Le général Pascal Facon a présenté ce mercredi 3 septembre la stratégie quinquennale pour la refondation aux élus locaux. Le document précise les actions de l’État jusqu’en 2031 pour reconstruire et développer le territoire sinistré. Les élus départementaux avaient jusqu’au 10 septembre pour valider ou pas le plan prévu.

L’effet majeur visé par l’État est d’améliorer les déplacements à l’intérieur et vers l’extérieur du département: « L’émancipation des femmes, l’autonomie des jeunes et le développement économique du territoire dépendent de l’accès à la mobilité »,. « Le développement du transport collectif doit être privilégié à Mayotte, du fait notamment de l’encombrement des routes et du peu d’espace disponible pour développer le réseau routier. » résume le GCA Facon.

A cet effet, plusieurs grands projets sont listés dans le cadre des 4 milliards prévus par la loi.
Un nouvel aéroport en 2036

L’aéroport de Bouyouni est le projet le plus onéreux: 1,2 milliard d’euros. Il s’agit de construire une piste de 2.730 mètres (1.930 mètres aujourd’hui) pour permettre des vols directs vers Paris sans escale. L’État a commencé les acquisitions foncières. L’enquête publique a commencé cette semaine. Le projet sera déclaré d’utilité publique en 2026. La procédure environnementale sera lancée en même temps. Les travaux débuteront en 2027. L’aéeroport ouvrira en 2036.
Simultanément un comité réfléchira à l’attractivité et à l’avenir de Petite-Terre en raison de la fermeture de l’actuel aéroport de Pamandzi condamné à terme par la montée des eaux.

 

 

 

 

Amélioration de la circulation maritime
Plusieurs actions doivent améliorer la circulation des barges entre Grande-Terre et Petite-Terre: réparation des cinq barges actuelles; acquisition de deux nouvelles barges d’occasion pour avoir sept barges en circulation à la fin de 2025. Lancement d’un service de navettes maritimes entre Mamoudzou, Longoni et Iloni et création d’un service de transport de frêt depuis Longoni. Les premières lignes sont prévues entre 2029 et 2030. Reste à construire les infrastructures.
Changer le statut du port de Longoni
Le projet est de faire du port de Longoni un grand port maritime, c’est-à-dire un établissement public sous le contrôle de l’État. Le port reçoit chaque année l’équivalent de 39.000 conteneurs de six mètres (57% viennent de France, 23% des EAU, 4% de Chine et 2,5% de Tanzanie). Les deux armateurs CMA-CGM et MSC desservent l’archipel. Les projets de développement prévoient des grands travaux d’infrastructure: amélioration des accès du port et fin des travaux de réhabilitation du quai principal en 2025; modernisation du terminal pétro-gazier en 2026; lancement d’études pour permettre l’accès à des navires ayant un tirant d’eau de 10 mètres.
Améliorer le service de santé
La construction du deuxième hôpital commencera en 2026.
Fluidifier la circulation sur les routes
Il est bien plus rapide de traverser Mamoudzou à pieds qu’en voiture. Avec 80% du trafic du territoire, les embouteillages en ville sont énormes (jusqu’à 8h par jour pour un déplacement domicile-travail!). Les réparations du réseau routier construit entre 1980 et 2000 se poursuivront jusqu’en 2031 pour un coût de 18,5 millions d’euros. L’entretien et la remise à niveau coûteront 20 millions € par an.

Des travaux de déviation (à Dzoumogné, Combani et Mamoudzou) débutent dès septembre 2025. Les modalités et le financement des projet de déviations doivent encore être précisés. Ils pourraient aboutir entre 2026 et 2031. Un projet de rectification de la RN2 entre Tsararano et Ongojou sera déclaré d’utilité publique en 2027.

3 septembre 2025 le plan stratégique de la MIRRM