OTAN et Défense européenne.EXTRAIT d'audition du général d'armée François LECOINTRE.

Posté le mardi 31 octobre 2017
OTAN et Défense européenne.EXTRAIT d'audition du général d'armée François LECOINTRE.

Question de M. André Chassaigne. 

Ma question porte sur la Communauté européenne de défense.
Chacun admet aujourd’hui que la brigade franco-allemande, exemple de la coopération militaire en Europe, n’a pas été un franc succès, et ce, faute d’une doctrine d’emploi originale par rapport à l’OTAN. Après la dissolution du 110e régiment infanterie, le corps n’a plus guère de consistance. Pensez-vous qu’il soit vraiment possible de s’engager dans l’organisation d’une véritable sécurité européenne tout en restant sous tutelle de l’OTAN ?
De mon point de vue, cette soumission est inconciliable avec la création d’une Communauté européenne de défense.

Dans le même esprit, quand nos organismes de défense seront-ils en mesure de basculer leurs systèmes de géolocalisation vers le réseau de satellites européen Galileo et d’abandonner le système américain GPS, avec tout ce que son utilisation implique pour notre souveraineté militaire ?


Réponse du Général François Lecointre

Faites-moi confiance, Monsieur Chassaigne, pour ne pas me soumettre à la tutelle de l’OTAN. Je considère l’OTAN comme une alliance objectivement indispensable mais je ne suis pas un « otaniste » forcené.

Je ne pense pas que dans le cadre indispensable de coopération internationale qu’est l’OTAN nous soyons entraînés à nous soumettre à une tutelle excessive, et je puis vous rassurer : je porte, fortement, la voix de la France au comité militaire de l’OTAN. La France a toujours une position singulière au sein de l’Alliance atlantique. Elle est un partenaire déterminé, important et crédible – sans nous, l’OTAN perdrait de son crédit – mais elle tient à faire entendre son point de vue, notamment pour ce qui concerne la nouvelle structure de commandement envisagée, et elle est déterminée à appeler tout le monde à la raison.

J’indique au passage que nous avons présenté la candidature du commandant suprême de la transformation de l’OTAN, le général Denis Mercier, à la présidence du comité militaire de l’Union européenne, tant parce que nous voulons faire entendre notre voix que pour montrer qu’il n’y a de contradiction à être « otanien » et européen : pour assurer la défense de l’Europe, les deux organisations sont complémentaires.

Pour avoir commandé une mission européenne au Mali, je pense qu’il faut être pragmatique. Ce sont les missions que nous conduiront, qui permettront de définir un cadre de coopération ; ce n’est pas un cadre de coopération créé ex nihilo qui conduirait à déterminer ensuite des missions communes. Un travail politique initial est donc nécessaire pour définir une ambition et des intérêts communs. À cet égard, la France se doit d’être à l’avant-garde de l’engagement de l’Union européenne en faveur de la stabilisation de l’espace euro-méditerranéen et de l’espace africain. Nous n’avons pas d’autre choix que celui-là.

 

Site de redifusion : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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