Le sous-marin nucléaire d'attaque : Arme décisive

Posté le vendredi 14 juin 2019
Le sous-marin nucléaire d'attaque : Arme décisive

Barracuda
le Suffren à un mois de sa sortie du hall de construction

 

Le compte à rebours a commencé en vue de la mise à l’eau du premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français du type Barracuda. Avant cela, le Suffren va d’abord sortir du hall de construction du chantier Naval Group de Cherbourg. Une opération prévue au début du mois prochain dans la perspective d’une grande cérémonie qui devrait se dérouler le 12 juillet en présence probablement du président de la République. Le bâtiment aura alors rejoint le dispositif de mise à l’eau du chantier au moyen de marcheurs, comme c’est le cas pour tous les sous-marins construits à Cherbourg depuis Le Triomphant, mis à flot en 1994. Un tel évènement ne s’est pas produit à la pointe du Cotentin depuis la sortie du quatrième et dernier SNLE français de seconde génération, Le Terrible. C’était en 2008.

 Plus de 11 ans après, et près de 12 ans après le début de sa construction, le Suffren va donc enfin sortir au grand jour. Sa mise à l’eau doit intervenir dans le courant de l’été puis, à l’automne, le moment sera venu de charger le cœur nucléaire. Alors que son premier équipage, qui a bénéficié d’un entrainement exhaustif sur simulateurs, sera au complet d’ici la fin de l’année, le début des essais à la mer est programmé au premier trimestre de l’année prochaine. Le sous-marin rejoindra alors Brest, où un nouvel appontement adapté à cette nouvelle génération de SNA a été construit. Il mettra ensuite le cap sur Toulon, où il sera basé avec là aussi de nouvelles infrastructures dédiées. La livraison à la Marine nationale est espérée à l’été 2020, soit trois ans après la date initialement prévue.

Naval Group va ensuite rattraper le retard pris avec le prototype sur les bâtiments de série.  Les second, troisième et quatrième Barracuda, baptisés Duguay-Trouin, Tourville et De Grasse, doivent être livrés d’ici la fin 2025 alors que les deux derniers, nommés Rubis et Casabianca, rejoindront la flotte française en 2027 et 2029, conformément au calendrier originel.

Longs de 99 mètres pour un diamètre de 8,8 mètres et un déplacement d’environ 4 600 tonnes en surface (5 300 en plongée), les Barracuda seront armés par 60 marins. Ils disposeront de quatre tubes de 533mm permettant la mise en œuvre des nouvelles torpilles lourdes F21, de missiles antinavire Exocet SM39 et de missiles de croisière MdCN. La capacité d’emport hors tubes est de 20 armes. Les nouveaux SNA français devraient aussi avoir la possibilité de mouiller des mines. Ils sont également adaptés au déploiement de forces spéciales, avec des locaux dédiés et la possibilité d’embarquer derrière le massif un module DDS abritant le nouveau propulseur sous-marin des commandos marine 

Plus grands, plus silencieux et plus rapides que leurs aînés, dotés de moyens détection plus modernes et offrant des capacités offensives bien supérieures, avec en particulier la possibilité d’effectuer des frappes en profondeur contre des objectifs terrestres grâce au MdCN, les Barracuda vont représenter un véritable bon capacitaire. 

Ils succèderont aux six SNA de la classe Rubis, mis en service entre 1983 et 1993. Le premier à tirer sa révérence sera le Saphir, opérationnel depuis 1984 et qui doit être retiré du service d’ici la fin de l’année.

Vincent GROIZELEAU
Mer et Marine

Rediffusé sur le site de l'ASAF :  www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
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