MEMOIRE : Robert Maloubier, a été décoré jeudi 5 juin à Paris par la Reine d'Angleterre

Posté le dimanche 15 juin 2014
MEMOIRE : Robert Maloubier, a été décoré jeudi 5 juin à Paris par la Reine d'Angleterre

Saboteur de Churchill pendant la guerre, père des nageurs de combat français, forestier et pétrolier en Afrique: Robert dit "Bob" Maloubier, 91 ans, a été décoré jeudi 5 juin à Paris par la Reine d'Angleterre. Il a été distingué dans l'ordre de l'Empire britannique par Elizabeth II, à l'occasion de la visite d'Etat de la souveraine en France pour le 70e anniversaire du Débarquement.

Moustache blanche façon major des Indes, œil pétillant, Bob Maloubier est l'un des derniers survivants de la section française du Special Operations Executive (SOE), créé par Winston Churchill en juillet 1940 pour saboter et désorganiser les armées allemandes en Europe occupée.

 Fils de bonne famille, né à Neuilly-sur-Seine le 2 février 1923, Bob Maloubier s'engage dans le SOE à 19 ans. Parachuté en France à deux reprises, notamment dans le Limousin au lendemain du débarquement du 6 juin 1944, Bob Maloubier multiplie les sabotages mais est blessé à deux reprises.

 Il quitte l'armée britannique avec le grade de capitaine et la prestigieuse décoration DSO (Distinguished Service Order), "reçue des mains de George VI", précise-t-il. Une décoration accordée seulement à une soixantaine de Français pendant la guerre. Bob Maloubier est l'un des derniers à pouvoir porter sur sa carte de visite les initiales DSO après son nom.

"La guerre pour moi, c'était les plus belles années de ma vie, simplement parce que j'en suis sorti vivant", raconte-t-il aujourd'hui.

   Après la guerre, il entre à 22 ans dans les services français pour dix ans. Au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE), Bob Maloubier participe à la création du service action, et fonde en 1952 avec Claude Riffaud l'unité des nageurs de combat.

   Les deux hommes dessinent même leur montre de plongée. Blancpain, une maison suisse d'horlogerie réputée, sort en 1953 le premier modèle de la "Fifty Fathoms" (50 brasses, soit 91 mètres, la profondeur à laquelle elle doit encore fonctionner). Cette montre, devenue mythique, sera adoptée par les Navy Seals, les plongeurs de combat américains.

   Forestier au Gabon, il rencontre Albert Schweitzer, devient pétrolier chez Shell, met sur pied la garde personnelle du président gabonais Léon Mba en 1965, sous l'égide de Jacques Foccart. En 1967, il est en poste pour Shell à Lagos lorsque éclate la guerre du Biafra.

   Depuis sa retraite - un mot qu'il abhorre - à 63 ans, il s'est lancé dans une carrière d'écrivain, racontant sa vie de saboteur et d'agent secret.

   Il vient de publier "Les Secrets du Jour J" (La Boétie), ouvrage dans lequel il raconte les subterfuges imaginés par les Britanniques pour faire croire aux Allemands que le Débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais et non en Normandie.

   A 91 ans, l'aventurier, qui a campé un vieil espion dans "Film Socialisme" de Jean-Luc Godard, sorti en 2010, planche sur son prochain ouvrage, consacré au lieutenant-colonel Sir Claude Edward Marjoribanks Dansey, un "numéro 2 de l'Intelligence service très peu connu qui a eu une existence fabuleuse", décrit-il, glissant avec malice: "la mienne à côté, c'est une vie de moine!"

Source : AFP

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