LIBRE OPINION : DSI n°111, l’Éditorial.

Posté le jeudi 29 janvier 2015
LIBRE OPINION : DSI n°111, l’Éditorial.

Par J. Henrotin.

En février 2005, certains d’entre vous ont peut être eu dans les mains un nouveau magazine dont la couverture montrait ce qu’aurait pu être le deuxième porte-avions de la Marine nationale – ce qui était encore DCN travaillait alors dessus – mais aussi un F-35 qui suscitait déjà nombre d’interrogations. Dix ans et 12 000 pages plus tard, l’équipe a certes pris quelques rides mais n’a jamais cédé face aux sirènes du politiquement, du militairement ou de l’industriellement correct – les incitations ont pourtant été nombreuses.

Nous avons toujours été convaincus que, pour progresser, les armées devaient s’appuyer sur une réflexion certes exigeante du point de vue de la méthode mais débridée du point de vue des idées. Face à la complexité, c’est la rigueur qui libère. C’est ce point de vue qui nous a notamment permis, bien avant d’autres, d’aborder les options liées à la résilience.

Cette question est aujourd’hui, sans doute par la force des choses, au cœur de la politique stratégique française. Derrière les attaques subies par la France en janvier, il y a non seulement l’impérieuse nécessité de renforcer le renseignement et les dispositifs de sécurité, mais aussi celle de considérer la société elle-même comme un facteur stratégique. Il y a là une mutation à réussir, tant il est vrai que, trop souvent, l’Etat à lui seul a été considéré comme le garant de la sécurité de la Nation.

Le défi n’est pas mince : le problème posé par le jihadisme et la stratégie d’influence qui l’accompagne ne peut se traiter qu’au niveau de la stratégie intégrale. Il faudra donc réussir à trouver des contre-discours, à conserver une cohésion mais aussi à soutenir des forces qui ont perdu, depuis 2008, près de 100 000 membres, armées, police et gendarmerie confondues.

Il y aura également des choix cornéliens à faire. Si la sécurité à un coût, l’insécurité fait perdre plus encore : l’espoir que tout ira mieux demain n’est pas un plan. Il y a pourtant nombre de signes qui laissent espérer une sortie du marasme ambiant, auquel cèdent trop rapidement nombre d’observateurs. La France n’a jamais été meilleure que placée en position défensive.

Face à l’adversité, elle a pu perdre des batailles mais s’en est toujours relevée. Et nul doute que de la lutte contre le jihadisme, entamée de longue date même si on l’oublie, nous sortirons vainqueurs. Parce que si la lutte sera longue et l’ennemi difficile, lui-même ne peut pas tuer l’esprit français.

J. Henrotin

Source : DSI
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