ESPIONNAGE : Golfe de Gascogne : c’était un « ancien SNLE » russe.

Posté le vendredi 18 mars 2016
ESPIONNAGE : Golfe de Gascogne : c’était un « ancien SNLE » russe.

Quel est le mystérieux sous-marin russe qu’aurait repéré la Marine nationale dans le golfe de Gascogne au mois de janvier ? Une source bien placée évoque un « ancien SNLE ». Fort probablement le BS 64 Podmoskovye, un sous-marin espion tout juste mis en service par la Russie.

L’alerte a été donnée par L’Obs du jeudi 10 mars. « Selon un haut responsable français, la marine française aurait, début janvier, repéré un sous-marin nucléaire russe dans le golfe de Gascogne, au large des côtes françaises », indique alors son site internet. L’Obs précise aussi que « le navire, porteur de missiles dotés de têtes nucléaires, proviendrait de la base de SNLE (NDLR : sous-marins nucléaires lanceurs d’engins) de Mourmansk ». L’information surprend de prime abord. On peut se demander ce qu’un tel bâtiment pouvait bien faire à 500 km des côtes françaises. Discrets par nature, les SNLE ont vocation à se « diluer » dans l’océan. Ils doivent tout faire pour éviter d’être détectés. En matière nucléaire, il ne s'agit pas d'un outil de gesticulation contrairement aux bombardiers stratégiques russes aperçus ces temps-ci dans le ciel européen.

Mini-sous-marins
La piste de « l’ancien SNLE », elle, mène tout droit au BS 64 Podmoskovye, ex-K 64. À l’issue d’une longue refonte, ce sous-marin nucléaire de la classe Delta IV a été remis à l’eau au mois d’août 2015 au chantier naval Zvezdochka de Severodvinsk. Tous les silos de lancement de missiles balistiques de la section centrale ont été remplacés par des installations permettant de mettre en œuvre des mini-sous-marins, habités ou non. Bref, le Podmoskovye est désormais un sous-marin espion. Il aurait donc été surpris à fureter pas très loin de l’Île-Longue, la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français. Toutes les marines disposant de SNLE cherchent à savoir ce que font leurs homologues. Cela passe par la surveillance des mouvements aux abords des bases qui abritent ce type de bâtiment. Les Russes font ce que tout le monde fait. Mais là, ils auraient été pris la main dans le sac. S’il s’agit du Podmoskovye, sa mission est clairement un échec, sa signature acoustique étant désormais connue. Les Français disposent d’une expertise reconnue dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, élément clé pour la crédibilité de la force de dissuasion. Ils viennent sans doute de le prouver encore une fois.

Bateau-mère
Selon les informations disponibles, le Podmoskovye servirait de bateau-mère au petit sous-marin nucléaire Losharik. Long d’environ 70 mètres, celui-ci est conçu pour la recherche scientifique, le sauvetage et les opérations spéciales militaires. Le Podmoskovye pourrait aussi mettre en œuvre le Klavesin-1R, un véhicule sous-marin autonome servant à des missions de surveillance et d’études acoustiques. Les sous-marins nucléaires russes de la classe Delta IV sont sensiblement plus gros que les SNLE français de la classe Le Triomphant. Ce sont des bâtiments de 166 mètres de long déplaçant 18 200 tonnes en plongée. Outre le BS 64 Podmoskovye, six sous-marins de ce type sont en service dans la marine russe. Ils appartiennent à la flotte du Nord. Ils ont été rénovés pour pouvoir embarquer le missile balistique Sineva d’une portée de plus de 8 000 kilomètres.

 

La Rédaction

Source : Le Marin
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