A l’Hôtel de Brienne, le dimanche 13 juillet 2025, le président Emmanuel Macron, chef des Armées, entouré du Premier ministre François Bayrou, de Sebastien Lecornu, ministre des Armées et de Patricia Mirallès, ministre déléguée en charge des anciens combattants, a annoncé aux armées de la France et à la nation toute entière, sa volonté de doubler le budget de la défense.

 

 

 

Son allocution suivait les conférences de presse du CEMA et du directeur général de la DGSE.

Conférence de Presse du CEMA T.Burkhard

Conférence de Presse du CEMA T.Burkhard

Nicolas Lerner en ITW sur LCI

Nicolas Lerner en ITW sur LCI

 

Séquence importante en ces temps de bascule stratégique.

Des promesses sont faites que l’on souhaiterait ardemment croire ! Le Président a annoncé une rallonge de 3 Milliards d’euros dès 2026, un objectif de 64 milliards en 2027 soit un doublement du budget des armées en dix ans pour faire face aux menaces croissantes qui nous cernent, pour maintenir le statut de la France comme puissance forte, crédible et crainte, et enfin pour peser dans la défense de l’Europe et de l’Ukraine.

Il reste que le doublement promis est aujourd’hui difficile à trouver dans les budgets, même en euros courants : les marches supplémentaires promises dès 2026 paraissent de fait à peine suffisantes pour couvrir la moitié des retards de paiement accumulés en 2025.
Admettons toutefois que les promesses soient tenues … Ces investissements permettraient alors de défendre la nation contre les menaces multi-champs provenant de la Russie principalement mais aussi de tous les autres compétiteurs détaillés au préalable par le CEMA et le DGSE.

Ces annonces, faites devant les chefs et les représentants des armées d’active et de réserve et les présidents des associations de défense et d’anciens combattants, s’inscrivent dans la stratégie de dissuasion française.
« Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire » assénait Clémenceau.

« pour être respecté, il faut être puissant ».

« pour être respecté, il faut être puissant ».

« Pour être respecté, il faut être puissant » insiste aujourd’hui le Président de la République. Ajoutons qu’en matière de dissuasion, mieux vaut être craint.

Ouvrez le ban et branle-bas à bord !

En ces temps de bascule géopolitique, ce sont le goût de la liberté pour tous, la puissance démocratique et la force contrôlée qui devraient être les pièces du compas guidant chaque Française et chaque Français – parent, pédagogue, fonctionnaire, chef d’entreprise ou salarié. Tant pour les armes et le soutien de nos soldats, que pour l’accueil et l’équipement de tous les candidats qui se pressent déjà aux portes de la Réserve opérationnelle. C’est ainsi que nous défendrons nos Libertés.

„Les armées gagnent les batailles, les nations gagnent les guerres“

Rappelons le pour mémoire : depuis une décennie au moins, l’ASAF a prévenu des possibles bouleversements du monde, tenté d’en alerter les politiques et les citoyens et proposé des solutions qui eussent pu protéger nos intérêts et nos populations, outre-mer et en métropole, plus tôt et à frais moindres .

Quoi proposer maintenant ?

Souligner d’abord que si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations soudées qui gagnent les guerres, selon la belle formule du GA Schill, notre CEMAT.
Avec une (petite) partie de la ressource supplémentaire, il devient possible de relancer une ambition nationale apte à mobiliser la communauté des citoyens, au moment où le pays et l’union européenne sont contestés par les menaces durables qui nous cernent hors des frontières et nous grignotent dans celles-ci.

● La première urgence va au réarmement moral de la nation.

➢ Etape incontournable de celui-ci: la journée de défense et de citoyenneté (la JDC) dans sa nouvelle formule militarisée, durcie et inscrite dans un suivi robuste grâce à l’action du MINARm et du GCA Givre.
➢ Un second pilier essentiel reste à consolider. C’est la valorisation et le soutien dûs aux enseignants valeureux qui animent et encadrent les 478 classes défense et sécurité globale (les CDSG) existant sur le territoire national. Leur action est complexe: elle conjugue les programmes de l’Education nationale, le soutien d’autres ministères (Armées, Intérieur, Sports, etc), les témoignages apportés par les associations. C’est le sens des interventions de nos délégués et membres dans les établissements scolaires. Dans quelques semaines, nous proposerons un nouveau magazine en ligne spécialement destinés aux enseignants et élèves des CDSG.

➢ Un large « menu » de parcours citoyens souples, diversifiés voire cumulatifs peut être construit sur ces deux piliers. L’ASAF en a suggéré une ébauche lors de la réunion de la commission de défense nationale de novembre dernier.

Les « plats » du menu n’existent-ils pas déjà en partie ? Le SMA et le SMV, le SNU 1ère et 2ème parties, les cadets de défense, les escadrilles armée-jeunesse, les périodes militaires d’initiation ou de perfectionnement, les missions d’intérêt général de défense ou mémorielle, le service civique (y compris dans les armées). Ajoutons les jeunes sapeurs-pompiers et les volontaires des Croix-rouge et Croix-blanches françaises.

Leur dénominateur commun ? L’enthousiasme, le désintéressement et l’engagement. Ils sont déjà plus de 60000 jeunes qui, à des âges différents, choisissent tous les ans l’une de ces formes d’altruisme.

L’engagement altruiste des jeunes est bien réel. Aux plus âgés le soin del’encourager, de lui donner un cadre et de le valoriser socialement

Doublons ce nombre en travaillant l’articulation de ces engagements jeunes et leur valorisation sociale .

Ces offres mises bout à bout constitueront l’armature d’une nation résiliente pour le jour terrible où il faudrait déployer dans l’urgence une défense de la population et du territoire, en casques verts ou blancs.

Militons pour mieux organiser et compléter ce réservoir mobilisable en cas de crise !

« L’engagement volontaire militaire » pourrait être la clef de voûte du dispositif de réarmement moral de la nation.
Sa durée serait de 6 mois à 1 an. Son objectif serait de redonner aux jeunes Françaises et Français une raison de servir avec une opportunité de mûrir mais en aucun cas de recréer une béquille de cohésion sociale. Le but est de fournir à nos armées la masse supplémentaire dont elles manquent cruellement.

Imaginons ainsi le recrutement de 10000 volontaires dans 100 formations du niveau régiment ou base pendant une année. Leur encadrement est constitué de personnels d’active et de réserve. Après six mois de formation élémentaire, chaque formation d’accueil dispose de l’équivalent d’une compagnie supplémentaire dégrossie. Un dispositif législatif de rappel sur 3 ans est-il décidé? Voici un équivalent-bataillon. Ces unités devraient être bien équipées: au minimum nouveaux treillis, fusils HK et VAB. Et pas question de les sous-payer, comme autrefois nos appelés ! A raison de 800 à 1000 €/mois, la dépense annuelle est de 100 millions. Est-ce hors d’atteinte?

Il faudrait bien sûr aller plus loin en intégrant les équipements, l’entrainement, les infrastructures, etc. Nous n’ignorons certes pas l’état des finances de la France. Mais ces coûts ne seraient-ils pas le prix à payer pour renforcer notre liberté d’action en Europe?

« Engagement Jeunes », et « engagement volontaire militaire »: ces dispositifs, une fois créés, alimenteront naturellement la réserve opérationnelle. Ajoutons ici que le statut de ces réservistes mériterait d’être valorisé par exemple par des bonifications de points de retraite, des avantages pour l’accès à certains postes dans l’administration , des réductions sur les transports publics, une décoration spécifique, etc

HAUT COMITÉ D’ÉVALUATION DE LA CONDITION MILITAIRE
RAPPORT THÉMATIQUE 2025

HAUT COMITÉ D’ÉVALUATION DE LA CONDITION MILITAIRE RAPPORT THÉMATIQUE 2025

● La seconde urgence est à l’attractivité du métier militaire.
Les moines-soldats se font rares. Les conjoints de moines-soldats encore davantage. Le fait est que la grande majorité des soldats, quels que soient leurs grades, vivent de leur solde; et du salaire de leur conjoint…
La revalorisation de toutes les soldes – celle du soldat à celle de l’officier- est à la fois un impératif et une urgence vitales. Pour prendre un exemple, comment espérer assurer la pérénnité d’un système dans lequel un sous-lieutenant sous contrat , diplômé supérieur, spécialiste du spatial militaire, travaillant au CDE de Toulouse, est payé à peine au dessus du smic quand de l’autre côté de la rue le CNES ou Airbus lui offrent trois fois plus avec moins de contraintes ?
Il faudra aussi continuer les efforts d’amélioration des conditions d’exécution des missions en distinguant nettement l’engagement opérationnel H24 des autres fonctions ou périodes pour lesquelles des normes dites « civiles » sont envisageables . Il faudra enfin poursuivre l’actuel « Plan familles » pour l’emploi des conjoints, la scolarisation des enfants jeunes et un véritable plan de soutien aux enfants étudiants, inexistant à ce jour. Reconnaissance , confiance et fierté:

 

« Soyons à leurs côtes, à l’arriere, en soutien pour ces femmes et ces hommes qui, comme chaque jour, sont prets à tous les engagements, à tous les combats, et à l’ultime sacrifice pour la Nation. .. « 

Un appel du chef actuel des Armées dans la droite ligne de notre ambition affichée: « éveiller à la volonté de défense »!

Non ! Ces propositions ne sont pas une utopie. Mais bien une ébauche de programme : si nous le croyons, efforçons nous d’en promouvoir l’idée partout autour de nous !

GCA(2s) Robert Meille & M. Darasing Vanh Homsombath/JRI/Lao Agency Press

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