LIBRE OPINION DCNS : un nouveau capitaine pour redresser la barre

Posté le lundi 28 juillet 2014
LIBRE OPINION DCNS : un nouveau capitaine pour redresser la barre

Hervé Guillou prend aujourd’hui la direction du groupe naval de défense. Sa feuille de route : rentabilité, exportation et diversification.

Changement de capitaine chez DCNS. Hervé Guillou a été nommé ce mercredi PDG du champion français du naval militaire, en lieu et place de Patrick Boissier, qui a souhaité écourter son mandat de six mois. La période est un peu houleuse. Outre la pression diplomatique sur le contrat des BPC russes (« Les Echos » d’hier), le groupe doit compter avec une profitabilité en berne, une pression budgétaire qui n’ira pas en s’améliorant en France, et une concurrence chaque jour plus forte à l’exportation. Tour d’horizon des principaux défis avec l’intéressé qui sera jeudi à Cherbourg - où il a démarré sa carrière - pour sa première visite terrain.

Améliorer la performance.

Même s’il n’est dans les murs que depuis une semaine, Hervé Guillou n’a pas mis longtemps à placer la maîtrise opérationnelle en tête de ses priorités. Les chiffres parlent d’eux mêmes : la marge d’exploitation du premier semestre est tombée à 2,6 %, contre 5,8 % sur la même période il y a un an. « Nous sommes en dessous des objectifs », reconnaît-il. A cela trois raison : la baisse du chiffre d’affaires, l’effet négatif de clauses de révision de prix sur les contrats de frégates Fremm et de sous-marins Barracuda, et les difficultés rencontrées dans le nucléaire civil. Une reprise en mains s’impose dans ce domaine même si « tous les projets sont difficiles », nuance le PDG de DCNS. Diagnostic et premières mesures correctives dans deux mois environ.

La bataille de l’export

Par chance, DCNS peut compter sur un marché naval de défense plutôt bien orienté, les échanges maritimes ayant pris une importance vitale en ces temps de mondialisation forcenée. Hervé Guillou compte bien faire profiter DCNS de son expérience en matière d’export, lui qui « parcourt le monde de la défense depuis 35 ans ». A condition d’avoir les bons navires à vendre. Taillée sur mesure pour la marine française, la Fremm est trop sophistiquée et donc trop chère pour la plupart des pays (« Les Echos » du 20 septembre 2013). Le nouveau PDG imagine déjà de revoir le catalogue produit en coopération avec ses deux grands partenaires français, Thales pour l’électronique et MBDA pour les missiles. Achetées par la Malaisie et l’Egypte, la corvette Gowind est l’exemple de ce qu’il faut faire, avance-t-il. Autres axes à pousser : les services et la présence à l’étranger, sous formes de partenariats ou de filiales. L’aide de Thales, l’actionnaire industriel, sera précieuse, en Arabie Saoudite notamment, un client historique et prometteur.

Diversification : faire le tri

Les deux derniers PDG ont engagé DCNS dans une diversification pour dépendre un peu moins du naval militaire. Avec plus ou moins de succès. Le nucléaire civil pose problème, mais pas question pour autant d’arrêter. « Quand je travaillais à l’établissement d’Indret, il y avait autant de pièces de chaufferie civile que militaires », se souvient Hervé Guillou. Le groupe fonde aussi de grands espoirs dans les énergies renouvelables et en particulier sur l’hydrolien. C’est un travail au long cours et tout ne pourra pas être poursuivi. « Certainement des activités seront revisitées », estime Hervé Guillou pour qui croissance et rentabilité vont de pair. Plus globalement, le nouveau dirigeant compte mettre l’accent sur la préservation des compétences au sein d’une entreprise qui jongle avec les technologies industrielles parmi les plus pointues qui soient.

Source : Source : Alain RUELLO (Les Echos)
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