays européens. Initiative ambitieuse à caractère résolument opérationnel, l’IEI vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne commune et à créer les conditions préalables pour de futurs engagements coordonnés et préparés conjointement sur tout le spectre de crise. Construite autour d’un socle restreint d’États européens ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations au service de la sécurité européenne, l’initiative pourra être élargie à d’autres États européens remplissant ces mêmes conditions, une fois l’initiative consolidée.

 

Objectifs et mise en œuvre de l’Initiative européenne d’intervention

Origines et objectifs

Lancée par le Président de la République le 26 septembre 2017, l’Initiative européenne d’intervention (IEI) vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne et, en particulier, à renforcer la capacité des Européens à agir ensemble, en créant les conditions préalables pour de futurs engagements coordonnés et préparés conjointement dans des scénarii divers d’intervention militaire, sur tout le spectre de crises, affectant la sécurité de l’Europe. Concrètement, l’IEI est fondée sur un socle d’États européens ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations. L’IEI se distingue des autres projets en cours (ad hoc, UE, OTAN) par sa vocation opérationnelle ambitieuse, tout en contribuant à les renforcer.

Un cadre de gouvernance flexible

L’IEI s’appuiera sur une comitologie minimale et souple, coordonnée par un secrétariat permanent assuré par la France et les officiers de liaison des pays membres. Le travail continu de concertation et de réflexion entre les pays membres de l’IEI sera rythmé par des discussions stratégiques militaires tous les 6 mois, une réunion annuelle des directeurs politiques de défense, et une réunion annuelle de niveau ministériel.

Des actions concrètes

Des coopérations pragmatiques seront mises en place dans quatre domaines d’action: 1/ l’anticipation stratégique,
2/ les scenarii d’emploi,
3/ le retour d’expérience et le partage de doctrines et
4/ l’appui aux opérations.

L’EMA a ainsi proposé des actions concrètes, telles que la création de groupes de travail permettant de partager renseignement et analyses sur les zones d'intérêt commun ou encore le développement de scénarii génériques d'emploi « Prise d'otages de masse » et « Reprise de vive force d'une installation sensible ». D’autres initiatives visent à garantir notre capacité à mener des actions conjointes, comme l'ouverture de nos structures opérationnelles les plus sensibles aux membres de l'IEI. Tous les pays de l'IEI pourront proposer des axes de travail commun.

Réunion de lancement au niveau des ministres de la défense

Après l’atelier organisé au niveau des directeurs politiques de défense et des OGRIM le 20 mars dernier à Paris, la réunion ministérielle de lancement de l’initiative a eu lieu le 25 juin, en marge du CAE/D. Elle a permis de signer une lettre d’intention avec les pays prêts à rejoindre l’initiative dès à présent, soit l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la France, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni.

Un événement de plus grande ampleur sera organisé à l’automne en France afin de s’accorder sur les orientations politiques des travaux qui seront conduits dans le cadre des Military European Strategic Talks (MEST).

Prochaines échéances

  • Événement ministériel IEI et premiers MEST organisés par l’EMA à l’automne ;
  • Élaboration d’un Memorandum of Understanding (MoU) d’ici la fin de l’année 2018.

 

L’IEI en quelques questions

Quel est le but de l’IEI ?

  • Accroître la capacité des Européens à agir ensemble, en créant les conditions pour de futurs engagements conjoints, dans le spectre complet des interventions, quels que soit le cadre d’intervention ou la portée des crises potentielles pouvant affecter la sécurité de l’Europe ;
  • Développer une culture stratégique commune entre Européens désireux de combler ensemble les lacunes constatées lors des dernières interventions militaires ;
  • Promouvoir la crédibilité miliaire de l’Europe ;
  • Renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe ;
  • Contribuer à un meilleur partage du fardeau.

Existe-t-il des critères pour rejoindre l’IEI ?

  • Pas de critères à proprement parler mais un faisceau d’éléments concordants :
    • Communauté de vision stratégique ;
    • Forte compatibilité avec l’OTAN et/ou l’UE ;
    • Capacité de déployer un réseau d’officiers de liaison en France ;
    • Capacité à projeter rapidement des capacités critiques sur le terrain, dans différents types de scénarios ;
    • Preuve de l’implication au profit de la sécurité européenne par leur engagement en opération ;
    • Effort de défense sur le long terme.

L’IEI est-elle proposée à tous les pays européens ?

  • Le focus européen est clair même si l’IEI n’est pas réservée aux États membres de l’UE ;
  • À ce stade, une relation particulière avec les forces armées françaises est proposée à un nombre limité de pays européens dotés de la volonté politique de s’engager en opération et des moyens pour le faire (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Pays-Bas, Portugal et Royaume Uni) ;
  • Un noyau initial restreint a été privilégié pour lancer l’initiative avec la plus grande flexibilité. Un élargissement est envisageable à terme, si les pays intéressés démontrent concrètement leur volonté de prendre part à des interventions telles que celles que l’IEI vise à faciliter. 

Pourquoi l’Italie a-t-elle refusé de rejoindre l’IEI ?

  • L’Italie a travaillé très étroitement avec nous tous pour définir le contour de l’IEI. Les nombreux échanges que nous avons eus avec Rome sur l’IEI ont visé à apporter toutes les garanties nécessaires pour répondre aux préoccupations italiennes.
  • Désormais, seuls les Italiens peuvent s’exprimer sur leur choix.
  • Nous regrettons que l’Italie n’ait pas signé la LoI le 25 juin, mais, naturellement, Rome pourra rejoindre l’initiative à tout moment, sur la base du texte qui vient d’être signé.

L’IEI ne duplique-t-elle pas l’OTAN ou l’UE?

  • Il n’est absolument pas question de duplication mais bien d’une volonté de complémentarité ;
  • L’IEI renforce l’UE en conduisant quelques États membres à mieux exploiter ensemble leur potentiel de défense au bénéfice de tous, y compris de l’OTAN puisque les Européens seront mieux à même d’assurer leur propre protection comme celle de la zone euro atlantique ;
  • Il s’agit de couvrir les « blind spots » pour être en mesure d’intervenir entre Européens avec une plus grande réactivité et une meilleure efficacité lorsque cela est nécessaire ;
  • La complémentarité de l’IEI avec l’OTAN comme avec l’UE est un sujet clé.

Quel lien y a-t-il entre l’IEI et la CSP? S’agit-il d’une initiative qui sera présentée en tant que projet au sein de la CSP ?

  • L’IEI est une initiative autonome, distincte à la fois de l’UE et de la CSP ;
  • Cette initiative constitue un cadre permettant de construire une culture stratégique commune qui, à terme, contribuera à la CSP (comme à l’OTAN d’ailleurs) en renforçant la capacité des Européens à mieux agir ensemble,
  • L’IEI pourra avoir des déclinaisons dans la CSP mais n’y sera pas versée comme projet. Sa vocation est bien plus large.
  • Il y aura un lien fort  entre l’IEI et la CSP, qui se renforceront mutuellement :
    • certains projets CSP de la première vague bénéficieront naturellement à l’IEI, notamment dans le domaine de la mobilité militaire ou du soutien aux opérations ;
    • à l’inverse, les Military European Strategic Talks de l’IEI permettront d’élaborer et de porter conjointement devant l’UE (ou l’OTAN d’ailleurs) une vision commune des enjeux stratégiques, pour le bénéfice de l’ensemble de la communauté ;
    • le co-basing outremer est un sujet qui a déjà été évoqué comme potentielle contribution IEI à la CSP mais d’autres projets ambitieux pourraient être envisagés dans le cadre de la deuxième vague de projets CSP présentés cet automne ;
  • Toutefois, l’IEI ne sera pas absorbée par la CSP, ne serait-ce que pour autoriser la participation sans restriction de pays volontaires politiquement et capables militairement comme le Danemark [qui ne peut participer à la PSDC du fait de son opt-out], ou le Royaume-Uni, voire, à l’avenir, d’autres partenaires. La participation de ces pays élargira également de façon importante le nombre et la pertinence des zones géographiques d’intérêt couvertes par les réflexions stratégiques communes.

 

Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS)
du ministère des Armées (defense.gouv.fr)

Rediffusé sur le ssite de l'ASAF :  www.asafrance.fr 

Source : www.asafrance.fr

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